Réflexions sur la votation du 14 juin 2026 “ Une Suisse à 10 millions d’habitants”.
La campagne en ce moment sur l’initiative de l’UDC pour une Suisse limitée à 10 millions d’habitants me fait penser quelque peu à celle de Schwarzenbach au début des années 70 quand je suis arrivé en Suisse.
À cette époque , l’initiative Schwarzenbach visait explicitement la présence étrangère. Le mot central de la campagne était « Überfremdung » (surpopulation ou emprise étrangère) et les affiches et les discours de l’époque mettaient souvent en scène la défense de l’identité nationale suisse et la protection des traditions et de la culture suisse. Le débat était donc , me semble t’il, essentiellement ethno-culturel et nationaliste.
La comparaison actuelle des deux campagnes un demi-siècle après est intéressante parce qu’elle me semble être un déplacement des slogans plutôt qu’un changement fondamental de doctrine de la part des initiateurs. L’initiative UDC est formulée d’une manière plus policée et plus globale. Elle ne fixe pas nommément un plafond pour les étrangers mais pour la population totale à 10 millions d’habitants .
Les arguments officiel 2026 de l’UDC insistent “lourdement” sur la pénurie de logements , l’augmentation des loyers , la congestion des routes et des trains , la pression sur les hôpitaux, les écoles et les infrastructures. Ces thèmes sont évidemment les préoccupations de tout citoyen lambda.

Dans les deux initiatives, le message sous-jacent est que la Suisse a atteint ou approche une limite de capacité due à l’immigration étrangère. Vrai ou faux ? La question est légitime et mérite effectivement un grand débat.
La grande différence est qu’en 1970 il était politiquement acceptable de dire ouvertement : « Il y a trop d’étrangers. »Aujourd’hui, un tel slogan serait beaucoup plus difficile à utiliser dans l’espace public notamment en Suisse romande. Le discours est donc devenu davantage : « Il y a trop de croissance démographique, Les infrastructures ne suivent plus, l’Union Européenne nous imposent des normes inacceptables en matière d’immigration etc”.

Quel modèle d’immigration étrangère la Suisse peut-elle absorber sans devoir modifier son modèle économique et social , son territoire, sa prospérité et sa sécurité ?
Ceci dit, j’ai toujours été étonné en bien par mes connaissances suisses , dont des membres ou sympathisants de l’UDC ( certains sont devenus des amis) qui ont toujours bien accueilli les membres de la diaspora vietnamienne durant ces dernières décennies.
Finalement , la question difficile pourrait être la suivante : Quel modèle d’immigration étrangère la Suisse peut-elle absorber sans devoir modifier son modèle économique et social , son territoire, sa prospérité et sa sécurité ?
Luy Nguyen Tang
ps : L’initiative Schwarzenbach de 1970 a été finalement rejetée par 54 % des votants contre 46 %. La participation avait atteint un niveau record de 75 %.



