Nos dossiers de prisonniers de conscience
Dix ans après la catastrophe Formosa de 2016 : un silence assourdissant !
En avril 2016, le rejet de substances toxiques par Formosa Hà Tĩnh Steel provoque une mortalité massive de poissons sur plus de 250 kilomètres du littoral du Centre du Vietnam. Les provinces de Hà Tĩnh, Nghệ An, Quảng Bình et Quảng Trị sont particulièrement touchées. Des centaines de milliers de personnes dépendant de la pêche, de l’aquaculture ou du tourisme côtier voient leurs moyens de subsistance gravement affectés. Si le régime vietnamien, après de multiples atermoiements et interdictions de manifestations des victimes, doit reconnaitre finalement la responsabilité de Formosa et accepte trop rapidement une compensation de 500 millions de dollars, l’article souligne que cette solution administrative ne règle pas la question fondamentale de la justice. Le versement a été effectué à l’État vietnamien et non directement aux victimes. Selon les organisations de défense des victimes citées dans l’article, des milliers de personnes n’ont jamais été indemnisées ou l’ont été de manière insuffisante. De plus, les dommages environnementaux et sociaux auraient été largement sous-estimés.
L’enjeu dépasse donc la simple pollution industrielle : il s’agit d’un conflit entre une logique de gestion politique d’un régime autoritaire et passablement corrompu et une approche fondée sur les droits humains et une justice indépendante.
Pourquoi quitter encore le Vietnam ? Travailleurs et étudiants d’aujourd’hui.
Un demi-siècle après, à l’heure du 30 avril 2025, où le régime vietnamien proclame sa” nouvelle ère de prospérité et d’indépendance”, voici que surgissent de tristes réalités méconnues du grand public. Massé sur les côtes françaises, dans la région de Calais, savons nous qu’en 2025 , le premier contingent de ces candidats à l’exil est constitué de migrants vietnamiens illégaux qui rêvent de rejoindre les côtes anglaises du Royaume-Uni. Quant aux étudiants inscrits dans des universités à l’étranger, la grande majorité ne rentrent pas au Vietnam.
Catholiques au Vietnam aujourd’hui – une longue histoire de survie et d’adaptation
Aujourd’hui, avec environ 7 millions de fidèles (environ 7 % de la population de plus de 100 millions), le Viêt Nam accueille la cinquième plus grande communauté catholique d’Asie et l’une des plus dynamiques, caractérisée par un grand nombre de vocations sacerdotales et religieuses et des baptêmes annuels (plus de 100 000).
Les relations entre l’Église catholique et l’État vietnamien, historiquement tendues sur les questions de liberté religieuse et de nominations épiscopales, ont connu un dégel progressif au cours des dernières décennies. Depuis décembre 2023 , une phase d’ouverture a effectivement commencé qui reflète la détermination de la communauté catholique et son rôle dans le contexte d’un Viêt Nam en modernisation rapide.
Le Vietnam deviendra t’il un nouveau Singapour dans un proche avenir ?
Il y a quelque chose de fascinant dans l’admiration que portent les dirigeants vietnamiens à Singapour. À chaque visite officielle, à chaque discours sur la « modernisation » et le « développement », la cité-État revient comme un modèle incontournable. Mais tant que Hanoï ne comprendra pas que la force d’un modèle ne réside pas seulement dans les gratte-ciel, mais dans les institutions qui les ont rendus possibles et une stabilité politique qui ne vient pas du contrôle et de la coercition , « suivre l’exemple singapourien » ne sera qu’un slogan de plus.
Diaspora vietnamienne : entre mémoire et nouvelles réalités
Entre mémoire des répressions des années septante, des exactions et fausses promesses d’un régime communiste, des contraintes de l’exil depuis un demi-siècle et du constat de l’évolution rapide au Vietnam, la diaspora vietnamienne se retrouve à un carrefour difficile dans sa recherche pour un meilleur Vietnam.
Message aux zélateurs des affaires au Vietnam
Au Việt Nam, les droits humains restent un concept théorique, rarement appliqué, et encore moins dans le monde des affaires. Malgré des discours officiels exaltant liberté et développement humain, la réalité est marquée par l’exploitation et l’absence de protection pour les travailleurs les plus vulnérables. Les droits humains passeront-ils toujours après les impératifs économiques ? Tant qu’ils ne seront pas perçus par le régime vietnamien comme un atout stratégique pour la durabilité, la réputation et la compétitivité des entreprises, ils resteront un slogan sans effet.
Le Viet Tân publie son manifeste d’une voie pour l’avenir du Vietnam
Le Viet Tan, parti politique d’opposition non- violente, fait un constat sévère sur le Vietnam cinquante ans ( chute de Saigon le 30 avril 1975 ) après la prise du pouvoir par le parti communiste PCVN. Il analyse les causes du retard systémique par rapport à des pays du Sud-Est asiatique comme le Japon, la Corée du Sud, Taïwan qui ont pourtant connu des guerres sanglantes. Le Viet Tan qui regroupe la majorité des activistes exilés jette aussi les bases d’une rénovation possible globale du Vietnam.
Le Vietnam ne respecte pas les droits du travail de l’accord de libre-échange avec l’UE (EVFTA)
La Fédération Internationale des Droits de l’Homme, la Commission vietnamienne des droits de l’homme, la Coalition mondiale des chrétiens et Global Witness ont déposé une plainte en février auprès du ministère du commerce de l’UE. Ces organisations accusent le ViêtNam de ne pas respecter ses obligations en matière de droits des travailleurs, de protection de l’environnement et de droits fonciers, comme le stipule l’accord commercial (EFVTA) de libre-échange avec l’Union Européenne.
Y Quynh Bdap , réfugié HCR, face à une extradition de Thaïlande
Bdap, 32 ans, est un réfugié reconnu par le HCR qui a fui en Thaïlande depuis 2018. Le Vietnam avait jugé Y Quynh Bdap par contumace en janvier 2024, l’accusant d’être le cerveau des attaques armées qui ont eu lieu le 11 juin 2024 dans les hauts plateaux du centre du pays, dans la province de Dak Lak. Accusation que Bdap a toujours farouchement nié et rejeté par la voix de son avocat. Bdap, défenseur des droits des minorités et des religions de l’ethnie Rhade, a cofondé l’organisation non gouvernementale Montagnards Stand Up for Justice (MSFJ) en 2019.
