COSUNAM EXPRESS Juin 2020

Message du Bureau du COSUNAM

Depuis sa création en 1990, garder le flambeau de la démocratie, entretenir le feu des droits de l’homme dans l’opinion publique et défendre pacifiquement les prisonniers de conscience au Vietnam a été une constance du Comité Suisse-Vietnam.

Depuis 2010 et jusqu’au jour où il nous a quitté brusquement, Rolin Wavre a magnifiquement préservé et entretenu cet idéal souvent à contre-courant dans un monde dominé par la realpolitik et par les intérêts commerciaux.

C’est dans cet esprit de continuité que Sébastien Desfayes a accepté de reprendre la présidence du COSUNAM.

Membre actif du comité depuis presque dix ans, avocat, personnalité politique genevoise affirmée et reconnue, ayant développé depuis les années septante des liens forts avec la diaspora vietnamienne (son père Jean-Bernard était journaliste au Vietnam à cette époque pour le journal lausannois «24 Heures»), Sébastien Desfayes représente pour nous la meilleure relève sur le chemin d’un Vietnam que nous espérons plus juste et plus respectueux des droits de l’homme.

  •  Jean-Marc Comte, Khai Nguyen Dang, Paul Keiser, Luy Nguyen Tang
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L’éditorial de Sébastien Desfayes

nouveau président

1975 La chute de Saïgon

2020 aura d’abord été le quarante-cinquième anniversaire de la chute de Saigon, à la fin de ce « cruel avril » de 1975. Personne n’a pu oublier l’image des chars communistes enfonçant les grilles du palais présidentiel. Plus de 200’000 vietnamiens avaient déjà fui le pays, les derniers en hélicoptère depuis le toit de l’ambassade américaine, autre image ayant marqué à jamais nos mémoires.
La chape de plomb s’installa et, avec elle,  les méfaits inhérents à tout régime totalitaire. Ainsi vint le temps de la délation, de l’oppression, de la suppression des libertés fondamentales et, bien sûr, des camps de rééducation pour les intellectuels, médecins, journalistes, militaires, ouvriers, « bourgeois ennemis du peuple », etc. 
Il fallait quitter ce pays qui, pour beaucoup, était devenu une terre inhospitalière, si ce n’est mortifère. Ce fut le début de l’odyssée dramatique des boat-people. Selon le Haut-Commissariat pour les réfugiés, entre 1975 et 1980, plus de 500’000 Vietnamiens fuirent leur pays par la mer. 150’000 d’entre eux y laissèrent leur vie. 
C’est à Genève, le 20 et 21 juillet 1979, que fut reconnu le statut de réfugié politique et le droit à la réinstallation dans un pays occidental en faveur des boat people. Plus de 5’000 boat people furent accueillis en Suisse entre 1979 et 1982.
Mais l’exode ne s’arrêta pas pour autant.

La diaspora vietnamienne libre de Suisse compte aujourd’hui plus de 15’000 hommes et femmes. Ceux qui ont vécu les tragiques événements des années 70, comme ceux qui en ont reçu le témoignage, gardent tous la même flamme, celle de l’espoir de voir un jour un Vietnam libre.

Le COSUNAM, trente ans déjà

2020 marque aussi le trentième anniversaire de la fondation par Luy Nguyen Tang , Thierry Oppikofer , Khai Nguyen Dang, Paul Keiser et Hoang Dinh du COSUNAM. Posés quelques mois après la chute du Mur de Berlin qui avait laissé souffler un vent de liberté et d’espoir, les objectifs du COSUNAM, volontairement ambitieux, s’articulaient autour de trois axes : sensibiliser l’opinion politique suisse à la situation réelle au Vietnam ; encourager toute action pacifique susceptible de favoriser la démocratie ; et participer à la reconstruction d’une nation démocratique. 
A cette époque, la question n’était pas de savoir si la dictature communiste vietnamienne allait tomber, mais quand elle allait s’effondrer. 
Pourtant, malgré la répression quotidienne et la corruption, le régime totalitaire vietnamien tient toujours. Bénéficiant, à l’instar de la Corée du Nord et de Cuba, de la protection de son « grand-frère » chinois, le Vietnam reste un des quatre derniers bastions communistes du monde.

Répression politique et violence physique au Vietnam

Mais, si le mur du totalitarisme est toujours debout, des lézardes laissent apparaître la lumière. La mansuétude dont la prétendue « République Socialiste » a bénéficié, liée à sa guerre de David gagnée contre le Goliath américain, est entamée. Il suffit pour s’en convaincre de se référer au rapport de la 125ème session du Haut-Commissariat des Droits de l’Homme à Genève qui avait éclairé d’une lumière crue les atteintes aux droits humains perpétrées quotidiennement par le régime en place. Ce fut d’ailleurs un honneur pour le COSUNAM de voir que ce rapport reprenait nombre des conclusions de son “Shadow report”. La répression politique et la violence physique sévissant au Vietnam (le drame de pollution maritime Formosa en 2016 et l’assaut contre le village de Dong Tâm en 2019) sont aujourd’hui connues de la communauté internationale. Quand bien même l’argent n’a pas d’odeur, cette image déplorable sera de nature à dissuader les grandes multinationales et les gouvernements occidentaux de commercer avec cette dictature en bout de course. Plus que jamais, et c’est un des rôles du COSUNAM, les opérations de sensibilisation et les relais politiques à Genève, en Suisse et dans le monde, devront être menées, respectivement utilisés, pour que la complaisance soit remplacée par une vision à plus long terme.
Le peuple vietnamien, comme tous les peuples, choisira la liberté lorsqu’il sera libre de choisir. 
Le combat n’est de loin pas terminé, mais la flamme de l’espoir brûle toujours. Le COSUNAM est là pour l’entretenir.

Ardents défenseurs des droits humains

2020, enfin, sera une année d’émotions et de profonde tristesse. En l’espace de quelques semaines, deux combattants et amis du Vietnam libre, Rolin Wavre et Anne-Marie von Arx-Vernon, se sont éteints. Ils étaient des enfants de l’humanisme. 
L’un était Neuchâtelois d’origine, l’autre Parisienne, mais ils étaient profondément genevois. Ils se ressemblaient. Nés dans deux familles bourgeoises, ils auraient pu se satisfaire d’un monde qui leur avait beaucoup donné. Mais ils choisirent de consacrer leur vie à améliorer le sort des autres. Lumineux, courageux, généreux, Rolin et Anne-Marie furent des ardents défenseurs des droits humains et des persécutés. 
Leur chemin devait inévitablement croiser celui du COSUNAM. Ils mirent tout leur cœur, qui était grand, au service du peuple vietnamien et de la liberté. 
Membre du COSUNAM depuis 2010, Rolin fut son président charismatique de 2013 jusqu’à son dernier souffle. De son activité passée au CICR dans des pays ravagés par la violence et la guerre, il avait gardé la calme assurance de ceux qui ont vaincu des tempêtes. Son beau regard bleu et sa haute taille impressionnaient ceux qui le rencontraient. Il émanait de lui une telle humanité que l’on avait envie de le suivre jusqu’au bout du monde. Le bout du monde précisément, Rolin y alla pour visiter, à la prison de Thanh Hoa, un prisonnier de conscience gravement malade. C’était Rolin Wavre. Co-auteur du fameux “Shadow report” qui jeta l’opprobre sur le Parti unique, sa contribution en faveur de la liberté au Vietnam fut immense.

Anne Marie von Arx-Vernon et Rolin Wavre sur l’esplanade des Nations-Unies de Genève entourés par les familles des prisonniers de conscience en janvier 2019

L’espoir est toujours plus fort que la peur

Depuis 2008, Anne-Marie incarna, pour le COSUNAM, le militantisme dans ce qu’il a de plus noble. Avec la passion et l’énergie qui la caractérisèrent, elle fut de toutes les manifestations en faveur du peuple vietnamien et de toutes les fêtes, elle qui les aimait tant, de la diaspora. Elle n’avait peur de rien, et surtout pas d’être arrêtée par la police genevoise pour avoir participer à une opération “Knock on the door” devant le Consulat du Vietnam. Des dissidents persécutés et leurs familles reçurent sa visite en 2012. Elle leur donna sa force et cet optimisme que rien ni personne ne pouvait altérer. Elle aimait à dire que l’espoir est toujours plus fort que la peur. A sa demande, d’autres dissidents et activistes des droits de l’homme furent accueillis à la Mairie de Genève en 2017. C’était Anne-Marie von Arx-Vernon. Par ses actions, elle changea, pour le meilleur, le destin d’innombrables individus au Vietnam et ailleurs que la vie n’avait pas épargnés.  

Rolin et Anne-Marie laissent deux conjoints, Pascale et Jean-Luc, et quatre enfants qu’ils avaient tant aimés. Nous leur disons aujourd’hui que nous ferons tout pour que leur flamme, celle de l’espoir, illumine un jour un Vietnam libre. 

  • Sébastien Desfayes
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Le soleil s’est assombri

en perdant deux étoiles

Michel Rossetti, Anne Marie von Arx-Vernon, Rolin Wavre, Jean-Marc Comte

devant le consulat vietnamien de Genève en 2016

 
  • par Michel Rossetti

Ce début d’année aura été pour nous, membres du COSUNAM, un véritable cauchemar s’il est un mot pour qualifier la disparition en moins de deux mois de notre bien aimé Président Rolin Wavre puis celle de notre Amie Anne Marie von Arx-Vernon, icône de la lutte contre l’exploitation des êtres humains. Mystère de la destinée humaine qui nous pousse, suivant notre humeur du moment, à nous révolter ou à nous interroger sur la finalité de l’existence et le rôle que nous avons à y jouer. S’entrechoquent en nous deux sentiments, le malheur de les avoir perdus et le bonheur de les avoir connus.
Les deux étaient des exemples, des figurent de proue, mues par une foi inébranlable et cherchant constamment à améliorer le sort des plus humbles, des plus faibles et des plus exposés aux injustices. Raisons de leur engagement politique et associatif.

