Auteur/autrice : support_swisscenter

  • Il ne faut pas fermer les yeux face à un Etat liberticide

    Il ne faut pas fermer les yeux face à un Etat liberticide

    Le Vietnam est souvent décrit comme un pays magnifique, avec une nourriture succulente et des habitants très gentils. Sa stabilité politique enviable par certains de ses voisins et sa forte croissance économique font de lui une destination privilégiée autant par les touristes que par les entrepreneurs cherchant un pays plus attractif et moins cher que la Chine. Cependant, cette image idyllique masque une réalité beaucoup moins connue : le Vietnam est l’un des pays les plus répressifs au monde en termes de droits fondamentaux. Les détentions arbitraires sont courantes, la censure et le contrôle de l’information sont omniprésents, et la liberté de la presse y est inexistante.

    Une performance bien malheureuse.

    La situation des droits de l’homme est si dramatique que le Vietnam est classé à la 174e place sur 180 pays dans le classement mondial de la liberté de la presse   établi par Reporters sans frontières.Cette 174e place m’a particulièrement marquée alors même que j’avais déjà parfaitement conscience de la situation des droits humains là-bas. Pour souligner l’ampleur du problème, cette « performance » place le Vietnam derrière des pays tels que l’Afghanistan, l’Arabie saoudite ou encore la Syrie, qui sont pourtant, dans l’opinion publique générale, plus reconnus pour leur tyrannie. Même si l’accès à Internet est répandu dans ce pays, le gouvernement a considérablement intensifié la répression numérique ces dernières années. Malheureusement, cette censure et ce harcèlement sont effectués avec la complicité de grandes entreprises technologiques telles que Facebook ou Google, pour n’en nommer que quelques-unes. Cette situation dramatique a incité Amnesty International à publier un rapport dénonçant cette complicité intolérable. La liberté d’opinion n’est pas le seul domaine dans lequel le Vietnam présente de graves problèmes. En effet, on peut citer entre autres assassinats, tortures et autres formes de mauvais traitements, détentions arbitraires, etc. Il serait impossible de tout énumérer ici .

    Cupidité et hypocrisie des entreprises occidentales.

    Alors même qu’il y a une quinzaine d’années,  j’entrevoyais un espoir que le Vietnam se dirige peu à peu vers plus de démocratie, c’est malheureusement l’inverse qui s’est produit. Le pays est aujourd’hui classé 138e sur 167 pays dans le dernier Democracy Index  de l’Economist Intelligence Unit (la division de recherche et d’analyse du magazine éponyme). Il est peu probable que la situation au Vietnam ne s’améliore de sitôt. Le monde est actuellement obnubilé par la rivalité sino-américaine, tandis que la cupidité des entreprises et des populations occidentales les poussent à fermer les yeux sur les actions répréhensibles de la classe dirigeante vietnamienne. Le Vietnam vient d’ailleurs de se faire élire au Conseil des droits de l’homme à l’ONU. Cela ne peut que démontrer l’hypocrisie des instances internationales face à la situation des droits humains dans le pays. Il est donc difficile d’imaginer ce qui pourrait changer la donne dans les années à venir.

    Ne pas fermer les yeux.

    De manière cynique, je pourrais affirmer que le Vietnam part de tellement loin qu’il est relativement facile de s’améliorer. Mais bien que la situation actuelle soit sombre, il ne faut pas perdre espoir que les choses évoluent positivement. Peut-être qu’un jour, les Vietnamiens auront la possibilité de demander plus de droits et de libertés, et nous devrons être là pour les aider. En attendant, il est important de ne pas fermer les yeux sur la situation des droits de l’homme au Vietnam et de continuer à en parler. Chacun d’entre nous doit faire connaître et informer son entourage sur les conditions dans lesquelles vivent les Vietnamiens d’aujourd’hui. Car après tout, le Vietnam restera quoi qu’il arrive un pays magnifique qui mérite un bien meilleur avenir.

    V. Thanh, Vietnamien de la seconde génération en Suisse.

    Sources

    1 )https://rsf.org/fr/pays/vietnam
    2) https://www.amnesty.ch/fr/pays/asie-pacifique/viet-nam/docs/geants-technologie-complices-repression-
    exercee
    3) https://www.amnesty.org/fr/location/asia-and-the-pacific/south-east-asia-and-the-pacific/viet-nam/report-
    viet-nam/
    4) https://www.hrw.org/world-report/2023/country-chapters/vietnam
    5) https://www.eiu.com/n/campaigns/democracy-index-2022/
    6) https://thediplomat.com/2022/10/vietnam-wins-seat-on-un-human-rights-council/

  • Pendant ce temps

    Pendant ce temps

    Bernard Favre / Le 27 février dernier, à Genève, le Vice-premier ministre du Vietnam, Trân Luu Quang, pérorait devant le Conseil des Droits de l’Homme. Un Conseil où le Vietnam siège désormais pour la période 2023-2025. Très remarqué, son discours évoquait la protection des droits humains, la collaboration multilatérale contre le changement climatique et le développement économique équitable.

    Il y a toujours un hic dans les promesses du Vietnam en matière de respect des droits de l’homme .

    Deux semaines plus tôt, au Vietnam, le même Trân Luu Quang approuvait le « plan pour renforcer la mise en œuvre effective de la convention contre la torture ». L’homme serait-il sincère ? L’entrée du Vietnam au Conseil des Droits de l’Homme porterait-elle déjà ses fruits ? On apprenait aussi que plusieurs prisonniers de conscience avait été libérés depuis le début de l’année. Sauf qu’il y a, comme toujours, un hic. D’autres militants pro-démocratie ont, eux, été arrêtés durant la même période. Selon plusieurs témoignages, ils n’auraient pas encore observé les changements promis par le « plan pour la mise en œuvre effective de la convention contre la torture. » Ainsi de M. Huong Ngoc Gia, directeur de l’institut d’études politiques, de droit et du développement. Son crime ? Officiellement, évasion fiscale.

    Un délit à la mode chez les militants des droits humains : cinq membres éminents d’ONG vietnamiennes ont , ces dernières années, été emprisonnés pour le même motif. Nous ignorons tout des problèmes fiscaux de M. Gia. Ce que nous savons en revanche, c’était qu’il avait publiquement milité, après l’assaut policier de Dong Tam, pour la création d’une commission d’enquête indépendante.

    Le 3 janvier, l’activiste Hoang Van Vuong était, elle aussi, arrêtée. Pour « abus de libertés démocratiques ». Le 22 février, Le Minh The subit le même sort, après avoir relayé des articles dénonçant les mauvais traitements subis par sa sœur en prison. Et le 28 mars, Truong Van Dung était condamné à six ans de prison pour avoir donné des interviews et possédé des livres favorables à la démocratie. Cet activiste, qui apportait un soutien aux prisonniers de conscience et à leurs familles, avait déjà été fréquemment harcelé et brutalisé  dans le passé.

    Aussi, le lendemain de l’intervention genevoise du Vice-premier ministre, le Vietnam se dotait de plusieurs règlementations resserrant encore l’étau de la censure sur les médias et les réseaux sociaux, notamment le règlement sur la responsabilité, la nomination et le licenciement et les sanctions disciplinaires contre les chefs d’agence de presse. C’est très simple : chacun d’entre ces chefs dépend directement du ministère de la propagande, se voit licencié à la première incartade et exclu du parti communiste à la seconde. Ce qui l’empêche définitivement de retrouver un emploi. Le 15 février, une autre règlementation était adoptée, renforçant les sanctions dans le domaine de l’expression artistique et de la publicité.

    Que font les grands pontes occidentaux de la liberté d’expression, les Zuckerberg qui chez nous laissent circuler n’importe quel appel à la haine, ces Netflix qui ont la liberté artistique chevillée au portefeuille ? Devinez : ils se soumettent, collaborent étroitement avec les autorités pour bannir tout contenu fragilisant les mensonges officiels.

    Sans liberté de presse, les autres libertés n’ont aucun espoir. Au Vietnam, la liberté de presse n’existe pas. Pendant ce temps, à Genève, où toutes ces libertés semble encore solides, seuls 37% des citoyennes et des citoyens ont participé à l’élection de notre parlement, début avril. Personne ne risque de se faire ennuyer pour “abus des libertés démocratiques”. Et un parti, qui fait campagne pour mettre les policiers à l’abri de la justice même en cas d’abus de pouvoir, obtient 12 sièges. Ce parti obtient plus encore : il est, dans la foulée, intégré dans une alliance électorale avec les deux plus anciens partis du canton. Les affiches contre la « racaille d’Annemasse » ou les « pacsés inféconds » ? Oubliées. Prenons garde. De renoncements en reniements, même Genève pourrait perdre bien plus que sa prospère quiétude.

    Bernard Favre

  • La fête du Têt dans la plus belle tradition de la communauté vietnamienne de Suisse

    La fête du Têt dans la plus belle tradition de la communauté vietnamienne de Suisse

    C’est dans une belle ambiance chaleureuse de la Nouvelle année lunaire du Chat que le Cosunam s’est retrouvé avec quelques 250 invités lors de la soirée préparée le 11 février 2023 à Meinier par notre amie et sympathisante de toujours Mme Thê Hông Tang Lâm.

    Nous rappelant les heureuses années des soirées précédentes du Tet organisées par Lang Viêt et le Cosunam, Mme Thê Hông a réussi à monter un spectacle artistique de grande qualité pendant 3 heures de temps réunissant une imposante danse de la Licorne, des danses émouvantes des enfants, une démonstration puissante d’art martial par la troupe VOVINAM, des danses aux mille couleurs d’autres pays lointains. De nombreux et délicieux stands culinaires étaient bien sûr à la disposition du public.

    Nul doute que les nombreux enfants et petit-enfants présents de la communauté vietnamienne et leurs amis suisses sont repartis les yeux illuminés de plaisir au grand bonheur des parents. Merci à Mme Thê Hông, Madame Communauté comme nous l’appelons affectueusement, d’entretenir ainsi la flamme artistique et festive de la communauté vietnamienne de Genève.

  • Allocution de Sébastien Desfayes au Parlement Européen ( Bruxelles 28 février 2023)

    Allocution de Sébastien Desfayes au Parlement Européen ( Bruxelles 28 février 2023)

    ” Avec la chute du mur de Berlin le 9 octobre 1989, un vent de liberté et d’espoir s’est répandu dans toute l’Europe de l’Est. On pensait que ce vent allait dépasser les frontières européennes pour atteindre d’autres bastions comme Cuba, la Corée du Nord, la République populaire de Chine et, bien sûr, le Viêt Nam. C’est dans ce contexte d’effervescence qu’est né à Genève, le 5 juillet 1990, le Comité Suisse-Vietnam pour la Liberté et la Démocratie.
    Le Cosunam suit de près la situation des droits de l’homme au Vietnam en particulier, et peut s’appuyer sur trois ambassades occidentales, dont l’ambassade de Suisse, pour coordonner des interventions urgentes sur des questions de droits de l’homme.  Sachant aussi que Genève est le deuxième plus grand bureau de l’ONU et le siège du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. La Suisse est désormais membre du Conseil de sécurité de l’ONU, ce qui nous donne plus d’impact pour aborder ces questions.

    Comme vous le savez peut-être, le 11 octobre 2022, le Vietnam a été élu au Conseil des droits de l’homme de l’ONU pour le mandat 2023-2025 par 145 voix sur 193. L’adhésion du Vietnam au Conseil des droits de l’homme, après une intense campagne de propagande et de lobbying pour soutenir son effort électoral, était tout sauf une surprise. En effet, les pires et les plus méprisables des États ont été élus au Conseil des droits de l’homme.

