Répression transnationale du Vietnam – Le long bras de Hanoi
La répression transnationale du gouvernement vietnamien
Depuis plusieurs années, les autorités vietnamiennes étendent progressivement leur appareil répressif au-delà des frontières nationales. Alors que la répression intérieure contre les journalistes indépendants, les défenseurs des droits humains, les militants politiques et les leaders religieux est toujours d’actualité, des nouvelles informations indiquent que les personnes ayant trouvé refuge à l’étranger sont elles aussi devenues des cibles.
Cette évolution s’inscrit dans un phénomène mondial désormais désigné sous le terme de « répression transnationale ». Cette expression désigne les mesures par lesquelles un État cherche à surveiller, intimider, harceler, menacer ou contraindre des personnes vivant hors de son territoire afin de limiter leur liberté d’expression, leur engagement politique ou leurs activités de défense des droits fondamentaux.
Le Vietnam ne fait pas exception à cette tendance. Les cas recensés dans le présent rapport montrent que des militants, journalistes, réfugiés politiques, défenseurs des droits humains et membres de la diaspora vietnamienne ont été visés dans plusieurs pays démocratiques, notamment en Europe, en Amérique du Nord et dans la région Asie-Pacifique.
Les méthodes observées sont diverses. Elles comprennent notamment des opérations d’enlèvement, des demandes d’extradition à caractère politique, des campagnes de diffamation, des actes de surveillance, des cyberattaques, des pressions exercées sur les familles restées au Vietnam ainsi que l’utilisation de procédures administratives ou consulaires à des fins de contrôle politique.
L’objectif de ces pratiques apparaît constant : étendre au-delà des frontières nationales la capacité de l’État vietnamien à dissuader toute contestation, réduire au silence les voix critiques et maintenir une influence sur les communautés vietnamiennes établies à l’étranger.
Ce rapport documente plusieurs cas représentatifs de ces pratiques et analyse les principales formes de répression transnationale attribuées aux autorités vietnamiennes. Il examine également les conséquences de ces agissements pour les droits fondamentaux des personnes concernées, pour la protection internationale des réfugiés et pour la souveraineté des États d’accueil.
À travers cette étude, le parti d’opposition non-violent Viet Tan entend contribuer à une meilleure compréhension d’un phénomène encore insuffisamment documenté mais dont l’ampleur et la sophistication suscitent des préoccupations croissantes parmi les organisations internationales, les gouvernements démocratiques et les acteurs de la société civile.

Cas particulier de Nguyen Vân Trang
Installé en Suisse en 2024 après avoir obtenu l’asile , Nguyễn Văn Tráng poursuit ses activités de plaidoyer en faveur des droits humains au Vietnam. Selon les informations recueillies par les auteurs du rapport, il aurait continué à faire l’objet de diverses formes de pression, notamment par le biais de campagnes de dénigrement en ligne, de mesures d’intimidation visant sa famille restée au Vietnam et de tentatives présumées de collecte d’informations personnelles au sein de la communauté vietnamienne de Suisse. Considérés dans leur ensemble, ces éléments illustrent les mécanismes indirects par lesquels la répression peut se prolonger au-delà des frontières nationales sans nécessairement recourir à la violence physique.
Voir le rapport complet du Viet tan sur la répression transnationale.
https://www.cosunam.ch/wp-content/uploads/1._Vietnam_TRN_Report_-_VietTan_-_June_2024_fr.pdf