Rolin Wavre nous a quitté à l’âge de 56 ans, brutalement, alors qu’il avait encore tant de belles années devant lui. Marie Anne von Arx-Vernon, elle, s’est éteinte à 71 ans, âge qui aujourd’hui n’est souvent plus une preuve de vieillesse. Ses multiples activités politiques et associatives, son punch engagé et son omniprésence sur le terrain en sont à cet égard la démonstration.

Qui les a connus, côtoyés, conviendront unanimement de leurs immenses qualités morales et humaines. Tels des éclaireurs, ils avançaient dans la vie à leur rythme en tentant de montrer aux autres le chemin à suivre. Posture difficile dans un monde rongé par des intérêts égoïstes et influences néfastes. N’en ayant cure, ils faisaient face et affrontaient la contradiction sans faiblesse, droits dans leurs bottes, mais toujours dans le respect de l’adversaire, ce qui d’ailleurs renforçaient leur crédibilité et assurait souvent le succès de leurs interventions.
S’il leur arrivait d’être battus, à leurs yeux il ne s’agissait là que d’une étape et non d’un échec définitif, se promettant de revenir à la charge à la première occasion pour enfoncer le clou.

Oui, nous les avons admirés et aimés. C’est pourquoi nous ne comprenons pas leur décès. C’est pourquoi aussi sourde en nous la colère, celle découlant de l’incompréhension d’un départ que nous jugeons particulièrement injuste.

  • Michel Rossetti
 
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Mère et frère d’armes

Chère Anne-Marie, Cher Rolin,

La première fois que je vous écrivais à tous les deux, un même texte, c’était très exactement il y a dix ans. Nous étions en juin 2010. Il fallait trouver des candidats pour se rendre dans l’antre du loup. Organiser un voyage d’apparence touristique au Vietnam et, là-bas, aller trouver les familles de prisonnières de conscience et de militants. Pour leur porter un message de soutien. Montrer à la dictature que les destins des militantes et des militants des droits humains nous sont précieux, que nous ne les abandonnerons pas.

Les dissident(e)s s’appelaient Tran Khai Thanh Thuy, Le Thi Cong Nhan, Pham Thanh Nghien, le blogueur Nguyen Van Hai, alias Diêu Cay.

Rolin et Anne-Marie ne sont pas du genre à renoncer à un défi. Le voyage s’est donc organisé un peu plus d’un an plus tard. Cette démarche a trouvé des personnes épuisées par le combat contre une hydre à mille têtes, mais réconfortées de ce soutien. Ce combat est toutefois sans pitié.

Au procès du 24 septembre 2012, Diêu Cay a été condamné à 12 ans de prison et à 5 ans de résidence surveillée. 2 autres bloggeurs furent jugés dans le même procès, Phan Thanh Hai et Ta Phong Tân dont la mère, pour protester contre cette injustice condamnant sa fille à 10 ans de prison, s’est donnée la mort en s’immolant devant les locaux de la police quelques jours plus tard.

Rolin et Anne-Marie, c’était un privilège de vous connaître. Vous avez combattu pour de justes causes, et pas seulement au COSUNAM. J’ai connu Anne-Marie alors que j’étais jeune journaliste, visé par une plainte en diffamation pour un article concernant un trafic de personnes humaines et de prostitution forcée. Elle m’a appelé pour m’assurer de son soutien. Cet appel seul m’a donné tant de force, tant de confiance, tant de courage. Elle avait avec chacun cette générosité de mère qui rassure. Quant à Rolin, nous étions compagnons de route sur de nombreux chemins politiques. Frères d’armes, disais-tu avec ironie.

C’est une mère et un frère qui s’en vont, brutalement. Nous poursuivrons leurs combats, avec reconnaissance pour leur investissement.

  • Bernard Favre
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La police vietnamienne arrête les membres éminents de l’Association des journalistes indépendants

Reporters sans frontières – 25 mai 2020

Le Vietnam stagne dans les abîmes du Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2020, à la 175e place sur 180 pays.

Les arrestations sont intervenues à deux jours d’intervalle. Reporters sans frontières (RSF) exige la libération immédiate des deux journalistes interpellés et demande aux partenaires commerciaux de Hanoi, l’UE et les Etats-Unis en tête, de faire pression pour que cesse cette nouvelle campagne de répression.

L’appareil d’Etat vietnamien vient de donner un sérieux tour de vis contre les commentateurs du pays. Le blogueur Nguyen Tuong Thuy a été arrêté, samedi 23 mai, par la police de Hanoi, la capitale, où il vit. Il a été transféré directement vers Hô-Chi-Minh-Ville, à plus de 1 700 kilomètres au sud, où il est maintenu en détention. Ancien combattant du Parti communiste vietnamien (PCVN), devenu collaborateur de Radio Free Asia, Nguyen Tuong Thuy, aujourd’hui âgé de 68 ans, officie également comme vice-président de l’Association des journalistes indépendants du Vietnam (IJAVN).

Deux jours plus tôt, le jeudi 21 mai, c’est le journaliste Pham Chi Thanh qui a vu plusieurs officiers de police débarquer à son domicile de Hanoi à huit heures du matin, pour l’emmener sur-le-champ. Il est actuellement détenu dans une prison de la capitale au motif de l’article 117 du code pénal, qui punit “l’opposition à l’Etat de la République socialiste du Vietnam”.

Lui aussi âgé de 68 ans, Pham Chi Thanh a été un militant de la première heure du PCVN, avant d’encadrer la radio d’Etat La voix du Vietnam. Devenu un défenseur pugnace de la démocratie et un critique acerbe du régime à parti unique, il venait de publier un livre consacré à l’actuel secrétaire général du PCVN, intitulé Nguyen Phu Trong : détenteur du mandat céleste ou traître immoral et suprême ?

Le mur de la répression contre l’information et le débat public

“L’arrestation presque concomitante de Pham Chi Thanh et Nguyen Tuong Thuy lance un message absolument glaçant à tous ceux qui tentent d’entretenir le débat public au Vietnam, déplore Daniel Bastard, responsable du bureau Asie-Pacifique de RSF. Le fait que le régime de Hanoi place en détention ces deux journalistes, d’anciens militants communistes respectés devenus des critiques cinglants de la sclérose du PCVN, en dit long sur la fébrilité qui règne au sommet du parti unique, alors qu’il se prépare à organiser son 21e congrès quinquennal, dans six mois. Nous appelons les partenaires commerciaux du pays, UE et Etats-Unis en tête, à faire pression pour que cesse cette nouvelle campagne de répression.”

L’Association des journalistes indépendants du Vietnam a été créée en 2014. Son président, Pham Chi Dung, a été arrêté en novembre dernier.

Source : Reporters sans frontières

Une lettre de protestation du COSUNAM co-signée avec 15 autres associations internationales a été envoyée le 10 juin 2020 à Elisabeth Tichy-Fisslberger, présidente du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies et David Sassoli, président du Parlement européen.

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In memoriam Anne Marie

L’espoir est toujours plus fort que la peur

Notre pasionaria, Inépuisable, intarissable, inarrêtable, infatigable, généreuse… comment une belle personne comme toi a pu partir si vite ?
Toujours disponible, fidèle et présente, que ce soit pour trouver un stage pour nos enfants, pour un conseil, pour donner un coup de main…

Quel merveilleux souvenir que d’avoir fait le pied de grue avec toi sous la pluie devant la résidence et consulat du Vietnam, avant de pouvoir y entrer pour remettre une pétition en faveur de prisonniers de conscience !

Quel merveilleux souvenir que de te voir accepter avec le sourire une amende officielle pour avoir enfreint la règle de non-manifestation par une députée, toujours pour avoir plaidé ouvertement devant le même consulat pour la démocratie au Vietnam !

Quels merveilleux souvenirs que ces innombrables et délicieuses soirées vietnamiennes en ta compagnie et celle de Jean-Luc.

  • Jean-Marc Comte
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Vietnam d’aujourd’hui

et liberté d’expression


L’hommage à Rolin Wavre


Rolin Wavre, député Genevois et président du Comité Suisse-Vietnam (Cosunam) nous a quitté paisiblement dans la nuit du jeudi 16 au vendredi 17 avril 2020.
Pour rappeler quelques moments de son engagement aux côtés de la communauté vietnamienne et de la profonde amitié et l’admiration qu’il a pu susciter auprès d’elle, nous avons repris les messages émouvants de trois membres de la communauté vietnamienne d’Europe.

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Pleurons le départ de Rolin WAVRE.
Nguyen Ngoc Duc

En 2010, dix ans en arrière, un occidental est venu à la porte de la prison de Thanh Hoa – Nord Vietnam pour demander à rendre visite à un prisonnier de conscience au Vietnam gravement malade. Il a traversé des milliers de kilomètres par voie aérienne et plusieurs centaines de kilomètres de routes tortueuses pour se rendre à cette prison. En se rendant sur place, il a souhaité partager les souffrances des prisonniers de conscience au Vietnam.

Cette personne, c’est Rolin Wavre : un Suisse, un ami de nombreux Vietnamiens et il peut être considéré comme un ami de la nation vietnamienne. Il vient de nous quitter subitement le 17 avril 2020.

Membre du Cosunam (Comité Suisse-Vietnam pour la liberté et la démocratie) depuis 2010 , Rolin Wavre a été élu président du COSUNAM en 2013 . Dans son message d’inauguration, Rolin Wavre a mentionné son voyage au Vietnam: « Après 17 ans en tant que représentant et chef de la mission de la Croix-Rouge internationale (CICR) à l’étranger, je suis bien conscient que les gouvernements qui piétinent les droits de l’homme conduisent toujours à un régime autoritaire. En 2010, je suis allé à Hanoi pour rencontrer des dissidents et essayer de rendre visite à un prisonnier de conscience. J’ai eu l’occasion de participer à une manifestation des démocrates au cœur de la ville, et cela m’a marqué profondément durant ce voyage. »

La manifestation mentionnée par Rolin était l’apparition publique des membres de Viet Tan dans le parc Ly Thai To, pour diffuser une protestation contre l’expansionnisme de la Chine en Mer orientale d’Asie. C’était le 9 octobre 2010, en pleine célébration du millénaire de Thang Long, l’ancien nom de Hanoi.