    Cela témoigne de l’hypocrisie des systèmes électoraux, étant donné que la résolution 60/251 de l’Assemblée générale des Nations unies, qui a créé le Conseil des droits de l’homme, invite les États qui votent pour des membres à “tenir compte de la contribution des candidats à la promotion et à la protection des droits de l’homme”. Les membres du Conseil sont tenus de “respecter les normes les plus élevées en matière de promotion et de protection des droits de l’homme” dans leur pays et à l’étranger et de “coopérer pleinement avec le Conseil”.
    Actuellement, des États comme la Libye, le Qatar, le Soudan et Cuba, pour n’en citer que quelques-uns, siègent au Conseil des droits de l’homme.
    Néanmoins, j’ai été – et je suis toujours – choqué par cette élection, car elle contredit un rapport de l’ONU publié il y a quelques années.

    Je me souviens très bien du mois de mars 2019, lorsque le Cosunam, avec son président de l’époque Rolin Wavre et moi-même avons assisté à la 125e session du Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme pour écouter des interventions très dures sur les violations des droits de l’homme commises par la “République socialiste” du Viêt Nam.

    Comment la police vietnamienne intervient de force contre les opposants à la vaccination au plus fort de la pandémie

    Le comité ad hoc de l’ONU, qui avait pris connaissance des rapports alarmants et factuels d’une douzaine d’ONG, dont le ” Shadow Report ” de COSUNAM, a rédigé un rapport pertinent sur la situation des droits de l’homme au Vietnam, notamment “l’incohérence et les contradictions entre les différentes lois nationales”, “l’incompatibilité entre la liberté d’expression universelle et l’application des règles de sécurité nationale vietnamienne”, “la protestation civile publique mais non violente contre la dictature du PCVN qui est assimilée par les autorités vietnamiennes à une forme de terrorisme contre l’État”, etc.

    Les délégués vietnamiens présents n’ont même pas tenté de contester les conclusions de l’ONU et de répondre à ces questions.

    Prenons au mot les déclarations et les promesses du Vietnam en matière de promotion des droits de l’homme pour ces prochaines années.

    Ce n’est que quelques années plus tard que le Vietnam a obtenu un siège au Conseil des droits de l’homme, alors que nous avions constaté, avec toutes les ONG, une nette détérioration de la situation des droits de l’homme au Vietnam. Le fait que le Vietnam ait été élu au Conseil témoigne des problèmes structurels du régime international actuel des droits de l’homme et est un véritable non-sens. 
    Avec leur habituelle langue de bois, les autorités vietnamiennes, par le biais des médias d’Etat, ont annoncé dès la confirmation de l’élection que “ce résultat montre que la participation active du Vietnam aux activités du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, ses engagements et ses efforts vigoureux dans la promotion et la protection des droits de l’homme ont été reconnus et appréciés par la communauté internationale”.

    A l’exemple de la Chine, les forces de sécurité ont tenté une politique “zéro covid” en bloquant l’exode de la population lors de la pandémie de 2020-2022.

    Le Vietnam doit immédiatement s’engager à prendre des mesures concrètes pour améliorer son bilan en matière de droits de l’homme, notamment en libérant les défenseurs des droits de l’homme détenus arbitrairement, en organisant des élections démocratiques, en garantissant les droits fondamentaux et l’accès à une justice indépendante. Nous demandons l’abrogation des articles 109 (Subversion), 117 (Propagande contre l’Etat vietnamien), 118 (Désordre public) et 331 (Abus des libertés démocratiques) du Code pénal vietnamien, qui sont utilisés pour faire taire l’opposition civile.”

    Sébastien Desfayes, avocat et député genevois, président du Cosunam.

  • Conférence au Parlement européen sur les 4 ans de l’EVFTA- Accord de libre-échange avec le Vietnam

    Conférence au Parlement européen sur les 4 ans de l’EVFTA- Accord de libre-échange avec le Vietnam

    Quatre ans après sa signature, le Parlement européen examine les droits de l’homme et l’EVFTA au Vietnam

    Le 28 février 2023, l’eurodéputée Marianne Vind (Danemark) et la militante Helena Huong Nguyen de Support Committee for Vietnam ont organisé une conférence pour discuter de l’état des droits de l’homme deux ans après l’entrée en vigueur de l’ALEV ( Accord de libre-échange  UE avec le Vietnam ) au Parlement européen à Bruxelles, en Belgique. Parmi les participants figuraient des membres du Parlement européen, des membres du groupe consultatif national UE-Vietnam (DAG) de l’EVFTA et de la Confédération européenne des syndicats (CES), ainsi que des membres d’ONG internationales et vietnamiennes de défense des droits de l’homme telles que Reporters sans frontières, le Comité Suisse-Vietnam (COSUNAM), la Société des professionnels vietnamiens en Belgique, Vietnam Worker Defenders, Brotherhood for democracy et le Viet Tan.

    Les conférenciers au Parlement Européen de Bruxelles le 28 février 2023

    L’accord de libre-échange UE-Vietnam (EVFTA), signé le 30 juin 2019, vise à donner au Vietnam un accès commercial à l’Europe tout en renforçant les droits de l’homme, la liberté de réunion et les droits du travail au Vietnam. Les participants ont présenté leur évaluation de l’ALEV et ont cherché à répondre à une question importante : Que se passe-t-il réellement quatre ans après l’entrée en vigueur de l’accord commercial ?

    Depuis lors, Viet Tan et d’autres ONG ont alerté le Parlement européen sur les violations répétées des droits de l’homme et des droits du travail par les autorités vietnamiennes. Pour ratifier l’accord de libre-échange, les autorités vietnamiennes avaient été invitées à libérer tous les prisonniers politiques, à abroger certains articles du Code pénal, à réviser la loi sur la cybersécurité et à autoriser les syndicats indépendants. “Et malheureusement, 4 ans plus tard, ces demandes sont toujours d’actualité. Nous pouvons même dire que ces demandes sont encore plus nécessaires que jamais”, a déclaré Michel Tran Duc de Viet Tan, car la liberté d’expression et la liberté des médias sont de plus en plus menacées par les lois sur la cybersécurité, les sanctions pénales et la censure de personnes.

    La crédibilité de l’UE en matière de défense des droits de l’homme est en jeu.

    Selon Julie Majerczak de Reporters sans frontières, le Viêt Nam est actuellement classé 174e sur 180 pays dans le classement mondial de la liberté de la presse en 2022. Il est le quatrième plus grand geôlier de journalistes au monde. Les journalistes indépendants sont arrêtés et condamnés à plusieurs années de prison et sont maltraités en prison, ce qui a entraîné des décès. Reporters sans frontières appelle les partenaires économiques du Vietnam, à commencer par l’Union européenne, à faire pression sur les autorités : “L’UE ne peut continuer à faire des affaires avec un tel régime tant qu’il n’y aura pas de changement en faveur des droits de l’homme. La crédibilité de l’UE en matière de défense des droits de l’homme est en jeu”.

    Depuis l’accord de libre-échange, aucun syndicat indépendant n’a été créé car la grande majorité des travailleurs n’ont pas une connaissance élémentaire de leurs droits sur leur lieu de travail, tandis que le gouvernement vietnamien utilise des procédures antisyndicales avec son code du travail.

    Huy Nguyen de Vietnam Worker Defenders une organisation de la société civile axée sur le bien-être des travailleurs au Viêt Nam, déclare : “Au lieu de donner aux organisations de la société civile du temps et de l’espace pour coopérer et dialoguer, le Vietnam utilise le cadre du Groupe consultatif national comme un mécanisme de corruption pour atteindre ses propres objectifs”. 

    Helena Huong Nguyen, Sébastien Desfayes et Michel Tran-Duc

    Outre l’accès facilité au commerce international, le Vietnam a été élu le 11 octobre 2022 au Conseil des droits de l’homme des Nations unies pour la période 2023-2025. Pourtant, depuis des années, les autorités vietnamiennes ne font pas preuve d’engagement et d’efforts dans la promotion et la protection des droits de l’homme. Sébastien Desfayes, président de COSUNAM , avocat et membre du Parlement de l’État de Genève, exhorte le Vietnam à prendre des mesures concrètes pour améliorer son bilan en matière de droits de l’homme, notamment en libérant les défenseurs des droits de l’homme détenus arbitrairement, en organisant des élections démocratiques, en garantissant les droits fondamentaux et l’accès à une justice indépendante.

    L’accord commercial doit être utilisé comme un levier, selon l’eurodéputée Saskia Bricmont (Verts/ALE, Belgique). “Les droits de l’homme dans l’EVFTA sont un élément important et le Vietnam les viole”, a t-elle déclaré, en s’appuyant sur les rapports européens sur le terrain.

    A ce jour, le commerce à grande échelle et les échanges économiques avec un pays dictatorial n’ont pas été des facteurs de promotion des droits de l’homme et de la démocratie. La Chine de Xi Jiping et la Russie de Poutine en sont les exemples flagrants voire tragiques.

  • Sébastien Desfayes, président du Comité Suisse Vietnam Cosunam

    Sébastien Desfayes, président du Comité Suisse Vietnam Cosunam

    Un homme politique de conviction, un député genevois super actif, un humaniste engagé pour les droits de l’homme au Vietnam.

    Président du Comité Suisse- Vietnam Cosunam depuis 2020 suite à la disparition tragique de Rolin Wavre, Sébastien Desfayes fait partie des amis suisses que la communauté vietnamienne exilée de Suisse a la grande chance de connaitre.  Fils du journaliste Jean-Bernard Desfayes (correspondant à Saigon dans les années septante), il connait parfaitement la situation du Vietnam à ce jour. A Genève, Sébastien est présent aux rendez-vous et aux manifestations de la communauté vietnamienne en particulier en faveur du respect des droits de l’homme.

    Au Geneva Summit 2022  en faveur des droits de l’homme

    En tant que député genevois et Chef du groupe politique Le Centre (ancien PDC), Sébastien Desfayes met ses compétences au service de la population pour un développement harmonieux et durable. Il déclare ” Le Centre est le parti faisant la synthèse entre une économie forte, favorisant la prospérité au bénéfice de l’ensemble de la population et un état social responsable, ne laissant personne au bord de la route”.

    Un discours qui ne laissera pas insensible les électeurs genevois d’origine vietnamienne et leurs amis suisses dont les pensées se tournent vers le Vietnam, pays qui connait un fort développement économique mais qui reste à ce jour liberticide et sans pitié pour les opposants de la société civile et leurs familles.

    Merci Sébastien, merci à tous nos Amis suisses, de votre engagement pour Genève et votre lutte pour un meilleur Vietnam. Excellente continuation.

    Luy Nguyen Tang, secrétaire général

     

     

     

     

     

     

  • ” La Chine + Un”

    ” La Chine + Un”

    L’année 2022 laissera un goût amer aux défenseurs d’un Vietnam libre : sans vouloir être exhaustif, les activistes des droits humains sont emprisonnés, la corruption gangrène le pays, les règles élémentaires d’un état de droit sont bafouées et la République Socialiste du Vietnam est élue au Conseil des droits de l’Hommes de l’ONU ( voir nos précédentes Newsletter ).

    Mais, quarante-sept ans après l’entrée des troupes communistes à Saigon et trente-trois ans après la chute du mur, le régime des apparatchiks d’Hanoï, tout sclérosé qu’il est, apparaît plus acceptable que jamais. Plusieurs raisons peuvent expliquer la toute-puissance du parti unique, mais la plus importante tient très certainement au rôle tenu par le Vietnam dans une économie mondiale pour laquelle le respect des droits humains est une question futile.

    Au début des années 2010, des économistes anglo-américains développaient la théorie dite de « la Chine + Un » : en substance, les années 1995-2010 avaient été marquées par des investissements colossaux des entreprises occidentales en Chine pour produire des biens, mais aussi pour pénétrer un marché dont l’essor semblait infini. La Chine était ainsi devenue la deuxième économie du monde. Mais à mesure que l’économie chinoise grandissait, certains de ses avantages, si attrayants pour les entreprises occidentales préoccupés exclusivement par le profit, s’estompaient. Les salaires augmentaient, la main d’œuvre disponible se faisait plus rare, les incitations fiscales les plus attractives étaient supprimées, etc. Bref, il fallait trouver une alternative à la Chine quand bien même, à cette époque, les relations entre cette dernière, d’une part, et les Etats-Unis et l’Europe, d’autre part, restaient relativement « cordiales ».