En Suisse, les Vietnamiens connaissent bien Rolin Wavre grâce à sa présence dans toutes les activités importantes de leur communauté: le Têt jour de l’an traditionnel, la fête de la Mi-automne des enfants, la Commémoration du 30 avril 1975, les Journées Internationales des Droits de l’Homme, manifestations pour la démocratie devant le Palais des Nations-Unies à Genève. Et manifestement, personne ne fait la différence entre lui et un asiatique lors de ses rencontres. Il a dégusté les mets vietnamiens comme un vietnamien. Il était aussi heureux que nous quand Dang Xuan Diêu, Nguyen Van Dai, Tran Thi Nga, Pham Minh Hoang et d’autres prisonniers de conscience ont été libérés. Il s’est indigné, comme nous, lorsque Lê Dinh Luong, Nguyen Nang Tinh, Nguyen Van Hoa , Tran Huynh Duy Thuc et d’autres ont été condamnés par les autorités vietnamiennes pour leur activisme politique.

Dans les jours qui suivent, nous ne verrons plus la grande stature de Rolin Wavre dans les activités vietnamiennes en Suisse. Nous n’entendrons plus sa voix éloquente lors des conférences internationales. Il est définitivement parti, dans la tristesse de ses parents et de ses amis.

Pleurons pour Rolin Wavre. Pleurons pour le COSUNAM qui a perdu un président respectable. Pleurons pour la communauté vietnamienne de Suisse a perdu un ami précieux. Pleurons pour notre nation qui a perdu un homme qui soutient pleinement la lutte pour la démocratie et les droits de l’homme.

Nguyen Ngoc Duc

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Cher Rolin, tu vas tant nous manquer.
Michel Tran Duc Son

Ce matin-là, je lis les messages sur mon smartphone au réveil. Soudain, l’un de ces messages de frappe de plein fouet : Rolin est parti. Je n’arrive pas à y croire. Je ne veux pas y croire. J’envoie d’autres messages comme pour conjurer le sort mais la terrible nouvelle est bien confirmée. Submergé par l’émotion, j’ai passé cette journée comme une machine qui fait les choses en mode pilotage automatique.

Depuis une douzaine d’années, je fais régulièrement des déplacements à Genève pour plaider la cause des droits de l’homme au Vietnam, tantôt auprès de la classe politique suisse, tantôt auprès des Nations Unies, tantôt auprès des Organisations Non Gouvernementales. Quasiment à chacune de ces venues au bord du lac Léman, j’ai eu l’occasion de rencontrer Rolin Wavre.
Ayant travaillé de longues années au sein du Comité International de la Croix Rouge, puis de l’Organisation Mondiale Contre la Torture, Rolin était très au fait de la situation des droits humains dans le monde. Son engagement de longue date pour la cause des droits de l’homme au Vietnam nous a ainsi créé naturellement des sujets de discussion en commun.

En Juin 2015, le Comité Suisse-Vietnam (Cosunam) organisait à Genève une cérémonie pour commémorer les 40 ans de la chute de Saigon. Alors qu’l faisait une chaleur étouffante en ce mois de juin, je voyais Rolin arriver tout en sourire au Château Pictet avec son éternel vélo, puis aller se changer en costume cravate pour participer à la cérémonie en tant que président du Cosunam. Ils sont comme cela les élus suisses, simples et abordables en toutes circonstances. Cela m’avait frappé.

Février 2017, je suis à Genève avec M. Dang Xuan Diêu, ancien prisonnier politique tout juste libéré des prisons vietnamiennes un mois plus tôt et expulsé en France. Le Cosunam organisait une réception à la mairie du Grand Saconnex. Rolin et Diêu, qui s’étaient rencontrés au Vietnam en 2010, se sont retrouvés. Que de bonheur et de joie dans leurs yeux respectifs ce jour-là. L’émotion de ces retrouvailles était bien sincère, touchante et communicative.

En Février 2020, j’étais à Genève pour le Geneva Summit for Human Rights and Democracy. Bien entendu Rolin y était pour rencontrer le fils de Chau Van Kham, un australien d’origine vietnamienne , membre de Viet Tan , emprisonné au Vietnam. Rolin est lui-même membre d’honneur de Viet Tan depuis 2019. J’ai interviewé Rolin pour avoir son opinion sur la situation actuelle du Vietnam. Comme d’habitude, Rolin a répondu avec justesse et à propos, notamment sur l’attaque policière contre les habitants de Dong Tam. J’étais loin de m’en douter que ce serait la dernière fois que nous nous voyons.

La Suisse a perdu l’un de ses plus grands serviteurs, une personne de grande qualité, qui avait encore tant de choses à apporter à son pays et qui n’avait pas eu le temps de montrer tout son potentiel. Le Vietnam a perdu l’un de ses plus sincères amis.
Rolin était un ami qui se préoccupait vraiment du peuple vietnamien, de son sort, de son bien-être et de son avenir.

Viet Tan a perdu l’un des siens et aujourd’hui, toute la famille Viet Tan pleure le départ prématuré de l’un de ses membres, moi en premier.

Cher Rolin, tu vas tant nous manquer.

Michel Tran Duc

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Adieu Rolin
Nguyen Ngoc Bao

En apprenant avec stupeur que notre cher ami Rolin vient de nous quitter et submergé par une infinie tristesse, je me souviens de ce fameux proverbe vietnamien « le talent et le destin ne se conjuguent que difficilement ensemble ». Pourquoi tant d’injustice ? Pourquoi une personne de haute valeur morale, ayant une situation bien en vue dans la société Suisse, un membre d’honneur de Viet Tan après plus de 10 ans d’activités inlassables, doit nous quitter ainsi précipitamment.

Pendant les trente années d’activisme pour les droits de l’homme et la démocratie au Vietnam, j’ai le souvenir ému et plein de gratitude envers de nombreux amis étrangers, avocats, journalistes, députés, français, allemands, belges, suisses qui ont tant oeuvré en faveur des vietnamiens, en s’engageant aux côtés de Viêt Tan. Nous ne les considérons non pas seulement comme des sympathisants pour notre cause , ils sont devenus au fur et à mesure des années des véritables amis, des personnes de conviction, partageant un même idéal de manière bénévole et désintéressée. Rolin Wavre était déjà en 1ère ligne.

Mais ce qui m’a frappé chez Rolin par la suite c’est l’intensité et la constance de son engagement en faveur des droits de l’homme au Vietnam.

Sac à dos comme un simple activiste, il a aussi endossé son costume de député du canton de Genève pour assister aux sessions UPR en début de 2019 et pour sounettre aux experts de l’ONU sur les Droits de l’Homme le dossier ” Shadow Report” de plus 500 pages sur les violations de Droits de l’Homme, dénonçant la mort et la torture. Avec des conseils juridiques spécialisés ,il a largement contribué aux recommandations dans ces documents et à leurs succès.

L’un des moments les plus intenses pour moi est la remise du Certificat de Membre d’honneur de Viet Tan en Novembre 2019, il y a à peine 6 mois. Entouré d’autres élus genevois qui ont partagé nos idéaux et notre lutte pour la justice et les droits de l’homme, j’ai été très honoré de lui avoir remis ce certificat.

J’avais tant espéré que nous pourrions l’accueillir avec bonheur et gratitude lui et sa famille au Vietnam, dans une société future libre et démocratique. Mais hélas, ce n’est plus qu’un souvenir avec son départ prématuré. Nous nous engageons à honorer son engagement en continuant cette lutte.

Nguyen Ngoc Bao

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N’oublions pas les prisonniers de conscience en ces temps difficiles

Nous remercions la famille de Rolin, son épouse Pascale, ses filles Julianne et Inès d’avoir choisi comme bénéficiaires pour des éventuels dons les prisonniers de conscience du Vietnam par l’intermédiaire du Cosunam

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IN MEMORIAM ROLIN

« Au moment de ta naissance, tu étais le seul à pleurer alors que toute ta famille et leurs amis réunis se réjouissaient.
Le jour où tu as quitté cette vie , ce sont tous tes proches, tes amis
et tes connaissances qui pleurent à leur tour.
Là haut, sois heureux et réjouis-toi d’avoir pu mener ainsi une existence
si intense et si riche d’amitié »

Vers d’un poème vietnamien

 


Actualités Avril 2020

Le message de Rolin Wavre

Ce que le Coronavirus nous apprend​​

En ce printemps 2020, toute l’actualité mondiale est absorbée par la lutte contre la pandémie. Chaque pays le fait avec son style et une efficacité variable. Avec un respect des droits humains très variable aussi. Les pays européens, mais aussi les Etats-Unis ont pêché par manque de préparation, par individualisme aussi. Souvent comme dans le cas des Etats-Unis mais aussi au Brésil, c’est l’irresponsabilité des dirigeants qui a été funeste.
 
L’Asie s’est distinguée sous deux aspects. Le plus positif, c’est la manière dont Hong-Kong, la Corée du Sud, Singapour mais surtout Taïwan dans une certaine mesure ont réussi à préserver la santé de la population sans arrêter l’économie et toute la société. Ils ont su tirer les leçons des épidémies précédentes, sans trop empiéter brutalement sur les libertés individuelles ni utiliser ces mesures pour réprimer les opposants politiques.
Le mauvais exemple, ce sont les mensonges des autorités chinoises qui ont fait perdre au moins trois semaines dans la lutte contre la maladie, transformant une épidémie régionale en pandémie mondiale. Ils ont emprisonné et fait disparaitre tous ceux qui avaient vu la maladie avant les autres, au moment où les autorités pensaient qu’il valait mieux tout cacher.
 
Il semble que les autorités vietnamiennes n’annoncent encore à ce jour qu’un nombre très réduit de personnes affectées, moins de 300 cas et zéro décès. On peut douter de leur sincérité. L’absence de toute presse libre, des autorités dogmatiques qui ont peur de l’information à chaque fois qu’elle ne vient pas d’une source officielle pourrait se révéler une tragédie pour la population vietnamienne.
 
La leçon, c’est que l’Europe doit apprendre à se préparer et à réagir collectivement, certains Etats non démocratiques d’Asie doivent accepter que parfois, les informations venues des citoyens doivent pouvoir circuler librement. Le contrôle n’est pas tout.

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Vietnam et Coronavirus

Une image vaut mille mots : la différence entre le slogan du Parti communiste vietnamien « Rester à la maison, c’est aimer son pays » et la réalité de la rue au Vietnam.

Il y a 2 semaines début avril , nous étions soulagés d’apprendre que le Vietnam avait enfin décrété la mesure attendue soit le confinement social au moins jusqu’au 14 avril sur tout le territoire ( ndlr : étendu au 30 avril pour 10 régions dont les villes de Hanoi et Saigon ) et ceci à l’exemple de presque tous les autres pays d’Asie, notamment ceux qui partagent une frontière terrestre avec la Chine et qui entretiennent avec elle une intense circulation de travailleurs, touristes et voyageurs de passage.

Dans un premier temps , les médias officiels faisaient état du succès de cette mesure gouvernementale en montant à satiété des images de rues et quartiers désertés. Depuis quelques jours , ces quelques photos prises dans diverses rues de Hanoi et de Saigon montraient à l’évidence le contraire. Partagée entre les nécessités de la vie quotidienne et les contradictions répétitives des instances responsables soufflant le chaud et le froid sur la réalité de la pandémie, la population vietnamienne continue à sortir massivement sur la voie publique.

Le Vietnam, qui figure parmi les économies d’Asie du Sud-Est les plus ouvertes aux échanges, ne sortira pas indemne de la pandémie. L’arrêt de la production en Chine a désorganisé les chaînes de valeur. Les exportations vietnamiennes vers le marché chinois ont diminué, tandis que les entrées de touristes se sont effondrées. Dans ses prévisions de 2020, la Banque mondiale prévoit une croissance du PIB vietnamien ramenée à 4,9 %.

Une situation malheureusement des plus inquiétantes pour le peuple vietnamien.

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Bilan du Coronavirus au Vietnam selon le ministère de la santé début avril 2020


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Salutations à la communauté vietnamienne
à l’occasion du 30 avril 1975
“Celui qui ferme les yeux sur le passé devient aveugle au présent”

Wolfgang Schäuble
Président du Parlement allemand
Wolfgang Schaüble, né le 18 septembre 1942 à Fribourg-en-Brisgau, est membre de l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne. Il est la personnalité de ce parti ayant siégé le plus longtemps au Bundestag, élu depuis 1972 et en devenant le président en 2017.

Presque aucune famille vietnamienne n’a été épargnée par les années de guerre, de persécution et de fuite du XXe siècle. La guerre du Vietnam a fait des millions de victimes, laissant derrière elle des invalides, des orphelins, des traumatisés et un pays dévasté. Bien que les combats aient pris fin il y a 45 ans, la paix réelle n’a pas été rétablie. Pour beaucoup de gens, de nouvelles souffrances ont commencé : environ un million et demi de Vietnamiens ont fui la terreur du régime communiste en pleine mer. Plus de 200 000 “boat people” se sont noyés, sont morts de soif ou sont tombés dans les griffes de la piraterie moderne. Ceux qui ont réussi à s’échapper de manière spectaculaire ont dû se construire une nouvelle vie pour eux-mêmes et leur famille – souvent en exil loin de chez eux.

De nombreux réfugiés ont également trouvé refuge en République fédérale. Leur salut reste avant tout lié au déploiement du “Cap Anamur”, à l’énergie rebelle de l’inoubliable Rupert Neudeck. Lui et ses nombreux partisans ne sont pas restés consternés par les images de la mer de Chine méridionale, mais ont agi – et ont obtenu l’accueil politiquement controversé de nombreux “boat people” en République fédérale.

Au fil des décennies, une importante communauté vietnamienne s’est donc développée dans notre société, qui, dans l’Allemagne réunifiée, comprend également les travailleurs contractuels de la RDA issus du Vietnam autrefois communiste. La plupart des Allemands naturalisés depuis longtemps et ayant des racines vietnamiennes montrent comment l’immigration peut être un enrichissement pour la société dans son ensemble. Ils contribuent à la prospérité de notre pays et soutiennent leurs familles dans leur ancienne patrie. Ils sont devenus une partie de l’Allemagne, donnant l’exemple d’une intégration réussie.

Aujourd’hui, nous partageons avec vous la douleur des nombreuses victimes. Nous savons par expérience personnelle douloureuse combien il est amer de voir une nation divisée, des familles déchirées, des droits de l’homme et de la démocratie, la liberté de la presse et la liberté d’opinion restreints. Mais l’exemple allemand montre aussi que la liberté finit par l’emporter.

Se souvenir de ce qui était reste important – dans le sens de Richard von Weizsäcker : cela nous fait voir le présent avec tous ses défis.

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Félicitations à Marie Barbey-Chappuis
pour sa brillante élection à la mairie de Genève.

Aux côtés de la communauté vietnamienne de Suisse

en faveur d’un monde plus juste

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N’oublions pas les prisonniers de conscience en ces temps difficiles

Nous, les familles des prisonniers d’opinion suivants, demandons instamment aux autorités vietnamiennes de libérer immédiatement ces prisonniers, compte tenu de leur risque élevé d’être infectés par le coronavirus.

En raison de la pandémie de ces derniers mois, nous n’avons pas été en mesure de rendre visite à nos proches ni de leur fournir des provisions. Nous sommes extrêmement préoccupés par leur bien-être. Beaucoup d’entre eux ont de graves problèmes de santé sous-jacents avec une faible immunité, qui peuvent être exacerbés par les conditions de vie en prison. Par conséquent, la perspective d’une épidémie de COVID-19 dans un environnement carcéral surpeuplé est extrêmement élevée.

Nous pouvons vous assurer que ces prisonniers de conscience sont des personnes pacifiques qui ne souhaitent que construire une société juste et prospère. Nous sommes également certains qu’une fois libérés, ils ne constitueront une menace pour personne, mais au contraire, ils contribueront de manière significative à notre société.

Signé par les membres suivants de la famille des Prisonniers de conscience, à compter du 16 avril 2020 :

Lê Đính Kim Thoa – Wife of Trần Huỳnh Duy Thức,
Bùi Thị Hồng Loan – Wife of Phạm Chí Dũng,
Nguyễn Thị Quý – Wife of Lê Đình Lượng,
Nguyễn Thị Huệ & Huỳnh Đức Thịnh – Parents of Huỳnh Đức Thanh Bình,
Nguyễn Thị Lành – Wife of Nguyễn Trung Tôn,
Nguyễn Thị Huyền Trang – Wife of Phạm Văn Trội,
Trần Thanh Thủy – Wife of Lê Quý Lộc,
Phan Thị Trang – Sister of Phan Kim Khánh,
Trần Thị An – Wife of Lê Thanh Tùng,
Hoàng Đức Nguyên – Brother of Hoàng Đức Bình,
Nguyễn Thị Huệ – Sister of Nguyễn Văn Hoá,
Dạ Trần Quyết Tiến – Brother of Trần Thị Xuân,
Nguyễn Quang Trung – Son of Nguyễn Trung Trực,
Nguyễn Thị Kim Thanh – Wife of Trương Minh Đức,
Nguyễn Thị Sen – Mother of Hồ Anh Tuấn,
Đinh Thị Xa – Wife of Đinh Diêm, p
Bùi Thị Rề – Wife of Nguyễn Văn Túc,
Nguyễn Kim Hoa – Mother of Võ Hoàng Ngọc,
Lê Thị Khanh – Wife of Trần Thanh Phương,
Huỳnh Thị Út – Mother of Trần Hoàng Phúc,
Nguyễn Thị Châu – Wife of Nguyễn Ngoc Ánh,
Huỳnh Thị Kim Nga – Wife of Ngô Văn Dũng,
Đoàn Thị Khánh – Sister of Đoàn Thị Hồng,
Lê Thị Thập – Wife of Lưu Văn Vịnh, Đỗ Thị Bé – Wife of Hồ Đình Cương,
Trần Nữ Long Duyên – Wife of Lê Văn Phương, Thị Hanh – Mother of Từ Công Nghĩa,
Nguyễn Thị Lâm – Sister of Nguyễn Quốc Hoàn,
Hồ Thị Châu – Wife of Nguyễn Văn Oai,
Nguyễn Thị Tình – Wife of Nguyễn Năng Tĩnh,
Lê Thị Bình – Sister of Lê Minh Thể,
Hồ Văn Lực & Hồ Đức Hiền – Brother & Father of Hồ Đức Hoà,
Nguyễn Đình Khôi – Brother of Nguyễn Đình Khuê,
Nguyễn Thị Diệu Hồng – Mother of Nguyễn Viết Dũng,
Trần Thị Thu Thủy – Sister of Đặng Thị Huệ,
Phạm Thị Xuân – Wife of Nguyễn Văn Nghiêm,
Vương Ngọc Thảo – Daughter of Vương Văn Thả,
Nguyễn Đức Hải – Brother of Nguyễn Văn Đức Độ,
Dỗ Hoàng Thảo Uyên – Sister of Trần Long Phi,
Trần Văn Long – Father of Trần Long Phi,
Huỳnh Thì Hết – Aunt of Nguyễn Văn Thương & Nguyễn Nhật Trường,
Nguyễn Vũ Tuấn Anh – Son of Vũ Thị Dung,
Nguyễn Thái Văn – Father of Nguyễn Văn Điển,
Nguyễn Thị Trúc – Wife of Trương Hữu Lộc,
Bui Thị Sen – Wife of Huỳnh Minh Tâm,
Nguyễn Hữu Lộc – Husband of Huỳnh Thị Tố Nga,
Nguyễn Thị Thơm – Wife of Trần Anh Kim,
Trần Thị Niêm – Mother of Lê Anh Hùng,
Trương Quỳnh Trang – Wife of Châu Văn Khảm,

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Actualités Mars 2020

Le drame de Dông Tâm au Conseil des Droits de l’homme

L’ACAT (Action Chrétienne pour l’abolition de la torture), le Comité Suisse Vietnam Cosunam ainsi que 14 autres organisations vietnamiennes et internationales réclament l’ouverture d’une enquête indépendante du Conseil des droits de l’homme des Nations unies sur les graves violations des droits humains survenues au village de Dông Tâm, près de Hanoï, le 9 janvier 2020.