    Pour les multinationales occidentales, il apparaissait, dès 2010 déjà, judicieux de se diversifier en ouvrant des sites de production dans d’autres pays d’Asie, notamment au Vietnam, en Indonésie, ou au Myanmar en se bouchant naturellement le nez. Cette stratégie de « la Chine + Un » présentait plusieurs avantages pour les multinationales : les coûts de production diminuaient au regard des salaires misérables offerts dans la plupart des pays du Sud-Est asiatiques ; les risques de fluctuations monétaires et des risques tarifaires étaient « diversifiés » et le déplacement vers un ou plusieurs autres pays ouvraient de nouveaux marchés…

    Cette stratégie de la “Chine + Un” a connu une accélération foudroyante au cours des dernières années, en raison des problèmes commerciaux et politiques croissants entre la Chine et les États-Unis. Jugé plus sûr que le Myanmar et l’Indonésie, moins cher que la Thaïlande et profitant de sa proximité géographiques avec la Chine, le Vietnam a très largement profité de cette tendance.  La part de la Chine dans les importations américaines de vêtements a diminué régulièrement, passant de 40 % à 33 %, tandis que la part du Vietnam a plus que doublé. Les Etats-Unis et l’Union Européenne ont passé des accords commerciaux avec le Vietnam ; la Suisse s’apprête à le faire ; les dignitaires vietnamiens sont accueillis avec intérêt par les milieux politiques et économiques suisses ; des transactions commerciales importantes sont passées sans états d’âme. En un mot, ce n’est pas le moment de s’embarrasser de considérations « Droit de l’Hommistes », l’Occident a un nouveau partenaire dont il ne peut pas se passer en ce moment.

    Sébastien Desfayes, président du Comité Suisse Vietnam COSUNAM / Décembre 2022
     

     

  • Une soirée de soutien aux prisonniers de conscience et leurs familles

    Une soirée de soutien aux prisonniers de conscience et leurs familles

    Jean-Marc Comte / Vice-président du Cosunam

    Cher Monsieur Ho Duc Hoa, vous qui venez d’être libéré par le gouvernement vietnamien le 1er mai dernier, vous qui êtes réfugié et soigné aux Etats-Unis, vous qui nous avez adressé par vidéo des remerciements et des mots d’espoirs pour vos concitoyens, militants pour la démocratie et encore emprisonnés au Vietnam,

    Chère Madame Nguyen Thuy Hanh, vous qui avez créé le fond d’aide aux prisonniers politiques et à leur famille, vous qui payez de votre santé et de votre liberté votre dévouement complet à soutenir les victimes de ces injustices,

    Chère famille Trinh Ba, Tu, Phuong et Thêu, vous qui êtes emprisonnés arbitrairement pour avoir alertés le peuple vietnamien de ce qui se passait à Dông Tâm, vous dont on ne sait pas comment vous vous portez, dont on ne sait pas quels traitements vous subissez et encore moins si vous êtes défendus dans vos droits les plus élémentaires,

    Chers fils de M. Lê Dinh Kinh, décédé lors du drame de Dông Tâm, vous qui êtes emprisonnés parce que vous et votre famille n’aviez que l’idée de défendre vos pourtant modestes terres et votre village,

    Vous tous, Lê Dinh Luong, Tran Huynh Duy-Thuc, Châu Van Kham, Dinh Thi Thu Thuy, Nguyen Nang Tinh, Pham Chi Dung et tant d’autres moins connus, 250, 300, ou bien plus ? Incarcérés dans des conditions indignes, indécentes, souvent inhumaines, parce que vous avez demandé la liberté de religion, de pensée et d’opinion…

    Alors oui, pour vous tous, ce sont M. Vincent Maître, Conseiller national, Madame Nathalie Fontanet et M. Serge Dal Busco, Conseillers d’État, Madame la Maire de la Ville du Grand-Saconnex, Sandra Portier, avec ses deux collègues du Conseil administratif, d’innombrables députés au Grand-Conseil du canton de Genève, d’anciens Conseillers d’État, d’anciens Conseillers administratifs et maires, d’anciens députés et surtout plus de cent convives qui sont venus vous rendre hommage !
    Venus vous dire qu’ils vous admirent dans votre abnégation et votre courage et qu’année après année ils vous accordent un soutien inconditionnel.

    Ainsi, le témoignage de l’ancien prisonnier M. Ho Duc Hoa lors de cette soirée est l’histoire de deux destins qui se croisent en 2010 à Hanoï. C’est celui de deux hommes qui ont fait le choix de se consacrer à la défense et au respect des droits fondamentaux au Vietnam : Rolin Wavre et Ho Duc Hoa.

    Cependant la liberté de vivre et d’agir selon ses convictions ainsi que le prix à payer ne sont pas les mêmes que l’on travaille sous l’égide de la Croix-Rouge ou du Cosunam dans un pays démocratique comme la Suisse ou sous un régime dictatorial comme le Vietnam actuel. Pour Ho duc Hoa , ce fut 11 ans de privation de liberté dans des conditions extrêmement dures.

    Finalement , c’est grâce aux actions répétées en faveur de sa libération du Cosunam, des autorités suisses et de la communauté internationale que Ho Duc Hoa été libéré et expulsé aux États-Unis cette année. Son témoignage est bouleversant et incite chacun d’entre nous à poursuivre l’action de Rolin Wavre en faveur de la libération de tous les détenus de conscience au Vietnam ( cliquez sur le portrait de Ho Duc Hoa pour la video de son message).

    Cette soirée du soutien du 23 novembre 2022 , la 6ème édition, qui entretient une belle flamme d’espoir vous est dédiée . Elle était merveilleuse, chaleureuse, délicieuse aussi, avec l’immense plaisir de la partager avec des représentants de votre communauté vietnamienne de Genève et de Lausanne, de Mme Helena Huong Nguyen du Danemark, de M. Nguyen The Bao d’Allemagne et de M. Nguyen Ngoc Bao de France.

    Jean-Marc Comte
    Vice-président du Cosunam

    Mercredi 23 novembre 2022, au Grand-Saconnex, à Genève

     

  • Cent signatures réunies pour Trinh Ba Tu, Phuong et Thêu

    Cent signatures réunies pour Trinh Ba Tu, Phuong et Thêu

    Les situations de la famille de M. Lê Dinh Kinh , Mme Nguyen Thuy Hanh , de la famille Trinh sont toutes liées entre elle par la tragédie de Dông Tâm, ce village que le gouvernement a « exproprié » (le terme est inapproprié dans un pays où la propriété privée n’existe pas, mais cela signifie que les villageois se voient privés du droit d’exploiter les terres) de terres pour les consacrer à un projet d’aéroport militaire. Les événements sont parfaitement relatés dans cet article de Mediapart (https://blogs.mediapart.fr/dominique-foulon-1951/blog/020920/ouverture-le-7-septembre-2020-du-proces-des-29-inculpes-de-dong-tam).
     

    Le 5 mai 2021, Trinh Ba Tu et Can Thi Theu ont été condamnés à huit ans d’emprisonnement.  Trinh Ba Phuong a été condamné à dix ans d’emprisonnement et cinq ans de probation le 15 décembre 2021 par un tribunal populaire de Hanoi.  Pendant l’enquête, il a été soumis à des actes de torture et à des mauvais traitements, et a été interné dans un hôpital psychiatrique pendant un mois en mars 2021.

    Durant ces dernières années, les proches des 3 prisonniers ont été soumis à des actes répétés de harcèlement et d’arrestation par la police et ont été empêchés d’assister aux procès.

     

    En signant la présente pétition, et à l’heure où le Vietnam est entré au Conseil des Droits de l’homme pour la période 2023-2025,  nous demandons instamment aux autorités vietnamiennes de protéger et de respecter le droit de Trinh Ba Tu, Can Thi Theu et Trinh Ba Phuong de ne pas être soumis à la torture et à d’autres mauvais traitements et de mener une enquête immédiate, approfondie et impartiale sur les allégations susmentionnées.  Nous dénonçons  également leur maintien en détention arbitraire et vous appelons à les libérer immédiatement.

    Genève / Le Bureau du Comité COSUNAM – (1) Sébastien Desfayes, député au Grand-Conseil genevois, président / (2) Jean-Marc Comte, ancien maire du Grand- Saconnex GE , vice-président / (3) Luy Nguyen Tang , secrétaire général /(4) Bernard Favre, trésorier.

    Ont également signé au 20 décembre 2022 :  (5) Jean-Luc von Arx, conseiller municipal GE / (6)Khai Nguyen Dang / (7) Natacha Buffet-Desfayes, députée au Grand-Conseil genevois / (8)Pascale Berry-Wavre / (9)Vinh Thanh Lê Van / (10) Marcel Monney, ancien maire du Grand-Saconnex GE / (11)Dao Kim-Phuong / (12)Jean-Marc Guinchard, député et ancien président du Grand-Conseil genevois.

    (13) Trân Xuân Son / (14) Michel Rossetti, ancien maire de Genève / (15) Dang Xuong Hung, ancien consul du Vietnam à Genève / (16) Vincent  Maitre,  conseiller national suisse / (17) Xuan-Hoa Nguyen Tang / (18) Alexandre de Senarclens, député au Grand-Conseil genevois / (19) Chi Lan Nguyen /(20) Claude Bocquet-Thonney, députée au Grand-Conseil genevois / (21) Ran Lê Van.

    (22) Patricia Bidaux, députée au Grand-Conseil genevois / (23)  Tang Thê-Hông /

    (24 ) Joelle Fiss, députée au Grand-Conseil genevois /(25) Dung Nguyen Tuân /(26) Elizabeth Böhler-Goodship, ancienne Maire du Grand-Saconnex GE / (27) Khuê Nguyen / (28) Laurent Jimaja, conseiller administratif du Grand-Saconnex / (29) My Dao Duc / (30 ) Pierre Maudet, ancien maire de Genève .

    (31) Hông-Vân Lê Van / (32) Michel Gönczy / (33) Xuân-Nhi Nguyen Tang / (34) Julianne Wavre / (35) Francine Mamin- Tissot, conseillère municipale du Grand- Saconnex / (36) Xuân-Thuong Fry /( 37) Inès Wavre/ (38) Alessia Cavalieri, conseillère municipale du Grand- Saconnex / (39) Anne Comte /  (40) Françoise Krill, avocate / (41) Philippe Souaille, journaliste /(42) Valentino Cavalieri, vice-président Le Centre du Grand-Saconnex / (43) Cung Nguyen Van /(44) Sébastien Leprat .

    (45) Murat Julian Alder, député au Grand-Conseil genevois / (46) Vincent Latapie, avocat / (47) Pierre Conne, député au Grand-Conseil genevois/(48) Sandra Portier, conseillère administrative et Maire du Grand-Saconnex / (49) Alain de Kalbermatten, conseiller municipal GE / (50), Yaël Hayat, avocate .

    (51) Cyril Aellen, député au Grand-Conseil genevois (52) Patrick Malek-Asghar, député au Grand-Conseil genevois / (53)  Michel Pomatto, conseiller administratif du Grand-Saconnex  / (54) Jean-François Duchosal  / (55) Marie-José Duchosal.

    (56) Luc Zimmermann, conseiller municipal GE / (57) Alia Chaker Mangeat, conseillère municipale GE / (58) Vincent Gillet, secrétaire général Le Centre/ (59) Anne Carron, conseillère municipale GE /(60) Xavier Magnin, député au Grand-Conseil genevois / (61) Christiane Meissner, députée au Grand-Conseil genevois  / (62) Olga Navarro, Ingénieure / (63) Caroline Dang /(64) André Keiser .