 

Un rappel des évènements

Le 9 janvier 2020, plus de mille policiers anti-émeute ont effectué en pleine nuit une descente dans le village de Dông Tâm, en réponse à une mobilisation de longue date des villageois contre des expropriations forcées dans la région. Ce raid policier, extrêmement violent, a causé la mort du leader octogénaire de la communauté, Lê Dinh Kinh ( voir photo ci-dessus), ainsi que l’arrestation d’au moins 27 villageois. Ces derniers sont à ce jour toujours détenus au secret, sans accès à un avocat.

Avant l’assaut, la police avait encerclé la zone et suspendu les communications téléphoniques et Internet. Aujourd’hui encore, Dông Tâm est inaccessible aux journalistes indépendants et aux médias internationaux. Plusieurs activistes et blogueurs ont été harcelés et menacés d’être arrêtés depuis qu’ils ont tenté de faire toute la transparence sur le déroulement des évènements.

Dans une lettre ouverte datée du 25 février 2020 et adressée à l’actuelle Présidente du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, Madame Elisabeth Tichy-Fisslberger, seize organisations de la société civile vietnamienne et internationale dont le Cosunam appellent le Conseil à :

  • Procéder par le biais des procédures spéciales des Nations unies à une enquête indépendante sur l’incident de Dông Tâm aboutissant à des recommandations sur la poursuite en justice des responsables de violations graves des droits humains.
  • Exhorter le gouvernement vietnamien à libérer les personnes arrêtées arbitrairement lors de l’opération policière et cesser toute forme de représailles à l’égard des résidents de Dông Tâm et de leurs soutiens.
  • Demander au Vietnam d’autoriser les médias indépendants ainsi que la société civile à se rendre librement à Dông Tâm et à échanger avec les résidents sans craintes de représailles.

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Cinq personnalités et amis prennent la parole pour les sans-voix du Vietnam

Depuis sa création en 1990 , le Comité Suisse Vietnam COSUNAM, n’a pas ménagé ses efforts pour promouvoir un meilleur Vietnam réellement démocratique, respectueux des droits de l’homme et orienté vers un développement durable et équitable.

Un collectif de personnalités politiques helvétiques, amis et sympathisants, se relaie pour nous aider et nous encourager à persévérer sur ce long chemin.

Un grand merci et avec nos recommandation et nos voeux les plus chaleureux pour leur succès lors des prochaines élections.

Le droit démocratique de choisir ses représentants et de pouvoir voter en Suisse est une grande chance pour nous tous.

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Pierre-Yves Comte

Votre combat est fondé sur des valeurs humanistes que je partage

Proche voisin et ami de votre secrétaire général, Luy Nguyen Tang, et frère de votre vice-président, Jean-Marc Comte, Maire du Grand-Saconnex, je ne peux ignorer la situation dramatique que vit votre pays d’origine depuis des décennies.
Je tiens par ce message à vous assurer de mon soutien inconditionnel à votre combat non-violent contre un régime piétinant les droits de l’homme et les libertés fondamentales au Vietnam.
J’ai lu et entendu que la situation d’actes d’emprisonnements arbitraires, de répression politique et de violences physiques au Vietnam, bien loin de s’améliorer, à plutôt tendance à s’aggraver comme au village de Dông Tâm et je suis en pensée avec tous les citoyens opprimés du Vietnam.
Aujourd’hui, candidat à la Mairie du Grand-Saconnex, je souhaite poursuivre les liens privilégiés entre la commune – qui a notamment vu l’édification du premier monument en Europe en mémoire des 300’000 boat people vietnamiens péris en mer – et votre communauté.

  • Pierre-Yves Comte

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Marie Barbey-Chappuis

Aux côtés de la communauté vietnamienne en faveur d’un monde plus juste

A l’heure où les citoyen-e-s de Genève – qu’ils soient suisses ou étrangers – sont appelés à renouveler leurs élus dans leurs communes, j’ai une pensée toute particulière pour tous les défenseurs des droits humains qui se battent, au Vietnam et ailleurs, pour que le peuple vietnamien puisse exercer son droit de vote de manière libre et éclairée. C’est l’occasion pour moi de leur dire toute mon admiration et toute ma solidarité.

Je formule le vœu que cette nouvelle année du Rat permette des avancées significatives en faveur d’un Vietnam plus respectueux des droits de l’homme, mais aussi de l’environnement. Et je m’engage à ce que Genève, capitale mondiale des droits de l’homme, soit toujours aux côtés de la communauté vietnamienne dans ce combat en faveur d’un monde plus juste.

  • Marie Barbey-Chappuis

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Simon Brandt

Une nouvelle ère aussi pour le Vietnam

Conseiller municipal depuis 2005, je suis pourtant le plus jeune des candidats au Conseil administratif de la Ville de Genève. A ce titre, je m’engage à remettre notre Cité sur les bons rails suite aux trop nombreux dysfonctionnements qu’elle a connu. Et ne plus tolérer des comportements dignes d’une République bananière.

Au contraire, je veux démarrer une nouvelle ère en Ville de Genève. Par exemple en matière d’urbanisme où nous devons privilégier la qualité de vie de nos citoyens plutôt que de construire à tour de bras. Je défends la vision de bâtir à taille humaine et de respecter l’identité des quartiers. Ainsi que mettre fin au tourisme officieux du Conseil administratif qui se rend dans des pays ne respectant pas les droits humains (Vietnam, Nicaragua, etc).

Je compte ainsi sur votre soutien pour remettre la Ville de Genève sur les bons rails comme vous pourriez compter sur le mien pour continuer à promouvoir un Vietnam réellement démocratique et enfin respectueux des droits de l’homme.

  • Simon Brandt

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Jean-Luc von Arx

Un devoir de dénoncer et de porter la parole

Genève s’apprête à renouveler ses instances communales, dans un contexte de liberté et de démocratie que le monde entier nous envie. Je ne peux m’empêcher de penser au combat du peuple vietnamien, oppressé par une dictature qui les prive de leurs droits fondamentaux. Nous devons le dénoncer sans cesse.

La situation qui étouffe les élans de liberté de celles et ceux qui s’engagent pour la défense des droits de l’Homme s’est encore aggravée depuis 2016, malgré les nombreux témoignages des ONG qui luttent à leur côtés. Nous devons le dénoncer sans cesse.

De nombreux dissidents non-violents sont maltraités, emprisonnés, tués, encore aujourd’hui pour défendre ces biens si précieux, la liberté et la démocratie ! C’est ainsi le cas de Châu Van Kham et de Lê Dinh Kinh depuis quelques semaines. Nous devons le dénoncer sans cesse.

Mon engagement depuis toutes ces années et ma fidélité vous sont acquis.

  • Jean-Luc von Arx

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Ivan Deiana

Ne pas céder aux menaces et aux agressions physiques

La liberté n’est pas une option. De tous temps, les hommes et les femmes se sont battus pour elle et ses bienfaits. Bien sûr, elle n’est jamais facile à défendre face à la tentation autoritaire et aux garanties sécuritaires qu’offrent certains esprits restés les yeux rivés sur le totalitarisme du 20ème siècle.

En 1989, l’Europe a vu s’effondrer le communisme et ses démons lorsque le mur de Berlin s’est effondré. Par ricochet, il eût été évident qu’il en soit également ainsi au Vietnam. Il faut dire que les régimes marxistes ne se comptent aujourd’hui plus que sur les doigts de la main.Persécutions politiques et religieuses, censure d’internet, absence de liberté de la presse et d’expression, torture d’opposant(e)s politiques et j’en passe !

Ma famille a connu ces horreurs, dans deux régimes d’une nature quelque peu différente. Elle aurait pu céder face à la pression gouvernementale, aux menaces, aux agressions physiques. Mais elle a choisit la liberté à chaque fois. En cela, je ne peux qu’admirer les activistes du peuple vietnamien et le courage dont ils font preuve à l’heure de résister à l’hydre communiste qu’il soit vietnamien ou chinois.

  • Ivan Deiana

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Le Comité Suisse -Vietnam Cosunam était présent au Geneva Summit for Human Rights and Democracy 2020 de Genève pour assister aux témoignages entre autres de Dennis Châu (fils du prisonnier vietnamien de conscience Châu Văn Khảm), de Denise Ho, activiste et artiste engagée pour Hong Kong, de Jewher Ilham pour la cause dramatique des Ouïghours et de la représentante des Tibétains de Suisse.
Des témoignages poignants à regarder avec en arrière-fond l’image sombre et oppressante de la Chine communiste.  Cliquez    https://youtu.be/A4DVsmnm39U

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Actualités Février 2020

Union Européenne et Vietnam
Les droits de l’homme
à l’épreuve du commerce international

A la veille d’un vote crucial le mardi 11 février entre L’UE et le Vietnam, une quarantaine d’ONG internationales et associations vietnamiennes ont adressé des lettres ouvertes aux quelques 700 députés du Parlement Européen pour demander le report de l’accord de libre-échange UE-Vietnam (EVFTA) « jusqu’à ce que le gouvernement vietnamien accepte enfin de respecter des critères concrets et vérifiables pour protéger les droits du travail et les droits de l’homme».

Il existe des précédents notables où le Parlement européen a fixé préalablement des critères en matière de droits de l’homme avant de donner son accord à des accords bilatéraux afin de promouvoir les progrès des droits de l’homme, conformément aux engagements énoncés à l’article 21 du traité de l’Union européenne. Avec l’Ouzbékistan ou le Turkménistan en raison de la réticence de ces pays à faire des progrès dans le domaine des droits de l’homme et de l’État de droit.

Au vu de l’aggravation dramatique de la situation des droits de l’homme depuis 2016 au Vietnam avec les cas de Formosa Plastics, la loi sur la cyber sécurité, l’assaut sanglant contre le village de Dong Tâm pour ne citer que les plus graves, le Parlement européen devrait adopter la même approche avec Hanoi, en refusant l’approbation sans conditions et en édictant une résolution parallèle avec des conditions concrètes, mesurables et vérifiables en matière de droits de l’homme avant que les députés européens donnent leur feu vert à l’accord.

Celles-ci devraient inclure, au minimum, entre autres :

-Un engagement public et une feuille de route des autorités vietnamiennes pour modifier ou abroger les dispositions draconiennes de son code pénal, notamment les articles 109, 116, 117, 331 et 318, qui sont couramment utilisés pour poursuivre les défenseurs pacifiques des droits de l’homme, les journalistes, les avocats, les chefs religieux et les dissidents politiques ;

– La libération et non l’exil forcé des quelques 150 prisonniers de conscience , activistes et détenus politiques.

A l’exemple de la Chine d’aujourd’hui , le soi-disant encouragement au développement économique et commercial de l’Occident octroyé sans conditions préalables n’a jamais favorisé plus de respect des droits de l’homme de la part des régimes autoritaires à parti unique. Combien de députés européens auront compris ce marché dramatique ?

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A l’occasion du 12ème sommet des droits de l’homme et de la démocratie le 18 février prochain à Genève, le prisonnier politique CHAU VAN KHAM sera représenté par son fils Dennis Châu.
Dennis Chau est le fils du prisonnier politique vietnamien Van Kham Chau, qui a été détenu par les autorités en janvier 2019 alors qu’il était en visite dans le pays. Le père de Chau est un citoyen australien et un homme d’affaires retraité de Sydney qui a fui le Vietnam en 1982. Membre du parti politique non-violent Viet Tan, il a continué à défendre les droits de l’homme, la démocratie et les libertés fondamentales depuis qu’il a quitté le pays.

L’année dernière, le père de Chau a été arrêté à Ho Chi Minh après avoir rencontré un militant de la société civile et a été accusé de conspiration contre le gouvernement vietnamien. Après avoir été détenu sur la base de fausses accusations et s’être vu refuser l’accès à un avocat, le père de Chau a été condamné à 12 ans de prison.

Dennis Chau a attiré l’attention sur l’injustice faite à son père en développant un réseau de soutien mondial pour l’aider à rentrer chez lui. Chau a été une voix indéfectible au nom de sa famille pour soulever la situation de son père auprès des médias du monde entier. Sa motivation à plaider pour la libération de son père, pour les réformes du système judiciaire vietnamien et pour les droits de l’homme en général est dans l’esprit de l’engagement de son père et pour la promotion des libertés fondamentales au Vietnam.

Chau Van Kham
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Actualités Janvier 2020

Message de Rolin Wavre
Président du Cosunam et député du Canton de Genève

 Au moment de vous envoyer les meilleurs voeux du Cosunam pour l’année du Rat 2020, l’humeur n’est pas vraiment à l’optimisme sur le plan mondial. Le drame du village de Dong Tâm et la mort brutale de son représentant Lê Dinh Kinh nous ramène une fois de plus à la réalité du Vietnam ( voir notre article ci-dessous ). Les atteintes aux droits humains sont constantes, l’évolution de la Chine, notamment dans ses relations avec Hong Kong et ses démocrates, n’est pas réjouissante. Un grand frère qui file du mauvais coton sur le plan humain. Visiblement, l’économie et la puissance prennent le pas sur le respect de la liberté des citoyens. Logiquement, le Vietnam communiste suit l’exemple et envisage même à verrouiller l’internet. Espérons que la créativité et l’obstination des Vietnamiens empêchera les autorités d’y parvenir.

Il y a tout de même quelques lueurs d’espoir. L’Union européenne semble vouloir tenir un langage plus ferme sur les violations des droits humains, y compris avec le Vietnam. Entre Donald, Xi et Boris, il faut bien que la vieille Europe exprime quelques valeurs.

Sur un autre plan, nous venons d’apprendre que Tran Thi Nga, détenue depuis 2017, exemple de détermination pour tous les défenseurs des droits humains, a enfin été libérée et pourrait vivre enfin une vie en liberté, mais loin de son pays. Nous savons par tous les témoignages que nous ont apporté les anciens détenus d’opinion expulsés par les autorités vietnamiennes que c’est aussi un déchirement que de quitter son pays contre sa volonté, forcé par un choix impossible. La prison ou l’exil.

Comme il le fait depuis 30 ans, le Comité Suisse-Vietnam et tous ses amis en Suisse, au Vietnam et ailleurs seront avec eux et avec leurs familles.

 


La prisonnière de conscience Tran Thi Nga est libérée après 3 ans de dure détention et expulsée aux Etats-Unis aujourd’hui 10 janvier 2020.
Figure de proue des manifestations au Vietnam notamment lors de la catastrophe environnementale des côtes vietnamiennes en 2016 par Formosa Plastics, elle avait reçu deux prix des organisations des Droits de l’homme.
Le Cosunam avait entrepris de nombreuses actions en 2018 et 2019 en sa faveur dont une pétition suisse initiée par Anne-Marie von Arx ainsi que de nombreux court-métrages ( Femmes engagées du Vietnam ) pour dénoncer publiquement sa détention injuste et réclamer sa mise en liberté.

Tran Thi Nga, femme activiste et engagée, emprisonnée depuis 2017, lauréate du Prix vietnamien des Droits de l’homme 2018, libérée et expulsée du Vietnam en 2020.

Aujourd’hui exilée mais libre en famille

 


 

Après la catastrophe environnementale de Formosa, le saccage du quartier de Vuon Rau Lôc Hung, voici un nouveau drame de violence contre la société civile

L’assaut sanglant de Dông Tâm

Quand la terre est la propriété « du peuple tout entier » et l’Etat son représentant. 

L’âme de la résistance paysanne et le patriarche de 80 ans du village de Dong Tâm, Lê Dinh Kinh, a été tué à son domicile dans la nuit du jeudi 9 janvier de deux balles dans la tête lors des affrontements pour le contrôle de terres que se disputent la population locale et les militaires du régime vietnamien.

Les villageois contestent depuis plusieurs années la légalité de la confiscation de ces terrains de 90 hectares entourant l’aéroport de Mieu Mon (Nord), près de Hanoi. Les affrontements, événement rare dans ce pays communiste, ont éclaté jeudi au petit matin lorsqu’un millier de membres des forces spéciales ont fait irruption dans le village de Dong Tâm . Selon un communiqué du ministère de la Sécurité publique, ” les forces de l’ordre se seraient heurtés à des habitants munis de grenades, de cocktails Molotov et de couteaux»,  « le désordre a conduit à la mort de 4 personnes, dont 3 policiers» ajoute le communiqué, précisant que d’autres villageois ont été «arrêtés pour violation grave de la loi».

Pratiquement toutes les communications téléphoniques privées et le réseau internet sur place ont été interrompus ou brouillés pendant cette brutale intervention policière.

Il n’a pas été ainsi possible dans l’immédiat de confirmer le bilan ou de vérifier cette version unilatérale et bien préparée des événements diffusés par les autorités, information qui a été relayée à une vitesse inhabituelle dans un pays où le secret permanent et le contrôle systématique l’emportent normalement sur la transparence.

Le village de Dông Tâm , à 03 heures du matin , complètement isolé et encerclé

Mais une vidéo largement diffusée sur Facebook par un militant sur les lieux semblait montrer des coups de feu autour du village à l’aube, alors que plusieurs camions des forces de l’ordre arrivaient. L’ONG Human Rights Watch a exhorté le Vietnam à ouvrir une enquête et à fournir un accès libre au site à des observateurs indépendants, comme des journalistes, des diplomates et des fonctionnaires de l’ONU.

La violence de la résistance des habitants de Dong Tâm face à la confiscation d’un terrain du village souligne l’importance actuelle de la question foncière pour la société vietnamienne où l’agriculture tient encore une très large part. Dans la dernière version de la loi foncière vietnamienne, qui date de 2013, il est affirmé dès le premier chapitre que la terre est la propriété « du peuple tout entier » et l’Etat son représentant. Les milliers de citoyens expropriés illégalement, brutalement et sans compensation à ce jour en sont déjà les victimes.


Actualités Décembre 2019

Le 10 décembre 1948, l’Assemblée générale des Nations-Unies adoptait la Déclaration universelle des droits de l’homme

Message de Marie Barbey-Chappuis
Conseillère municipale de la Ville de Genève

71 ans après son adoption, ce texte est confronté à des défis nouveaux : les bouleversements climatiques, les migrations massives et les enjeux liés au numérique et à la protection de la sphère privée, mettent à l’épreuve les acquis précaires de la déclaration.

Mais ce texte fondateur demeure aujourd’hui encore – et notamment à Genève, capitale mondiale des droits de l’homme – une source d’inspiration pour promouvoir un monde plus juste. Parce qu’il ne peut y avoir de paix, de développement, de sécurité, d’avenir pour chacune et chacun d’entre nous si nous laissons les droits de la personne – de toutes les personnes – se désintégrer.

En cette journée des droits de l’homme, j’ai une pensée toute particulière pour la communauté vietnamienne de Suisse qui, depuis 30 ans, se bat sans relâche pour dénoncer la situation des droits humains au Vietnam et les violations de la liberté d’expression en particulier.