    (65) Véronique Keiser / (66) Esther Hoffmann / (67) Eliane Rossler/ (68) Elisabeth Monnerat, juriste / (69) Lisa Pham / (70) Fabiola Cavalieri /

    (71)Pierre Nicollier / (72) Kim-Thoa Dao / (73) Renée Zbinden Mocellin / (74) Bernard Mocellin /  (75 ) Phuong Hoang / (76) Kinh Thanh Trân / (77) Helena Huong Nguyen / (78) Ngoc Bao Nguyen/ (79) Viviane Cagneux / (80) Cedric Bugnon / (81) Daniel Rossier / (82) Hilda Djilani / 83) Thê Bao Nguyen / (84)  Hoang Uyên Nguyen /( 85) Hoang Linh Nguyen Dang / (86 ) Hoang Tho Nguyen Dang / (87)  Delphine Bachmann, députée au Grand-Conseil genevois /

    (88) Alexandre Grünig / (89) Anastassia Grünig / (90)  Rita Grünig / (91) Huong Vi Nguyen /(92)  Tuyêt Vân Lê Thi

    (93) Sandra Golay / (94) Ngoc Dung T. Tran /(95 ) Son Phan Thanh /(96) Sanh Su Nguyen / (97) Catherine Maudet-Sommer  / (98) Thanh Thuy Bui Nguyen/ (99) / Giuseppa Bozzi / (100) Ngoc Dung Tran Thi / (101 )  Thanh Tâm Tôn Nu/ (102)/ Tuyêt Nguyen Thi .

    ———————————-

    Cet appel a été envoyé aux destinataires suivants :

    * M. Pham Minh Chinh, Premier Ministre du Vietnam ; Email : thongtinchinhphu@chinhphu.vn

    * M. Bui Thanh Son, Ministre des Affaires étrangères du Vietnam ; Email : ttll.mfa@mofa.gov.vn / banbientap@mofa.gov.vn,

    * Mme Pham Thi Thanh Tra, ministre de l’Intérieur du Vietnam, courriel : lanhdaobo@moha.gov.vn.

    * M. Le Thanh Long, Ministre de la Justice du Vietnam ; Email : longlt@moj.gov.vn / botuphap@moj.gov.vn

    * M. Tran Van Son, Ministre, Bureau du Gouvernement (OOG), Email : vpcp@chinhphu.vn

    * S.E. Mme Le Thi Tuyet Mai, Ambassadrice, Mission Permanente du Vietnam auprès des Nations Unies à Genève, Suisse ;

    Email : geneva@mofa.gov.vn

     
  • Vietnam et Chine, même combat contre les droits de l’homme.

    Vietnam et Chine, même combat contre les droits de l’homme.

    Le 11 octobre 2022, le Vietnam a été élu pour le mandat 2023-2025 par 145 voix pour sur 193, lors de la 77e session de l’Assemblée générale de l’ONU à New Yok.

    Il est vrai que depuis bien longtemps – peut-être d’ailleurs depuis sa création en 2006 – le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies ne trompe personne.

    La résolution 60/251 de l’Assemblée générale des Nations unies, qui a créé le Conseil des droits de l’homme, exhorte les États votant pour des membres à “tenir compte de la contribution des candidats à la promotion et à la protection des droits de l’homme”. Les membres du Conseil sont tenus de “respecter les normes les plus élevées en matière de promotion et de protection des droits de l’homme” dans leur pays et à l’étranger et de “coopérer pleinement avec le Conseil.”

    Il n’en est cependant rien dans les faits.

    En matière de droits de l’homme, la langue de bois des apparatchiks d’Hanoi a encore de beaux jours devant elle.

    Loin de regrouper des pays exemplaires dans la promotion des droit de l’homme, il tend à être une amicale des pays se faisant fort de présenter le bilan humanitaire le plus désastreux possible.

    L’Arabie saoudite, la Chine et bien d’autres pays dont Cuba et le Qatar se servent de leurs positions acquises au Conseil des droits de l’homme pour mieux s’exonérer de leurs responsabilités et saper l’influence des vrais militants et activistes auprès des Nations Unies.

    Nguyen Phu Trong et Xi Jiping, Vietnam et Chine, même combat pour une vision tronquée des droits de l’homme

    C’est donc dire qu’au regard de l’histoire récente du Conseil des droits de l’homme, de sa composition actuelle et de sa réputation auprès notamment des ONG, le Vietnam est parfaitement à sa place.

    La langue de bois des apparatchiks d’Hanoi a encore de beaux jours devant elle, puisque les autorités vietnamiennes, via les médias d’état, annonçaient sitôt l’élection confirmée que « ce résultat montre que la participation active du Vietnam aux activités du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, les engagements et les efforts vigoureux du Vietnam dans la promotion et la protection des droits de l’homme ont été reconnus et appréciés par la communauté internationale. ».

    La réalité est bien entendu fort différente.

    En revanche, cette élection, en nette chute néanmoins  par rapport à celle pour le mandat 2014-2015 (184 voix sur 192), démontre que le Vietnam dispose encore d’un solide réseau d’amitiés ou plutôt d’affidés. Le copinage règnera en maître au Conseil des droit de l’homme et le parti unique peut garder le cap : personne ne viendra lui chercher des noises malgré sa brutalité.

    Quand bien même l’accession  du Vietnam au Conseil constitue tout sauf une surprise, il s’agit donc d’une mauvaise nouvelle pour les amis de la liberté et de la démocratie.

    Sébastien Desfayes / Président du Comité Suisse-Vietnam COSUNAM .

    N.d.l.r : La crédibilité du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies  a été de nouveau remis en cause dernièrement par son refus sous pression dominante de la Chine de tenir un débat sur un récent rapport du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme sur les abus commis dans la région du Xinjiang en Chine. Ce rapport avait conclu que l’étendue de ces violations « peut constituer des crimes internationaux, en particulier des crimes contre l’humanité », nécessitant « une attention urgente de la part des organes intergouvernementaux des Nations Unies et du système des droits de l’homme. »

    https://www.hrw.org/fr/news/2022/10/05/le-conseil-des-droits-de-lhomme-de-lonu-devrait-debattre-du-rapport-sur-le-xinjiang

  • Le Vietnam au Conseil des Droits de l’Homme ONU en 2023

    Le Vietnam au Conseil des Droits de l’Homme ONU en 2023

    Les engagements du Viet Nam pour sa candidature au Conseil des droits de l’homme pour la période 2023-2025 .

    Genève 4 août 2022 / La Mission permanente de la République socialiste du Viet Nam auprès de l’Organisation des Nations Unies a l’honneur de se référer à la candidature de la République socialiste du Viet Nam à l’élection au Conseil des droits de l’homme pour le mandat 2023-2025 qui aura lieu le 11 octobre 2022 au cours de la soixante-dix-septième session de l’Assemblée générale.

    Conformément à la résolution 60/251 de l’Assemblée générale, la Mission permanente a l’honneur de transmettre ci-joint ” les promesses et engagements volontaires”  du Gouvernement de la République socialiste du Viet Nam, qui réaffirme son attachement à la promotion et à la protection des droits de l’homme (voir annexe).

    (*) La rédaction du Cosunam a pris l’initiative de parsemer le texte de la Mission permanente du Vietnam d’images et de commentaires en rouge pour souligner le caractère inexact voire mensonger des propos  tenus. Tout comme la Chine, le régime dictatorial vietnamien n’hésite pas à s’introduire dans les milieux onusiens pour promouvoir sa propre vision des libertés humaines et des droits de l’homme. Le passé et le présent démontrent clairement que son bilan en la matière est plus que déplorable. Toutefois, il s’agira plus que jamais de prendre ce régime au mot quant à leurs promesses de respect et d’amélioration dans les temps qui viennent.Le lecteur jugera de lui-même à la fin de cet article en parcourant le rapport 2021 d’Amnesty international et celui du Viêt Tân, parti d’opposition pacifique.

    Les engagements du Viet Nam pour sa candidature au Conseil des droits de l’homme pour la période 2023-2025.

    I. Introduction

    1. Le Gouvernement vietnamien présente sa candidature au Conseil des droits de l’homme pour le mandat 2023-2025, aspirant à apporter des contributions actives, responsables et efficaces aux efforts mondiaux de promotion et de protection des droits de l’homme(…).

    Appréciation par le Viet Nam des valeurs des droits de l’homme.

    2. Le Viet Nam croit en l’universalité des droits de l’homme en tant qu’aspiration commune et valeur partagée de l’humanité, essentiellement consacrée par les déclarations des Nations unies et les traités internationaux dans ce domaine.

    3. Le Viet Nam encourage le dialogue et la coopération entre les pays et toutes les parties prenantes concernées, notamment dans le cadre des mécanismes des Nations unies relatifs aux droits de l’homme, afin d’améliorer la qualité de vie de chacun dans le monde.

    4. Le Viet Nam estime également que la promotion et la protection des droits de l’homme doivent être entreprises de manière globale dans tous les aspects civils, politiques, économiques, sociaux, culturels et de développement, et conformément aux normes internationales communément reconnues et aux cadres juridiques de chaque nation.

    Points forts des réalisations en matière de droits de l’homme au Viet Nam

    5. Tout au long de son histoire millénaire de construction et de défense de la nation, le peuple vietnamien s’est battu avec acharnement et a fait d’innombrables sacrifices pour défendre ses propres droits de l’homme inaliénables et ses libertés fondamentales. Le développement du Viêt Nam, en particulier depuis les réformes du Doi Moi, a toujours été axé sur le peuple et dirigé par lui. Notre vision, nos politiques et nos actions centrées sur le peuple visent toutes à atteindre l’objectif d’un “peuple prospère, d’une nation forte et d’une société égalitaire, démocratique et civilisée” où les besoins légitimes du peuple seraient mieux satisfaits.

    6. La Constitution vietnamienne de 2013 consacre un chapitre entier de 36 articles à la stipulation expresse des droits de l’homme et des droits et obligations fondamentaux des citoyens. Depuis lors, le Viet Nam a promulgué, modifié et complété plus de 100 lois et ordonnances relatives aux droits de l’homme et aux droits des citoyens, notamment, le Code pénal de 2015, le Code civil de 2015, la loi sur le référendum de 2015, la loi sur les enfants de 2016, la loi sur l’aide juridique de 2017, la loi sur la cybersécurité de 2018 et le Code du travail de 2019.

     

    Quelques 250 prisonniers politiques et de conscience croupissent dans les geôles du régime

    victimes des lois susmentionnées et du code pénal du Vietnam.

    7. Le Viet Nam a mis en œuvre des mesures concertées, en donnant la priorité aux ressources destinées au développement socio-économique et à l’élévation du niveau de vie de la population. Les réalisations dans ce domaine et l’intégration internationale renforcée du pays ont créé des conditions favorables et des ressources suffisantes pour mieux garantir les droits de l’homme et les libertés fondamentales. Le peuple vietnamien jouit effectivement de ses droits et libertés mieux que jamais auparavant.

    8. Le Viet Nam a atteint la plupart des objectifs pour le développement et met activement en œuvre les objectifs de développement durable. De 2010 à 2020, le Viêt Nam a enregistré un taux de croissance annuel moyen du produit intérieur brut (PIB) de 6 pour cent. Au cours de la même période, le revenu par habitant a été doublé 1, le taux de ménages pauvres a diminué de 14,2 % à 3,0 % et la couverture de l’assurance maladie est passée de 60,9 % à 90,7 %.

    9. Les soins de santé préventifs, du niveau national au niveau local, continuent d’être renforcés et se sont avérés efficaces pour garantir le droit à la santé de la population, notamment dans la lutte contre la pandémie de coronavirus (COVID-19).

    Le prétendu kit test national VIET A contre le Covid s’est avéré, après coup, être un vulgaire produit importé de Chine, non fiable et non reconnu par l’OMS, et qui a été commercialisé voire imposé à grande échelle à la population grâce à une corruption généralisé au plus haut niveau du pouvoir.
     