Leur combat est aussi le nôtre.

Marie Barbey-Chappuis

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Tran thi Nga, femme activiste et engagée, emprisonnée depuis 2017,
Lauréate du Prix vietnamien des Droits de l’homme Lê Dinh Luong 2018

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Le respect et la promotion des Droits humains doivent être
la boussole qui guident notre action politique

Message de Saskia Bricmont, Députée au Parlement européen

Saskia Bricmont

Nous défendons les Droits humains, nous nous indignons quand ils sont violés, signons des pétitions car nous savons qu’elles peuvent parfois sauver des vies. Mais cela reste un peu une abstraction pour une majorité d’entre nous, on prend conscience de leur importance quand on en est dépourvu ou que l’on est témoin de la situation de populations qui en sont privées.

Je sors de rencontres avec des représentant.e.s de la communauté vietnamienne, d’anciens prisonniers politiques, des défenseurs des droits humains, d’activistes contre la torture. Ces rencontres ne m’ont pas laissée indemne. Si je connais de mieux en mieux les enjeux du pays en raison des semaines que j’ai passé à l’étudier et à rencontrer nombre d’acteurs et d’ONG, cette journée m’a fait l’effet d’un coup de poing. Le même coup de poing que lors de l’annonce de la mort de 39 Vietnamiens dans un camion frigorifique en provenance de Belgique et que la même semaine, certains partisans d’un accord commercial rapide entre l’UE et le Vietnam faisaient obstruction à ma demande d’entendre des ONG dans le cadre de nos travaux au sein de la commission du Commerce international.(…)

Saskia Bricmont le 10 décembre 2019 à Bruxelles entourée
des représentants de la communauté vietnamienne

J’ai demandé depuis le départ à ce que le processus de ratification soit mis en pause le temps pour le régime Vietnamien de mettre en place les dispositions visant à appliquer la réforme du Code du travail pour assurer les droits des travailleurs et la liberté syndicale, une réforme du code pénal qui empêche toute expression libre qui irait à l’encontre de la politique menée par le régime, de la loi sur la cybercriminalité qui a permis l’arrestation de blogger/journalistes indépendants qui s’expriment sur les réseaux sociaux, la libération des prisonniers politiques (12 dans un état critique selon la Commission européenne, plus de 130 prisonniers d’opinion selon les ONG), un moratoire sur la peine de mort et son abolition dans la loi…

Le respect et la promotion des Droits humains portés par les Objectifs pour le Développement Durable, les processus onusiens doivent être la boussole qui guident notre action politique. C’est particulièrement vrai pour l’Europe qui se présente comme le fer de lance d’une mondialisation à visage humain. Alors qu’une nouvelle Commission et un nouveau Parlement viennent d’entrer en fonction, il est plus important que jamais de rappeler que le développement économique doit être au service des gens et se faire dans le respect de l’environnement, pas l’inverse.

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L’UE va mettre en place un régime de sanctions à l’encontre
des auteurs d’atteintes aux droits de l’homme

Une très mauvaise nouvelle pour les responsables
au plus haut niveau du régime dictatorial vietnamien

L’Union européenne (UE) va commencer à travailler sur une législation qui lui permettra de sanctionner les personnes accusées de violations des droits de l’homme dans le monde entier. Grâce à un tel régime de sanctions, l’UE est en mesure de tenir les individus pour responsables des violations des droits de l’homme sans avoir à cibler un pays en particulier. En conséquence, l’UE sera mieux à même de donner suite à son engagement de défendre les droits de l’homme de manière appropriée au niveau mondial.

Ce régime de sanctions ciblées sera de type Magnitsky ont convenu les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne à la veille de la Journée internationale des Droits de l’Homme du 10 décembre 2019.

Stef Blok, ministre néerlandais des Affaires étrangères et Joseph Borrell,
nouveau chef et représentant des affaires étrangères pour l’UE

Le nouveau Haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères, Josep Borrell, a décrit les droits de l’homme comme une “priorité claire pour les Européens… et mon mandat” lors d’une conférence de presse qui a suivi la réunion des ministres des affaires étrangères.

Il a déclaré que ” à la demande de plusieurs États membres, nous avons convenu de lancer les travaux préparatoires en vue d’un régime mondial de sanctions pour faire face aux violations graves des droits de l’homme qui seront l’équivalent dans l’Union européenne de la loi dite Magnitsky des États-Unis “.

L’Acte Magnitsky a été signé par le président Barack Obama en décembre 2012 dans le but de cibler les responsables russes jugés responsables de la mort de l’avocat fiscal russe Sergei Magnitsky. Depuis lors, la loi a été utilisée pour sanctionner les personnes accusées de violations des droits de l’homme dans le monde entier.

Cette annonce intervient juste avant un jour avant la Journée des droits de l’homme du 10 décembre 2019. Le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Stef Blok, qui a poussé l’Union à adopter une telle loi, a envoyé un tweet : “C’est un signal très fort qu’aujourd’hui, l’UE a décidé à l’unanimité de légiférer sur un régime mondial de sanctions de l’UE en matière de droits humains.”

Selon un diplomate de haut niveau, le régime proposé permettra à l’UE de cibler spécifiquement des individus ” sans envoyer le message que vous ne voulez pas traiter avec ce pays ” car ces sanctions mettraient l’accent sur la responsabilité individuelle plutôt que sur la nationalité – même si certains peuvent encore les considérer comme visant un certain pays.
Pour un autre diplomate, ” le fait est qu’il y a des crimes qui ne peuvent être attribués à un pays. Nous devrions être en mesure de demander des comptes aux auteurs individuels dans cette affaire.”

Prisonniers de conscience VN


Actualités Novembre 2019

Soirée de soutien à la Salle communale des Délices, au Grand-Saconnex

Extraits d’un texte de Francis Richard


 

Mercredi 20 novembre 2019, avait lieu à la Salle communale des Délices du Grand-Saconnex, une soirée de soutien aux victimes de Formosa Plastics et aux prisonniers de conscience, organisée par le COSUNAM (Comité Suisse-Vietnam).

En avril 2016, Formosa Plastics, entreprise chimique taïwanaise, a déversé des déchets toxiques sur 250 km de côtes vietnamiennes, avec pour conséquences: 115 tonnes de poissons morts et 200.000 personnes affectées…

Francis Richard et le dissident vietnamien Pham Minh Hoàng

Avant que ne commence la soirée, mon ami, Khai Nguyen Dang, délégué permanent du Cosunam, me présente au professeur Pham, dissident vietnamien. Celui-ci me dit être ému par tous les soutiens qu’il reçoit.

Catholique (comme je le suis), il considère que c’est très charitable de la part des Suisses de le soutenir. Je lui réponds que c’est la moindre des choses parce que nous avons la chance de vivre dans un pays libre.

Il me raconte qu’il a été déchu de la nationalité vietnamienne en 2017 et qu’il a été expulsé: je peux trouver le récit de son histoire sur internet. En fait, c’est son épilogue que je ne connaissais pas…

Car, en échangeant nos coordonnées et nos noms complets – il s’appelle Pham Minh Hoàng -, je m’aperçois, et me rappelle tout soudain, que j’ai écrit des articles à son sujet, il y a maintenant un certain nombre d’années:

– le 31 août 2010: Un professeur arrêté au Vietnam pour avoir signé des pétitions…

– le 1er août 2011: Le dissident franco-vietnamien Pham Minh Hoang sera jugé le 10 août 2011

– le 19 décembre 2011: L’ONU demande au Vietnam de mettre fin à des détentions arbitraires

Né en 1955, il me raconte qu’il est parti en France en 1973 pour y faire des études et qu’il n’est rentré au Vietnam qu’en 2000 pour enseigner les mathématiques à l’École Polytechnique d’Ho Chi Minh Ville.

Condamné en première instance à trois ans de prison ferme le 10 août 2011 pour activité visant à renverser le gouvernement (il a signé deux pétitions et écrit des articles sur son blog…), sous pression internationale, sa peine est réduite à dix-sept mois de prison et trois ans d’assignation à résidence.

Libéré en 2012, il reste au Vietnam et enseigne même à l’université. Il donne également des cours gratuits de leadership à des étudiants. Bref c’est un dangereux terroriste comme le montre la photo ci-dessus où il est en compagnie d’un dangereux blogueur…

Aujourd’hui le professeur Pham vit à Paris, séparé de sa femme et de sa fille, qui sont restées au Vietnam pour s’occuper des anciens de la famille… alors qu’elles auraient pu le rejoindre. Mais, au Vietnam, on respecte encore les anciens et on se dévoue pour eux, par solidarité naturelle…

Avec la présence d’une centaine d’invités, la soirée de soutien aux victimes de Formosa et… aux prisonniers de conscience tel que le fut Pham Minh Hoàng, n’empêche pas de se sustenter: la convivialité d’un repas partagé ne peut alors qu’être un réconfort.

De véritables délices de la cuisine vietnamienne, dans cette salle communale bien nommée sont au menu surprise de la soirée.

Un des temps forts de la soirée est la projection d’un film sur la tragédie environnementale qu’a subi le Vietnam de la part de la société Formosa Plastics en avril 2016.

” Le drame écologique de FORMOSA Plastics,

une réalité de la répression au Vietnam “

Ce film est dédié notamment à Tran Thi Nga, une blogueuse, qui a été arrêtée le 21 janvier 2017 et condamnée le 25 juillet 2017 à 9 ans de prison, pour propagande contre l’État… et qui est une figure de proue des manifestations anti-Formosa.

A la suite du déversement de déchets toxiques sur les côtes vietnamiennes, plainte collective a été déposée auprès du tribunal d’instance de Taipei par des milliers de victimes, n’ayant aucune confiance dans la justice de leur pays.

D’ailleurs ne serait-ce qu’évoquer l’affaire Formosa vaut à ceux qui le font répression de la part des autorités vietnamiennes au lieu de leur soutien…

Cette plainte à Taipei n’a pas abouti, mais Formosa Plastics s’est engagée à verser 500 millions de dollars de compensation… et le dernier mot de juristes internationaux et d’ONG n’est pas encore dit.

Pham Minh Hoàng et Rolin Wavre

Pham Minh Hoàng et Rolin Wavre

Comme l’explique le professeur Pham, interrogé par Rolin Wavre, le président du Cosunam, si ces millions de dollars ont bien été versés, les victimes n’ont été que très modestement indemnisées.

Quant à elles, les autorités vietnamiennes, bien connues pour leur faible degré de corruption, auront retenu la plus grosse part de la compensation…

En raison de cette catastrophe environnementale, de nombreuses victimes privées de ressources et de moyens d’existence se sont décidées à l’exil et ont été victimes de marchands d’illusions sans scrupules…

Tout récemment, 39 migrants ont été retrouvés morts dans un camion frigorifique près de Londres. Or il apparaît que la plupart d’entre eux étaient originaires de la province Nghe An, une région sinistrée par Formosa.

Les nouveaux membres d'honneurs de Viet Tan

Les nouveaux membres d’honneurs de Viet Tan

Un autre temps fort a été la remise par un représentant de Viet Tan (Parti pour la réforme du Vietnam) de certificats de membres d’honneur décernés à six personnes qui se sont particulièrement illustrées dans la défense des droits humains au Vietnam:

Anne-Marie von Arx, députée PDC au Grand Conseil de Genève

Rolin Wavre, député PLR au Grand Conseil de Genève

Bernard Favre, ancien secrétaire général du PLR genevois

Simon Brandt, député PLR au Grand Conseil de Genève

Sébastien Desfayes, avocat, député suppléant PDC au Grand Conseil de Genève

Jean-Luc von Arx, conseiller municipal PDC de Genève

Étaient présentes également à cette soirée nombre de personnalités, dont les suivantes:

Serge Dal Busco, vice-président du Conseil d’État de la République et Canton de Genève, nous a fait une belle allocution.

Pierre Maudet, membre du Conseil d’État de la République et Canton de Genève, qui s’est exprimé à titre personnel en rappelant le souvenir de l’édification de la stèle des boat-people sur la commune du Grand-Saconnex

Vincent Maitre, Conseiller national

Simone de Montmollin, Conseillère nationale

Jean-Marc Comte, maire et conseiller administratif PDC du Grand-Saconnex

Laurent Jimaja, conseiller administratif Verts du Grand-Saconnex

– Bertrand Favre, conseiller administratif PLR du Grand-Saconnex

 

L'équipe organisatrice de la soirée du CosunamPierre Maudet et ses nombreux fidèles amis de la communauté vietnamienne

 


Les invités de la soirée s’expriment

Simon Brandt, député

” Le 20 novembre 2019, à Genève, j’ai eu l’honneur de recevoir un prix du parti démocratique Viet-Tan, remis par le Comité Suisse-Vietnam (COSUNAM), pour mon engagement en faveur des droits de l’homme dans ce pays. Lequel avait débuté en 2007 quand je dénonçais via la motion 737 les trop nombreux voyages à l’étranger (déjà) des membres du Conseil administratif aux frais du contribuable. A plus forte raison que plusieurs d’entre eux ont eu lieu en République Socialiste du Vietnam dont les violations des droits fondamentaux sont toujours aussi flagrantes 12 ans plus tard. Nous devons nous souvenir chaque jour de la chance que nous avons de vivre en Suisse et défendre cette démocratie que le monde nous envie. A commencer en Ville de Genève.”

 

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Vincent Maitre, Conseiller national, président du PDC genevois

” Comme chaque année, fidèle au poste, très forte délégation PDC ce soir à la soirée de soutien du COSUNAM (Comité Suisse-Vietnam).

Bravo à Anne Marie von Arx-Vernon, Jean-Luc von Arx, Sebastien Desfayes et Rolin Wavre récompensés ce soir pour leur engagement pour la communauté vietnamienne, victime d’un régime totalitaire piétinant les droits humains et libertés fondamentales les plus élémentaires.”

– avec Marie Barbey-Chappuis, Patricia Bidaux, Claude Bocquet-Thonney, Anne Marie von Arx-Vernon, Sebastien Desfayes, Jean-Marc Comte, Serge Dal Busco,  Pierre-Yves Comte

 
 
 


Après 8 ans d’emprisonnement injuste subis avec courage et détermination, Mme Nguyen Dang Minh Mân a été libérée le 2 août 2019

Madame Nguyễn Đặng Minh Mẫn (née le 10 janvier 1985), initialement esthéticienne, milite pour les droits de l’homme au Viêt Nam. Observant les inégalités sociales dans son pays, elle devient journaliste photo et publie des photographies en ligne.
Elle documente les violences policières, la corruption gouvernementale et les manifestations pacifiques. Elle prend part à l’importante manifestation contre la Chine du 5 juin 2011 à Saigon.
Le 31 juillet 2011, Minh Mẫn, sa mère et son frère sont détenus arbitrairement par les autorités vietnamiennes. En janvier 2013, lors d’un procès de deux jours jugeant 14 activistes vietnamiens, Minh Mẫn reçoit une des condamnations les plus strictes, écopant de 8 ans de prison et 5 ans d’assignation à résidence. Elle a été libérée depuis le 2 août 2019 et a retrouvé sa famille après avoir assumé avec courage et détermination son emprisonnement.



 

 

 

 

Anne-Marie von Arx, Natacha Buffet-Desfayes, Patricia Bidaux-Rodriguez, Députées de Genève -Suisse 🇨🇭, ont adressé un message d’admiration et d’encouragement à Nguyen Dang Minh Man, leur consoeur, prisonnière de conscience et femme engagée dans la société civile.

” L’espoir sera toujours plus fort que la peur ”

 

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COSUNAM EXPRESS Juillet 2019


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COSUNAM EXPRESS Avril noir 2019

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Au Geneva Summit 2019 sur les Droits de l’homme et la démocratie

Le Cosunam et ses amis étaient présents au Geneva Summit annuel du 26 mars 2019 .  Nous soutenons activement le combat que mème l’avocat dissident Nguyen Van Dai , membre fondateur du Comité des  Droits de l’homme au Vietnam, président de ” Fraternité pour la démocratie”. Exilé en Allemagne, il est venu pour la 3ème fois à Genève afin de défendre la cause de ses confrères vietnamiens dans l’exercice périlleux de leur métier. Au Vietnam où le pouvoir judiciaire est à la botte du régime communiste, où les verdicts sont décidés avant les procès, défendre la cause d’un prisonnier politique ou de conscience relève d’un chemin de croix.

Qu’en pensent Sébastien Desfayes, membre de l’Ordre des avocats de Genève, et Rolin Wavre, juriste, député au Grand Conseil de Genève !

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Au palais Wilson pour la 125ème session du Haut-Commissariat des Droits de l’Homme / Réalités vietnamiennes et langue de bois

Une nette aggravation de la situation des droits de l’homme au Vietnam depuis 2014

Le constat de Sébastien Desfayes, membre de l’Ordre des avocats de Genève :  “Avec le Cosunam à la 125ème session du Haut-Commissariat des Droits de l’Homme au Palais Wilson pour écouter les interventions très fermes sur les atteintes aux Droits Humains commises par la “République socialiste” du Vietnam”

 

Le comité Suisse-Vietnam Cosunam et le parti de la Réforme Viêt Tân étaient présents aux deux journées des 11-12 mars 2019 de la 125ème session.

Mise au courant de la situation effective au préalable par les rapports alarmants et factuels d’une douzaine de ONG dont le Shadow Report II, la commission ad hoc des Nations-Unies a évalué avec pertinence la situation des droits de l’homme au Vietnam , entre autres «l’incohérence et les contradictions entre les différentes lois nationales», «l’incompatibilité entre la liberté universelle d’expression et l’application des règles vietnamiennes de la sécurité nationale», « la contestation civile publique mais non-violente contre la dictature du PCVN qui est assimilée par les autorités vietnamiennes à une forme de terrorisme contre l’Etat » etc.

Des interpellations auxquelles les délégués vietnamiens ont essayé de répondre en pratiquant à merveille la langue de bois et une rhétorique bien rodée d’apparatchiks.

Tout ce qui n’est pas le Parti est hors la loi

Au cours de la seconde journée de la 125ème session sur les droits de l’homme, de nombreuses informations dans notre Shadow Report II  ont continué à être largement reprises par les experts de la commission ad hoc des Nations-Unies
Un coup de chapeau particulier à deux rapporteurs de la commission , Mme Kran et M. Ben Achnour qui ont extrêmement bien démontré l’omniprésence de l’Etat-Parti communiste dans les instances judiciaires ainsi que les dogmes de « sécurité nationale » et « d’unité sociale » qui permettent de restreindre voire d’étouffer le droit des opposants et des minorités.
Quoique persiste à démontrer d’une manière éhontée la délégation officielle du Vietnam, force est de constater aux yeux de la communauté internationale l’aggravation des actes d’emprisonnement arbitraire , de répression politique et de violence physique dans ce pays d’Asie depuis des années.

Un rideau de fumée

Pour Rolin Wavre,  président du Cosunam, juriste et député genevois, l’examen des réponses du Vietnam aux questions posées par les experts du Comité des Droits de l’Homme à Genève démontre que le gouvernement se contente de produire un intense rideau de fumée, répondant très longuement sur des thèmes secondaires et laissant en suspens les questions centrales : arrestations arbitraires, détention sans jugement, torture et mauvais traitement généralisés, lourdes peines pour délits d’opinion, et surtout, verrouillage complet de l’appareil policier et judiciaire par la Constitution : tout ce qui n’est pas le Parti est hors la loi. Point !

Les experts du Comité ont été remarquables de pugnacité et de clairvoyance. De diplomatie aussi. On attend leur rapport avec impatience.

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COSUNAM EXPRESS Mars 2019

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Les journées vietnamiennes de l’Examen Périodique Universel 2019 des droits de l’homme à Genève

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