    10. Le gouvernement continue d’allouer 20 % du budget global de l’État à l’éducation, permettant ainsi l’universalisation à l’échelle nationale de l’enseignement maternel et élémentaire.

    11. Tous les droits civils et politiques sont mieux garantis. Plus de 900 agences de presse enregistrées sont actives au Viêt Nam. Plus de 70 % de la population ont un accès quotidien à Internet et, parmi eux, 95 % utilisent les médias sociaux à des fins éducatives et professionnelles. La population participe et apporte sa contribution à la rédaction de documents juridiques ou de politiques, notamment en utilisant des outils en ligne.

    Les laissés pour compte de la société lors de la crise du Coronavirus pour échapper aux mesures de quarantaire forcée et désordonnée du régime

    12. Au total, 70 000 associations actives au Viet Nam représentent les jeunes, les femmes, les travailleurs, les agriculteurs, les personnes âgées et les personnes handicapées ou sont des organisations scientifiques, professionnelles ou commerciales, des organisations caritatives et d’autres organisations non gouvernementales. Opérant dans un environnement propice, ces associations apportent des contributions significatives à tous les aspects de la vie sociale au Viêt Nam et participent de manière constructive à l’élaboration des lois et des politiques.

    13. Au Viet Nam, de multiples religions et croyances coexistent en harmonie et apportent ensemble des contributions significatives au développement du pays. Plus de 95 % de la population vietnamienne professe une croyance ou une religion particulière et plus de 26 millions de personnes sont des adeptes de la religion (près de 27 % de la population).

    14. Réagissant rapidement à la pandémie de COVID-19, le Viet Nam a adopté une approche gouvernementale et des mesures coordonnées et efficaces pour promouvoir et protéger les droits de l’homme, en ne laissant personne de côté. Parmi ces mesures, la plus haute priorité est accordée à la garantie du droit à la santé des personnes et de leur droit ultime à la vie.

    Le drame tragique de Dông Tâm et le meurtre de son chef de village Lê Dinh Kinh rappellent la brutalité du régime dictatorial vietnamien lors des expropriations

    15. Dans le même temps, le Viet Nam a pris des mesures pour minimiser les impacts économiques et sociaux négatifs de la pandémie, pour maintenir et rétablir la production et les activités commerciales et pour assurer l’emploi, la sécurité sociale et les conditions de vie de la population, en particulier des groupes vulnérables. Des mesures de sécurité sociale d’une valeur d’environ 2,2 milliards de dollars ont été prises pour aider plus de 20 millions de personnes à conserver leurs moyens de subsistance (…).

    Lors de la crise du Covid-19 en 2021-2022, les populations confinées sans soins, sans travail et sans approvisionnement fuient les grandes villes malgré les barrages militaires

    16. En 2020, le Viet Nam a effectué plus de 350 vols internationaux pour ramener chez eux les expatriés vietnamiens ayant besoin d’être rapatriés pour se protéger de la pandémie, en particulier les groupes vulnérables tels que les personnes âgées, les enfants et les femmes.

    17. Grâce à ces mesures, le Viet Nam a réussi jusqu’à présent à contrôler la propagation de la pandémie de COVID-19, entrant dans un statut de “nouvelle normalité” tout en réalisant rapidement une reprise économique. Parmi les quelques économies bénéficiant du taux de croissance le plus élevé au monde en 2020, le Viet Nam a atteint un taux de croissance de 2,91 % (…)

    Liberté d’expression et de manifestation au Vietnam selon Hanoi ?

    18. Le Viet Nam attache une grande importance à l’adhésion aux traités internationaux et à leur application dans la protection et la promotion des droits de l’homme dans le pays.

    19. Le Viet Nam est actuellement signataire de sept des neuf principaux traités internationaux relatifs aux droits de l’homme3 et à 25 conventions de l’Organisation internationale du Travail (OIT)4 . Une feuille de route a été établie en vue de la ratification future de la Convention no 87 de l’OIT sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical, 1948.

    20. Le Viet Nam respecte les obligations qui lui incombent en vertu des traités internationaux relatifs aux droits de l’homme , notamment celle de rendre compte de leur application dans le pays.

    Engagement du Viet Nam dans les efforts internationaux en faveur des droits de l’homme
    21. Appréciant les valeurs universelles des droits de l’homme, le Viet Nam participe activement à la coopération bilatérale, régionale et mondiale dans ce domaine, conformément à sa politique étrangère indépendante et autonome en faveur de la paix, de la coopération et du développement, et s’engage dans la multilatéralisme et la diversification des relations extérieures, ainsi que dans une intégration internationale proactive et solide.
     
    22. Dans les cadres bilatéraux, le Viet Nam poursuit la coopération et le dialogue pour une meilleure compréhension mutuelle, visant à traiter les questions d’intérêt mutuel et à favoriser les capacités de mise en œuvre dans le domaine des droits de l’homme.
     
    23. Dans la région de l’Asie du Sud-Est, le Viet Nam a pratiquement contribué à renforcer la solidarité et la coopération entre les États membres de l’ANASE en matière de promotion et de protection des droits de l’homme (…)
     
    24. Le Viet Nam a toujours soutenu l’Examen périodique universel et y a participé consciencieusement. Le Viet Nam soutient fermement la valeur de l’examen périodique universel en tant que mécanisme efficace des Nations Unies en matière de droits de l’homme pour l’échange d’informations et d’expériences, l’approfondissement de la compréhension mutuelle et la coopération sur la base de l’égalité et de la transparence. Lors du troisième cycle de l’examen périodique universel (2019), le Viet Nam a accepté 241 des 291 recommandations (83 %) et les met activement en œuvre par le biais d’un plan directeur national (…)
     
    25. Le Viet Nam coopère également activement avec d’autres mécanismes des Nations unies relatifs aux droits de l’homme. Depuis 2010, le pays a reçu sept procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme et se prépare à recevoir le Rapporteur spécial sur le droit au développement dès que les circonstances le permettront.
     
    Le Viet Nam : un partenaire responsable au Conseil des droits de l’homme
    26. Le Viet Nam apprécie hautement le rôle et les contributions du Conseil des droits de l’homme dans la protection et la promotion des droits de l’homme dans le monde.
     
    27. Le Viet Nam a toujours participé de manière active et responsable aux travaux du Conseil, notamment en tant que membre pour le mandat 2014-2016.(…).
     
    28. Compte tenu de son expérience, de son engagement et de sa forte détermination, le Viet Nam est confiant dans sa capacité à participer au Conseil des droits de l’homme. (…).
     
    29. Le Viet Nam espère recevoir le précieux soutien des États Membres des Nations Unies pour sa candidature au Conseil des droits de l’homme pour le mandat 2023- 2025.
     

    Priorités du Viet Nam au sein du Conseil des droits de l’homme

    30. Les priorités du Viet Nam au sein du Conseil des droits de l’homme sont les suivantes :
    – Respecter les principes et les objectifs de la Charte des Nations unies, le mandat du Conseil et ses mécanismes, en conjuguant les efforts pour améliorer son efficacité:
    -la protection des groupes vulnérables et la lutte contre la violence et la discrimination à leur égard
    -la promotion de l’égalité des sexes
    -Protection et promotion des droits de l’homme en réponse au changement climatique, avec une attention particulière à ses impacts sur les droits des groupes vulnérables.
    -Les droits de l’homme à l’ère de la transformation numérique.
    -Le droit à la santé, notamment en réponse à la pandémie de COVID-19 et aux autres maladies transmissibles.
    -le droit à un travail décent, dans le cadre de nos efforts communs pour réaliser l’Agenda 2030 pour le développement durable.
    -le droit à une éducation de qualité, y compris une éducation aux droits de l’homme.

    III. Engagements volontaires du Viet Nam en tant que membre du Conseil des droits de l’homme

    31. Le Viet Nam s’engage à poursuivre les efforts consacrés à une meilleure jouissance des droits de l’homme et des libertés fondamentales dans le pays, en ne laissant personne de côté (…). Dans ce processus, les priorités du Viet Nam sont de renforcer l’État de droit, de mener des réformes juridiques pour améliorer les fondements institutionnels, judiciaires et politiques liés aux droits de l’homme et de poursuivre l’incorporation des dispositions des traités internationaux relatifs aux droits de l’homme dans la législation nationale ;

    Les priorités du Viet Nam au Conseil des droits de l’homme :

    -Favoriser des mesures efficaces et allouer des ressources suffisantes pour mieux garantir tous les droits économiques, sociaux, culturels, civils et politiques, conformément aux normes internationales communément reconnues ;
    -Accélérer la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030, en donnant la priorité à la réduction de la pauvreté multidimensionnelle, à la réduction des inégalités, à l’élimination de toute discrimination raciale, à la préservation de moyens de subsistance durables pour la population, à l’amélioration des conditions de vie et de l’accès aux services publics et au renforcement de la sécurité sociale et de la résilience sociale face aux catastrophes naturelles et aux maladies, en particulier pour les groupes vulnérables ;
    Renforcer l’éducation aux droits de l’homme afin de sensibiliser le public et de renforcer les capacités des organismes chargés de l’application des lois, notamment en mettant pleinement en œuvre le programme national visant à intégrer les droits de l’homme dans le système éducatif national ;
    -Mettre en œuvre pleinement et consciencieusement les recommandations acceptées du troisième cycle de l’Examen périodique universel et respecter les engagements et obligations découlant des traités internationaux relatifs aux droits de l’homme auxquels le Viet Nam est partie, notamment par la mise en œuvre effective des plans d’action nationaux pertinents (…).

    Traduction du document original en anglais – Pour le consulter, cliquez ici sur le lien

    (*) La rédaction du Cosunam a pris l’initiative de parsemer le texte de la Mission permanente du Vietnam d’images et de commentaires en rouge pour souligner le caractère incongru voire mensonger des propos  tenus. Le lecteur jugera de lui-même en parcourant le rapport 2021 d’Amnesty international et celui du Viêt Tân, parti d’opposition pacifique.

    ————————————————

    Une autre réalité

    Le Rapport d’Amnesty International 2021.

    https://www.amnesty.org/fr/location/asia-and-the-pacific/south-east-asia-and-the-pacific/viet-nam/report-viet-nam/

    Le Rapport 2022 de Viêt Tân

    Vietnam_Prisoners_Of_Conscience_2022_Report_Cosunam V3

  • Appel du Cosunam en faveur de la famille Trinh Ba Tu, Phuong et Thêu

    Appel du Cosunam en faveur de la famille Trinh Ba Tu, Phuong et Thêu

    Les situations de la famille de M. Lê Dinh Kinh , MMe Nguyen Thuy Hanh , de la famille Trinh sont toutes liées entre elle par la tragédie de Dông Tâm, ce village que le gouvernement a « exproprié » (le terme est inapproprié dans un pays où la propriété privée n’existe pas, mais cela signifie que les villageois se voient privés du droit d’exploiter les terres) de terres pour les consacrer à un projet d’aéroport militaire. Les événements sont parfaitement relatés dans cet article de Mediapart (https://blogs.mediapart.fr/dominique-foulon-1951/blog/020920/ouverture-le-7-septembre-2020-du-proces-des-29-inculpes-de-dong-tam).

    Le 5 mai 2021, Trinh Ba Tu et Can Thi Theu ont été condamnés à huit ans d’emprisonnement.  Trinh Ba Phuong a été condamné à dix ans d’emprisonnement et cinq ans de probation le 15 décembre 2021 par un tribunal populaire de Hanoi.  Pendant l’enquête, il a été soumis à des actes de torture et à des mauvais traitements, et a été interné dans un hôpital psychiatrique pendant un mois en mars 2021.

    Durant ces dernières années, les proches des 3 prisonniers ont été soumis à des actes répétés de harcèlement et d’arrestation par la police et ont été empêchés d’assister aux procès.

     

    En signant la présente pétition, et à l’heure où le Vietnam est entré au Conseil des Droits de l’homme pour la période 2023-2025,  nous demandons instamment aux autorités vietnamiennes de protéger et de respecter le droit de Trinh Ba Tu, Can Thi Theu et Trinh Ba Phuong de ne pas être soumis à la torture et à d’autres mauvais traitements et de mener une enquête immédiate, approfondie et impartiale sur les allégations susmentionnées.  Nous dénonçons  également leur maintien en détention arbitraire et vous appelons à les libérer immédiatement.

    Il convient ainsi de :

    1. Garantir, en toutes circonstances, l’intégrité physique et le bien-être psychologique de Trinh Ba Tu, Can Thi Theu, Trinh Ba Phuong, de leurs proches et de tous les autres défenseurs des droits de l’homme au Vietnam.

    2. Mener immédiatement une enquête approfondie, transparente et impartiale sur les actes de torture et les mauvais traitements dont Trinh Ba Tu et Trinh Ba Phuong auraient été victimes, afin que les responsables soient tenus de rendre des comptes.

    3. Mettre fin à tout acte de harcèlement, y compris au niveau judiciaire, à l’encontre de leurs proches et de tous les défenseurs des droits de l’homme au Vietnam, et veiller en toutes circonstances à ce qu’ils puissent mener leurs activités légitimes sans aucune entrave ni crainte de représailles.

    4. Garantir les droits à une procédure régulière et à un procès équitable à Trinh Ba Phuong, Can Thi Theu et Trinh Ba Tu, y compris l’accès sans entrave à leurs avocats et à leur famille.

    5. Abroger ou modifier de manière significative l’article 117 du Code pénal (*) pour le mettre en conformité avec les obligations internationales du Vietnam en matière de droits humains.

    (*) L’article 117 du code pénal vietnamien punit toute personne d’une peine de 5 à 12 ans d’emprisonnement qui, dans le but de s’opposer à la République socialiste du Vietnam, commet l’un des actes suivants : fabrication, stockage, diffusion d’informations, de matériel contenant des informations déformées concernant le gouvernement du peuple, de manière à provoquer le doute parmi la population et une guerre psychologique (!).

    Genève / Octobre 2022 / Le Bureau du Comité COSUNAM – (1) Sébastien Desfayes, député au Grand-Conseil genevois, président / (2) Jean-Marc Comte, ancien maire du Grand- Saconnex GE , vice-président / (3) Luy Nguyen Tang , secrétaire général /(4) Bernard Favre, trésorier.

     

    _____________________________

    J’accepte de signer l’appel initié par le Comité Suisse-Vietnam COSUNAM du 3 octobre 2022 en faveur de la libération de Mme Cân Thi Thêu et MM. Trinh Ba Tu et Nguyen Ba Phuong.

    Nom, Prénom, Titre ou fonction, Adresse postale, E-Mail.

    A renvoyer à  info@cosunam.ch

     

    Cet appel avec les signatures sera envoyé prochainement aux destinataires suivants :

    * M. Pham Minh Chinh, Premier Ministre du Vietnam ; Email : thongtinchinhphu@chinhphu.vn

    * M. Bui Thanh Son, Ministre des Affaires étrangères du Vietnam ; Email : ttll.mfa@mofa.gov.vn / banbientap@mofa.gov.vn,

    * Mme Pham Thi Thanh Tra, ministre de l’Intérieur du Vietnam, courriel : lanhdaobo@moha.gov.vn.

    * M. Le Thanh Long, Ministre de la Justice du Vietnam ; Email : longlt@moj.gov.vn / botuphap@moj.gov.vn

    * M. Tran Van Son, Ministre, Bureau du Gouvernement (OOG), Email : vpcp@chinhphu.vn

    * S.E. Mme Le Thi Tuyet Mai, Ambassadrice, Mission Permanente du Vietnam auprès des Nations Unies à Genève, Suisse ;

    Email : geneva@mofa.gov.vn

  • Dong Tâm – la répression continue

    Dong Tâm – la répression continue

    Le Comité Suisse-Vietnam Cosunam rappelle que la famille Trinh Ba Tu, Can Thi Thêu et Trinh Ba Phuong ont été arbitrairement arrêtés le 24 juin 2020 notamment lors des évènements liés à la tragédie de Dông Tâm. Cette tragédie a fait l’objet de plusieurs interventions du Cosunam en Suisse. Pour Rappel : Dong Tam est un village, à environ 25 km au sud-ouest de Hanoi, qui a subi une descente brutale de la police  menée en janvier 2020 au cours de laquelle le chef du village M. Tran Dinh Kinh a été froidement exécuté.

    L’Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT) et la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) ont reçu de nouvelles informations sur des actes de torture et de mauvais traitements perpétrés à l’encontre de M. Trinh Ba Tu lors de sa détention ainsi que du transfert de son frère M. Trinh Ba Phuong vers une prison éloignée.Trinh  Tu et Phuong, ainsi que leur mère détenue, Mme Can Thi Thêu, sont des défenseurs des droits fonciers contre l’accaparement des terres et son impact sur les agriculteurs du pays ( voir nos précédents Newsletter).

    Le 22 septembre 2022, Trinh Ba Phuong a été transféré du centre de détention de la Police de Hanoï à la prison d’An Diêm, dans la lointaine province du Centre de Quang Nam à plus de 1’000 km de son domicile. Ni Phuong ni sa famille n’ont été informés préalablement de son transfert.

    Le 20 septembre 2022, Trinh Ba Tu a reçu la visite de son père M. Khiêm à la prison n° 6 de Thanh Hoa, dans la province de Nghê An. Au cours de la visite, Trinh Tu a informé son père que le 6 septembre 2022, il avait entamé une grève de la faim pour protester contre les mauvais traitements qui lui avaient été infligés pendant sa détention. Placé à l’isolement pendant dix jours, il a été sévèrement battu, enchaîné aux pieds et privé d’accès aux toilettes. Les agents pénitentiaires ont ensuite informé Khiêm que la famille ne serait plus autorisée à rendre visite qu’une fois tous les 2 mois.

    Au moment de la publication de cet article,  l’état de santé de Trinh Ba Tu reste inconnu.

    La famille Trinh Ba Tu, Can Thi Thêu et Trinh Ba Phuong a été arbitrairement arrêtée lors des évènements liés à la tragédie du village de Dông Tâm.

     M. Tran Dinh Kinh, le chef du village de Dông Tâm qui a été froidement exécuté en janvier 2020.

    Le 5 mai 2021, Trinh Ba Tu et Can Thi Theu ont été condamnés à huit ans d’emprisonnement.  Trinh Ba Phuong a été condamné à dix ans d’emprisonnement et cinq ans de probation le 15 décembre 2021 par un tribunal populaire de Hanoi.  Pendant l’enquête, il a été soumis à des actes de torture et à des mauvais traitements, et a été interné dans un hôpital psychiatrique pendant un mois en mars 2021.

    Durant ces dernières années, les proches des 3 prisonniers ont été soumis à des actes répétés de harcèlement et d’arrestation par la police et ont été empêchés d’assister aux procès.

    A l’heure où le Vietnam est entré dans le Conseil des droits de l’homme , le Cosunam lance un appel exigeant la libération immédiatement et sans conditions de Trinh Ba Tu, Can Thi Thêu et Trinh Ba Phuong.

    Luy Nguyen Tang
  • Un Musée pour les Boat-people et le devoir de mémoire

    Un Musée pour les Boat-people et le devoir de mémoire

    Après des années de retard, le président du Vietnamese Canadian Centre, M. Lê Duy Cân, est confiant que le ” Vietnamese Boat People Museum” d’Ottawa au Canada est sur la bonne voie pour ouvrir en 2024. Décrit comme ” un héritage de la première génération de réfugiés à leurs enfants “, le musée nécessitera une levée de fonds de 4 millions de dollars.

    Situé à l’angle nord-est de la rue Somerset Ouest et de la rue Preston, un grand panneau incliné promet un nouveau bâtiment  sur un site qui est autrement occupé par un jardin communautaire.

    Lê Duy Cân, propriétaire du terrain et réalisateur d’une précédent mémorial des réfugiés vietnamiens, est convaincu que le Vietnamese Boat People Museum, un projet qui a été mis en attente pendant huit ans à la suite de complications administratives, est de nouveau sur les rails. Un concours de réalisation devrait avoir lieu cet automne, suivi de la mise en chantier en 2023 et de l’ouverture officielle en 2024.

    Le Projet 4000 de Mme Marion Dewar, l’ancienne maire D’Ottawa, d’une promesse faite en 1979 d’accueillir 4 000 réfugiés, ou “boat people”, d’Asie du Sud-Est – principalement du Vietnam, mais aussi du Laos et du Cambodge – avait ouvert les portes du Canada et donné le coup d’envoi à l’un des plus grands efforts humanitaires du pays. Au début des années 2000, quelques 150’000 réfugiés vietnamiens étaient ainsi établis dans ce pays.

    https://www.rcinet.ca/patrimoine-asiatique-fr/le-mois-du-patrimoine-asiatique-au-canada/les-refugies-de-la-mer-la-communaute-vietnamienne/

    Pour comprendre leurs racines et un héritage de la première génération de réfugiés à leurs enfants.

    M. Lê Duy Cân qui vit à Ottawa depuis 1973, a joué un rôle déterminant dans la réalisation du projet 4000, en aidant les nouveaux arrivants à trouver un emploi et un logement et en organisant des cours de langue. Avant cela, il avait déjà participé à l’accueil des quelques centaines de réfugiés vietnamiens qui affluaient à Ottawa depuis la chute de Saigon en 1975.

    L’idée d’un musée, dit Lê Duy Cân , est née en 2005  lors des célébrations de commémoration en mémoire des boat- people .

    Tant de gens sont venus à nos manifestations que nous avons réalisé notre besoin d’avoir quelque chose de plus permanent “, dit-il. Son objectif est double : présenter les faits concernant la quête de liberté des réfugiés vietnamiens et l’accueil qui leur a été réservé dans le monde entier et mettre en valeur les contributions des communautés vietnamiennes dans les pays où ils se sont réinstallés.  “Cela donnera aux générations futures une idée de la présence de leurs ancêtres au Canada. C’est une base importante pour comprendre leurs racines et ce sera un héritage de la première génération de réfugiés à leurs enfants.”

    L’association a ainsi pu acquérir une parcelle de terrain en 2009 pour un prix de 600 000 dollars après une première levée de fonds.  Malheureusement, un groupe de Canadiens d’origine vietnamienne ont voulu détourner le but de cette opération en transformant le Musée en une Maison de la Culture du Vietnam. Procédure qui a été heureusement déboutée après moult démarches longues et fastidieuses.

    Un concours devrait être organisé auprès d’architectes d’Ottawa pour concevoir le bâtiment, qui comprendra un mur commémoratif, des salles d’exposition, une bibliothèque, une boutique de souvenirs, un auditorium et des espaces polyvalents pour les rassemblements et les événements sociaux.

    Même si l’association ne dispose actuellement que d’environ  200 000 dollars pour la suite, Lê Duy Cân est confiant et ne doute pas un instant que le musée sera construit.

    Nous avons de nombreux amis et des personnes de bonne volonté, dit-il, aux États-Unis, en Europe, en Australie. Je sais que s’il y a une bonne cause, on peut obtenir les fonds nécessaires” .

    Depuis la fin des restrictions causées par le Coronavirus, le Centre a reçu des lettres de soutien ainsi qu’un début de contributions financières privées au projet.  Le Centre va relancer une campagne de promotion et de collecte de fonds qui se tiendront dans différentes villes du Canada et des Etats- Unis en 2023.

    Pour tout contact et information supplémentaire : M. Lê Duy Cân , Email : ldcan2006@gmail.com

    Vietnamese Canadian Centre , Email : ottawavietcancentre@gmail.com

  • Le Vietnam face à la tentation de l’émancipation chinoise.

    Le Vietnam face à la tentation de l’émancipation chinoise.

    Guerre et paix, voilà comment l’on pourrait résumer les 2’000 d’histoire tumultueuse entre la Chine et le Vietnam.

    La proximité idéologique des partis communistes chinois et nord-vietnamien à partir de 1945 avait forgé une alliance de circonstances contre les ennemis coloniaux, Mais les deux guerres sino-vietnamiennes de 1979 et 1984 avaient démontré le caractère éphémère de cette entente entre le géant du nord et le petit frère du sud.

    Le conflit larvé entre la Chine et le Vietnam ne s’est depuis lors jamais arrêté et s’est focalisé sur la Mer dite de Chine, mer que les Vietnamiens appellent la « Mer Orientale ». Le Vietnam, à l’instar de la Chine, revendique sa souveraineté sur les îles Paracels et Spratleys. Presque totalement inhabitées et très inhospitalières, ces îles ont néanmoins une importance stratégique majeure puisqu’elles contrôlent les plus grandes routes maritimes mondiales, dont celles en direction des grands ports chinois et japonais. La zone serait également riche en réserves de gaz naturel et de pétrole.

    Sur le sol vietnamien cette fois, la quasi-totalité de la population, y compris les membres du Parti unique, s’inquiète de ce qu’elle perçoit comme un nouveau colonialisme chinois après celui qui dura plus de mille ans (de 111 av. J.-C. à 932). La puissance économique, militaire et politique de la Chine au Vietnam inquiète, comme l’acquisition des terres, jugée frénétique, par des grandes entreprises chinoises ( voir le film ” Un cri qui vient de l’intérieur “d’André Menras dans notre rubrique “Réalisations & reportages”).

    Les drapeaux rouges du Vietnam et de la Chine côte à côte pour longtemps ?

    Dans ces circonstances, la réponse du Vietnam aux dernières manœuvres belliqueuses de la Chine à l’égard de Taiwan est tout sauf surprenante, quand bien même le régime a toujours défendu la « politique de la Chine unique » comprenant Hong Kong, Macao et Taiwan. Sans rejoindre les positions occidentales, australiennes et japonaises condamnant fermement Pékin, le Vietnam se montrait étonnamment critique à l’égard de la Chine. Alors que des pays tels que le Myanmar, la Russie et la Corée du Nord appuyaient sans réserve la Chine et que la plupart des pays asiatiques adoptaient des positions nuancées et prenaient soin de ne pas (trop) froisser le régime de Pékin, Hanoï adoptait une posture plus proche des Etats-Unis que de la Chine, utilisant d’ailleurs dans sa communication les mêmes éléments de langage que Washington. 

    Le Vietnam a bien compris que son intérêt, face à l’Empire du Milieu, est de s’attirer les faveurs de l’Occident. L’accord de libre-échange avec l’Union Européenne avait constitué une première étape. La crise de la Mer Occidentale constitue une opportunité unique pour les apparatchiks d’Hanoi de s’immiscer dans les bons papiers du vieil ennemi américain et de se distancer quelque peu de la Chine. Les pays n’ont pas d’amis ou d’ennemis, ils n’ont que des intérêts.

    Sébastien Desfayes
  • Hô Duc Hoa, prisonnier de conscience libéré, 12 ans après sa rencontre avec Rolin Wavre

    Hô Duc Hoa, prisonnier de conscience libéré, 12 ans après sa rencontre avec Rolin Wavre

    Ho Duc Hoa Christian , prisonnier d’opinion , condamné à 13 ans de prison en janvier 2013 pour avoir “mené des activités visant à renverser le gouvernement populaire”, a été libéré et expulsé aux États-Unis le 1er mai à la veille du voyage du Premier ministre vietnamien Nguyen Minh Chinh à Washington pour un sommet américain avec les dirigeants de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE). Sa seule activité publique à l’époque  avait été d’être un animateur actif du diocèse catholique de Vinh (au Centre Vietnam) et de travailler avec une agence de presse dirigée par des Pères Rédemptoristes.

    Dans une rencontre en ligne le 22 juin 2022 avec le Bureau du Cosunam, l’activiste a évoqué son séjour en prison, exprimant son profond regret de ne pas pouvoir passer ces dernières années avec sa famille, mais aussi son soulagement d’être enfin arrivé aux États-Unis. Un moment particulièrement émouvant a été l’échange avec Mme Pascale Berry Wavre lorsque Hô Duc Hoa a évoqué la mémoire de son mari Rolin Wavre (†) et leur rencontre au Vietnam en 2010. L’image d’un politicien suisse participant  à une manifestation flash avec des dissidents vietnamiens en plein centre de Hanoi l’avait particulièrement impressionné. Lui- même a perdu son père et un de ses frères alors qu’il était en pleine détention.

    Pour Hoa, qui a été détenu depuis 2013 dans quatre endroits différents, le centre de détention de la province de Nghe An était le pire en termes de conditions de vie. Il a vécu dans les zones de sécurité réservées aux prisonniers politiques qui étaient séparées de celles réservées aux prisonniers ordinaires,

    Les conditions étaient telles que, “nous devions vivre dans des cellules chaudes et minuscules et nous allonger à côté des toilettes. L’eau était tellement contaminée que nous avions souvent mal aux yeux et des démangeaisons après avoir pris une douche.” Hòa a trouvé une consolation dans la lecture des Écritures et des livres religieux, faveur qu’il a pu obtenir seulement après une grève de la faim de 10 jours. “qu’une fois par semaine – le dimanche”.

    Il n’en oublie pas pour autant la souffrance des autres détenus, dont il espère qu’ils garderons espoir et courage.

    ” Nous prierons pour eux et  poursuivrons nos efforts de plaidoyer pour obtenir leur libération, ainsi que de meilleurs soins, en particulier pour ceux qui ont de graves problèmes de santé.  J’ai également pensé à ceux qui m’avaient soutenu et plaidé pour ma libération pendant ces dernières années par leurs pétitions et actions auprès des instances politiques internationales.

    Je voudrais maintenant profiter de cette occasion pour exprimer ma gratitude aux membres du Cosunam qui m’ont soutenu jusqu’à ma libération. Je ne sais pas comment vous rendre la pareille, si ce n’est en demandant à Dieu de vous bénir, et en vous souhaitant à tous santé, paix et sécurité.

    Depuis que j’ai été libéré, mon esprit est rempli d’images des détenus que je connais personnellement ou non, mais qui sont toujours emprisonnés au Vietnam. Les tout premiers sont ceux qui ont partagé la même prison que moi, comme Le Dinh Luong et Pham Van Troi et tant d’autres moins connus.”

    La video de Hô Duc Hoa exprimant sa reconnaissance envers la Suisse et le Cosunam et évoquant la mémoire de Rolin Wavre

    Hô Duc Hoa / Juin 2022.

  • Scandale Viet A : Deux hauts responsables gouvernementaux arrêtés pour escroquerie aux kits de test COVID-19.

    Scandale Viet A : Deux hauts responsables gouvernementaux arrêtés pour escroquerie aux kits de test COVID-19.

    Le maire de Hanoi, Chu Ngoc Anh, alors ministre vietnamien des Sciences et de la Technologie, et le ministre de la Santé Nguyen Thanh Long

    Deux hauts responsables du gouvernement vietnamien ont été arrêtés et expulsés du Parti communiste vietnamien (PCV) au pouvoir, car ils sont accusés d’être impliqués dans un scandale de 172 millions de dollars lié au kit de test COVID-19 vraisemblablement d’origine chinoise.

    Lors d’une session d’urgence du Comité central du PCV, le ministre de la Santé Nguyen Thanh Long et Chu Ngoc Anh, président du parti de la capitale Hanoi, ont été expulsés pour leur implication dans le scandale de la Viet A Technologies Company, dans lequel des fonctionnaires auraient été soudoyés pour fournir aux hôpitaux des kits de test COVID-19 à des prix largement excessifs.

    “Le Comité central du Parti a décidé d’expulser du Parti, M. Chu Ngoc Anh et M. Nguyen Thanh Long”, a déclaré l’organe dans un communiqué publié sur son site officiel, rapporte l’AFP.

    Utilisation massive et obligatoire des tests Covid-19 sous la férule gouvernementale

    La séance a eu lieu après que le Politburo du PCV, l’organe décisionnel suprême du Vietnam, a ordonné au Comité central de punir les deux fonctionnaires pour leur implication dans l’escroquerie. Les agences du Parti ont accusé les deux hommes, ainsi qu’un troisième fonctionnaire, le vice-ministre des Sciences et de la Technologie Pham Cong Tac, d’avoir “causé de graves conséquences, des pertes d’argent et d’actifs de l’État, sapé la lutte contre le COVID-19, provoqué des troubles sociaux et affecté la réputation du Parti, du ministère de la Santé et du ministère des Sciences”.

     

    Une série de fonctionnaires, dont des généraux militaires de haut rang et des directeurs de centres provinciaux de contrôle des maladies, ont également été arrêtés ou mis sous enquête criminelle depuis le début de l’année 2022 pour leur implication dans le scandale du Viet A.

    Rappelons que le test covid de Viet A avait été présenté et  dans un premier temps par les instances officielles et les médias gouvernementaux ( voir les précédentes éditions de notre Newsletter en 2021) comme une contribution scientifique et médicale extraordinaire du Vietnam, homologuée par l’OMS et destinée aussi à une exportation internationale pour lutter contre la pandémie en 2020 et 2021. Tout ceci s’est dégonflé lorsque l’OMS a apporté un démenti cinglant en octobre 2021 et que des médias ont découvert ensuite l’inexistence de laboratoires médicaux de Viet A dans le pays.

    Chu Ngoc Anh et Nguyen Thanh Long ne sont que les deux dernières victimes de la campagne anti-corruption du PCV, qui a permis de mettre la main dans tout le pays sur un réseau de dizaines de fonctionnaires, qu’il s’agisse d’apparatchiks de haut rang du parti, de fonctionnaires locaux ou de cadres de grandes entreprises publiques.

    “Jamais auparavant, au cours des 91 ans d’histoire du PCV, a noté un fin observateur du régime, “autant de responsables n’ont fait l’objet de mesures disciplinaires, d’expulsion du Parti ou d’emprisonnement pour cause de corruption.”

    Une vendetta ou un nettoyage de la maison ?

    La campagne de lutte contre la corruption représente un effort pour extirper la corruption qui a coûté au Vietnam des milliards de dollars en fonds détournés et qui a érodé une certaine légitimité durement gagnée du parti. Les observateurs de la politique vietnamienne ont également souligné la similitude politique de nombreuses affaires récentes de lutte contre la corruption, qui visaient les alliés de l’ancien Premier ministre Nguyen Tan Dung. En effet, écrivant sur la campagne anticorruption de Trong en 2017, un ancien diplomate américain, a affirmé que la campagne ressemblait “plus à une vendetta  de famille qu’à un nettoyage de la maison commune.”

    Même si nous mettons entre parenthèses la question des motivations politiques, cependant, le défi pour le PCV est que la corruption est une gangrène qui, à bien des égards, provient de la nature du Parti-État vietnamien. Le mélange d’incitations du marché et de règles du Parti semble offrir de nombreuses possibilités de corruption ou de détournement de fonds, comme le montre le flot de fonctionnaires, de régulateurs et d’hommes d’affaires de premier plan accusés d’avoir profité de leur poste pour s’enrichir.

    Ce seul fait semble indiquer que l’action de Nguyen Phu Trong continuerait  pendant un certain temps encore car à ce jour il manque encore une pièce maitresse dans cet immense imbroglio politico-judiciaire qui secoue la société vietnamienne en ce moment : le(s)  principal-aux actionnaire(s) détenant les 80% de la société Vietnam A n’ont pas été encore découverts ou révélés au public par les enquêteurs. On parle de plus en plus de l’épouse très affairiste d’un membre éminent du Politburo.

    L’étau va t’il vraiment se resserrer jusqu’au bout ?

  • Pham Doan Trang, une reconnaissance internationale à Genève

    Pham Doan Trang, une reconnaissance internationale à Genève

    Le prix Martin Ennals honore chaque année des défenseurs (seuses) des droits humains. Laissez vous inspirer par leur courage et célébrez leur combat exemplaire lors de la cérémonie de remise du Prix, co-organisée par la Ville de Genève et la Fondation Martin Ennals avec trois figures d’exception cette année : Pham Doan Trang, éminente journaliste vietnamienne, a lutté pour la liberté d’expression et les droits civils avant d’être condamnée à neuf ans de prison, Dr Daouda Diallo documente avec brio les violations des droits humains commises au Burkina Faso dans le cadre du conflit violent entre les forces armées et les insurgés islamistes, Abdul-Hadi Al-Khawaja, architecte du mouvement démocratique au Bahreïn, poursuit son combat pour les droits humains, alors même qu’il est emprisonné depuis onze longues années.

    Mme Bui Thi Thien Can – la mère de Pham Doan Trang – s’est rendue à Genève pour défendre la liberté de sa fille à l’occasion de la cérémonie de remise du prix Martin Ennals pour les défenseurs des droits de l’homme, le 2 juin. Mme Thien Can recevra le prix au nom de Trang.

    Will Nguyen et Tran Quynh-Vi accompagnent Mme Thien Can. Ensemble, ils rencontreront plusieurs agences des Nations unies, des ONG internationales et des médias internationaux à Genève.

    La video qui suit résume le parcours courageux et dynamique de Pham Doan Trang , journaliste.écrivaine-activiste dans sa lutte quotidienne pour la défense des droits élémentaires des citoyens contre un régime dictatorial et oppressif.

     

  • Tragique sort de Nguyen Thuy Hanh

    Tragique sort de Nguyen Thuy Hanh

    Le 7 mai dernier, 13 mois après l’arrestation de Mme Nguyen Thuy Hanh, son mari, Monsieur Huynh Chenh, a pu enfin la revoir. Madame Hanh était isolée de la société et de sa famille, emprisonnée sans contact et sans avocat.

    Pendant cette longue période de détention prolongée de manière abusive, les autorités vietnamiennes n’ont toujours pas mis fin à leur enquête ou même tenté de mettre en lumière des preuves afin de diligenter le procès de Madame Nguyen Thuy Hanh.

    Il convient de rappeler que Nguyen Thuy Hanh, très malade, avait été transférée pour un traitement impératif dans un hôpital en décembre 2021, après une intervention du Conseil d’Etat Genevois et une pétition du Cosunam auprès du président vietnamien, lors de son passage à Genève. Cette mesure d’adoucissement temporaire n’aura duré qu’à peine un mois.
    En avril 2022, elle a finalement été conduite à l’Hôpital Central Psychiatrique de l’Etat pour un traitement, mais toujours sous haute surveillance.

    Cette nouvelle procédure policière d’emprisonnement est inquiétante, car elle renforce la vulnérabilité des personnes atteinte de dépression causée par une incarcération injuste.
    De plus, l’Etat s’attribue une bonne conscience en accordant (enfin) un droit de visite de 30 minutes tous les 4 mois pour deux proches parents. Lors d’une 1ère visite, derrière une vitre hermétique, son mari, Monsieur Chenh a pu converser par téléphone avec elle. Hanh lui a dit être très inquiète pour ses enfants, ses proches et pour la santé et la sécurité de sa famille confrontée aux harcèlements des autorités. Elle a posé des questions sur les familles des prisonniers de conscience dont elle s’occupait, posant des questions précises à propos de nombreuses personnes et amis.

    Durant son incarcération, elle a subi plusieurs interrogatoires fastidieux, toujours sur le sujet de son fonds d’aide (50K) en faveur des familles de prisonniers. Pourquoi ? qui ? comment ?
    Nous nous sommes aussi rendu compte que les coûteux médicaments contre la dépression que sa famille lui envoyait tous les trois mois en prison ne lui parvenaient pas en totalité, malgré un décompte minutieux de chaque pilule devant les gardiens à chaque remise.
    Hanh est détenue dans la même pièce avec six autres patientes qui se montrent conciliantes avec elle au vu de sa notoriété. Certains patients peuvent utiliser le téléphone de la prison pour contacter des membres de la famille, mais pas elle.

    Les premiers jours d’hospitalisation, elle a rencontré dans l’enceinte de l’hôpital un autre bloggeur et dissident, Monsieur Lê Anh Hung, détenu aussi malgré lui dans cet hôpital psychiatrique. Un membre de Fraternité Démocratie, Monsieur Nguyen Trung Linh, serait aussi détenu, mais ils n’ont pas pu le voir. Hanh et Hung ont pu s’entretenir ensemble sur leur détention, mais les jours suivants, ils ont été interdits de contact.
    Son mari, Monsieur Chenh, a dû interrompre sa discussion et lui dire au revoir, après 30 minutes à peine, le cœur serré et accablé, mais soulagé par ces quelques moments de retrouvailles, après 13 mois.

    Nous continuerons inlassablement de soutenir Hanh, parce qu’elle est innocente et parce que la justice doit reconnaître sa liberté de conscience.
     
    Jean-Luc von Arx.
     
     
  • La corruption menace plus que jamais la solidité du régime

    La corruption menace plus que jamais la solidité du régime

    Selon un récent rapport de Transparency International, les niveaux de corruption au Vietnam ont quelque peu diminué en 2021, descendant à la 87e place la plus corrompue des pays du monde contre la 104e en 2020. Mais ce changement ne reflète pas le cas de corruption d’une ampleur jamais égalée au Vietnam lié aux kits de test COVID qui a été révélé au cour des derniers jours de 2021. L’ampleur et l’implication de hauts fonctionnaires civils, médicaux et de l’armée – a ébranlé le pays.

    L’affaire des kits test COVID de Viet A

    Pour rappel, la 1ère affaire concernait Viet A Technologies en 2021 , une société privée qui aurait gagné des profits illicites de près de 200 millions de dollars en surfacturant ses kits de test COVID et en collusion avec de nombreux directeurs d’hôpitaux à travers le pays et ceci en pleine pandémie et de politique zéro-covid à la chinoise ( voir nos précédents articles). À la suite d’enquêtes, plusieurs personnalités éminentes ont été arrêtées, dont le PDG du Viet A et tout un réseau de hauts fonctionnaires des ministères de la Santé publique, de l’Armée, des Sciences et de la Technologie de recherche et des centres provinciaux sanitaires.

    Les personnalités impliquées dans le scandale de Vietnam A se retrouvent dans tous les secteurs: Affaires, Santé, Science et Technologie, Armée.  La pointe de l’iceberg ?

    Avant l’éclatement de ce scandale, le Secrétaire général du Parti communiste du Vietnam (PCV) lui-même, Nguyen Phu Trong avait décerné la Médaille du Travail à l’entreprise Viet A en “reconnaissance de la lutte de l’entreprise contre le COVID” . À la suite de cette révélation qui a éclaboussé l’appareil du Parti, conscient que la survie du régime était en jeu,  Trong a du rétropédaler depuis son poste de président du Comité directeur central de lutte contre la corruption (CSCC) pour autoriser enfin des enquêtes sérieuses et des sanctions dans neuf autres affaires de corruption  au début de 2022.

    Dans le scandale du kit test Covid de Vietnam A , on peut constater plus que jamais la gangrène de la corruption au Vietnam.

    Dans l’affaire de Vietnam A , deux hauts dignitaires du Parti, M. Chu Ngọc Anh, président du Comité populaire de Hanoi et M. Nguyen Thanh Long, ministre de la Santé sont actuellement en instance de mesures disciplinaires. Mais des questions pressantes demeurent : combien de cas de corruption restent encore à découvrir et les efforts anti-corruption du PCV sont-ils efficaces dans un régime aussi autoritaire et liberticide ?

    Deux hauts dignitaires: M. Chu Ngọc Anh, président du Comité populaire de Hanoi et M. Nguyen Thanh Long, ministre de la Santé

     

    Pour être objectif, il faut reconnaitre que la campagne anti-corruption a obtenu des résultats significatifs  depuis quelques années. En décembre 2020, le premier rapport du comité anti-corruption depuis sa création en 2013 a montré que bon nombre de membres du parti ( quelques milliers) ont été sanctionnés ou poursuivis pour des affaires de corruption.
    Ces chiffres continuent d’augmenter  avec des poursuites et enquêtes sur 390 affaires de corruption impliquant 1011 personnes en 2021, dont un secrétaire provincial du parti, un vice-ministre de la Santé et 10 généraux supérieurs du commandement de la police maritime du Vietnam ( voir image ci-dessus).

    Mais il semblerait que plus on  détecte les cas de corruption , plus ils semblent n’être que la pointe de l’iceberg.

    Transparency International décrit quatre conditions pour devenir une nation « sans corruption » : des mécanismes indépendants de contrôle  une société civile autonome, un État de droit fort et un journalisme d’opinion indépendant. Or au Vietnam, les médias ne peuvent publier que des rapports censurés et autorisés sur les cas de corruption  par des agences d’État. Les restrictions à la liberté de la presse et d’expression sapent les capacités d’enquête indépendantes et  minimisent  la responsabilité du régime et du parti. Les cadres et les fonctionnaires sont particulièrement exposés à la corruption dans une société dépourvue de ces freins et contrepoids.

    L’affaire Viet A servira de “kit de test” pour Nguyen Phu Trong et les efforts anti-corruption du régime car la population vietnamienne se pose de plus en plus la questions sur les véritables responsables de cette affaire. Certains soupçonnent que l’affaire n’est en fait qu’un “règlement de comptes public entre factions rivales” de la Sécurité d’Etat, le Ministère de la Santé et l’Armée.

     

     

    L’affaire des vols de rapatriement

    La seconde affaire a éclaté cette fois dans le Ministère des Affaires Etrangères ou trois membres du personnel de la direction des affaires consulaires ont été arrêtés et accusés d’avoir accepté des pots-de-vin pour organiser des vols de « rapatriement » à des prix exorbitants pour les ressortissants vietnamiens à l’étranger pendant la pandémie.

    Lorsque la pandémie a éclaté dans le monde entier, le régime a du organiser environ 800 vols pour rapatrier plus de 200 000 personnes dans plus de 60 pays et territoires. Beaucoup ont dû acheter des billets très chers de retour et se soumettre à des procédures fastidieuses de visa auprès des représentations diplomatiques ou consulaires du Vietnam pour acquérir un vol de retour.
     
    En janvier 2022, une enquête sur l’octroi d’autorisations pour des vols de rapatriement a été mise au jour, avec l’arrestation de plusieurs fonctionnaires du département consulaire du ministère des affaires étrangères.
     
    Depuis, 34 personnes de plusieurs ministères ont été arrêtées ou font l’objet d’une enquête pour leur implication éventuelle, y compris des hauts fonctionnaires comme To Anh Dung, le vice-ministre des affaires étrangères, et Nguyen Quang Linh, un assistant du vice-premier ministre Pham Binh Minh ainsi que les responsables dans les consulats du Japon, de la Russie, du Japon, de l’Inde , de l’Angola et de la Malaisie. Même le Ministre des Affaires Etrangères M. Bui Thanh Son est sous la menace d’une mesure disciplinaire par le parti.

     

    A ce jour, la corruption est un virus qui s’est propagé dans tous les secteurs au Vietnam. Sans la prise en considération des quatre éléments cités de Transparency International, les efforts anti-corruption du régime ne pourront qu’échouer à terme. Dans ce contexte, la solidité du régime est clairement menacée de l’intérieur par ses propres dignitaires et non par les activistes et dissident(e)s de la société civile vietnamienne comme Pham Doan Trang et Nguyen Thuy Hanh.