Les Vietnamiens célèbrent une fois durant l’année le Nouvel An qui s’appelle le « Têt ». C’est l’une des fêtes les plus importantes pour les Vietnamiens. Lors des soirées du « Têt » de la communauté vietnamienne en Suisse, nous avons pu voir à ce jour des danses vietnamiennes avec des jeunes filles habillées avec des « áo dài » qui sont des robes typiquement vietnamiennes ainsi que des chants mais encore des démonstrations de l’art martial Viet Vo Dao. Le Têt continue d’être célébré par de nombreux Vietnamiens en Suisse et c’est une fête que les gens ne sont pas prêts d’oublier. L’évènement a lieu le jour de la première lune du premier mois car les Vietnamiens utilisent le calendrier lunaire pour les grandes fêtes traditionnelles et commémorations.
Les festivités peuvent durer plusieurs jours et tout le monde se réunit en famille, amis pour fêter le Nouvel An. Certaines familles vont à la pagode également pour rendre hommage aux ancêtres. Il y a un mythe qui dit que la première personne qui franchit la porte d’une maison portera chance ou malchance à cette famille. La maison doit être impeccable pour les invités mais aussi pour les ancêtres, car cette fête est pour les accueillir dignement.
Chaque année est représentée par un animal, il y en a au total douze et chaque animal a une certaine signification. Ce sont les signes astrologiques vietnamiens. Cette année est représentée par le Dragon. C’est l’un des signes les plus importants, il représente la puissance et la magnificence.
Parler des activités de la communauté vietnamienne en Suisse romande depuis plus de 30 ans ne peut se faire sans évoquer la personne de Mme Tăng-Lâm Thể- Hồng.
Inlassable et infatigable, Mme Hồng a marqué de son empreinte toutes les grandes soirées artistiques de la communauté depuis ces dernières décennies. Chorégraphie, garde-robe et tuniques áo dài, décors traditionnels sur scène, rien n’échappe à sa main mise sur l’organisation et gare à son sens du perfectionnisme. Unanimement appréciée pour son engagement au service des différentes associations vietnamiennes, passant sans difficulté des activités artistiques à des activités culturelles (elle avait créé sa propre école de langue vietnamienne Văn Hóa), Mme Hồng se révèle être aussi une personne chaleureuse et conviviale.
Une femme parfaite dans la pure tradition vietnamienne ? Comme Mme Hồng le relève elle- même avec humour et malice, « la cuisine et les repas vietnamiens sont les seules activités de la communauté vietnamienne où je me retrouve volontiers de l’autre côté de la barrière, c’est-à-dire à table pour déguster, dans la salle de banquets et non pas devant les fourneaux et les marmites ».
On lui a tous pardonné depuis longtemps cet écart à la bonne tradition.
Toutes les soirées du Tet et autres évènements organisés par le Cosunam n’auront pu être réalisés pleinement sans le concours de Mme Hồng. Nous tenons à lui exprimer notre immense reconnaissance. L’occasion de lui rendre hommage en venant nombreux à la fête de la nouvelle lunaire qu’elle organisera le samedi 10 février prochain selon le flyer ci-après.
Le Cosunam et ses amis n’oublient pas Mme Nguyen Thuy Hanh, la fondatrice du Fonds 50K pour les familles des prisonniers politiques au Vietnam et l’ont proposé pour une nomination au Prix RAFTO 2024 de Norvège. Ce prestigieux prix avait été décerné la 1ère fois en 2006 à une personnalité vietnamienne le Vénérable Bonze Thich Quang Dô. Il est possible de vous joindre à la nomination en faveur de Mme Nguyen Thuy Hanh en remplissant ce formulaire avant le 31 janvier 2024.https://www.rafto.no/en/rafto-prize/nominasjoner
Campagne pour Nguyen Thuy HanhMme Nguyen Thuy Hanh est particulièrement suivie par le comité Suisse Vietnam Cosunam. Ainsi une pétition cosignée par une centaine de personnalités de la société civile et politique a été adressée en 2021 au gouvernement vietnamien. Le Conseil d’Etat genevois était notamment intervenu auprès du président vietnamien Nguyen Xuan Phuc lors d’une visite protocolaire et obtenu un allègement conséquent des conditions de détention. Actuellement, elle est en traitement dans un hôpital “psychiatrique” en compagnie d’autres prisonniers politiques et de droit commun.A l’approche de la nouvelle année lunaire du Dragon, son mari Huynh Ngoc Chenh a communiqué ses dernières nouvelles dont nous publions ici quelques extraits traduits.
« Ainsi, pour la troisième saison du Têt, Thuy Hanh sera absente du foyer familial. Le premier Têt, elle était dans un camp de détention extrêmement dur et sa dépression a rechuté. Lors des deuxième et troisième années du Têt, elle est internée dans un hôpital d’Etat, au service de traitement psychiatrique obligatoire, avec des conditions certes plus décentes, mais elle devra vivre parmi des gens vraiment atteints de folie, dont la plupart sont des prisonniers criminels et ne pourra donc pas éviter de mauvais incidents. Heureusement, elle a reçu une véritable attention de la part de l’équipe médicale et son état s’est progressivement stabilisé. Hanh m’a demandé de ne rien écrire sur elle, donc je n’en ai pas parlé depuis un an.
Cependant, pendant son traitement, elle a reçu beaucoup d’attention de la part d’amis du monde entier. De nombreux amis lui ont envoyé leurs voeux et lui ont envoyé de nombreux présents. Hanh a été très touchée par cette préoccupation. C’est pourquoi j’écris ces lignes, au nom de Hanh, pour remercier tous mes amis et vous souhaiter une période du Têt heureuse et paisible.
Hanh ne voulait pas que je raconte tout ceci , mais parce que la joie de Hanh est aussi la mienne, je n’ai pas pu m’empêcher de le faire pour que vous puissiez tous aussi être rassuré et vous réjouir(…) / Par Huynh Ngoc Chenh
Chaque année, le prix Rafto est décerné aux défenseurs des droits humains du monde entier – une reconnaissance pour ceux qui luttent contre l’oppression.
Le prix commémoratif du professeur Thorolf Rafto (c’est-à-dire le prix Rafto) est décerné chaque année depuis 1987. Le prix met en lumière les violations des droits de l’homme et récompense les défenseurs des droits de l’homme qui méritent l’attention du monde. Il n’y a aucune contrainte géographique ou thématique concernant les individus ou organisations susceptibles de recevoir le prix.
Le prix Rafto est annoncé fin septembre et la cérémonie du prix Rafto a lieu chaque novembre à Bergen, en Norvège. Le lauréat du prix Rafto reçoit un diplôme et un prix d’un montant de 20 000 USD.
Le patriarche vietnamien Thích Quảng Độ (1928) avait reçu le prix Rafto en 2006 pour son courage personnel et sa persévérance au cours de trois décennies d’opposition pacifique contre le régime communiste au Vietnam, et pour avoir été un symbole du mouvement démocratique croissant dans le pays.
Thích Quảng Độ était l’un des plus éminents défenseurs de la démocratie, de la liberté religieuse et des droits de l’homme au Vietnam, un leader intellectuel et une force unificatrice au Vietnam. En août 2008, il avait pris le poste de patriarche de l’Église bouddhiste unifiée du Vietnam, une organisation actuellement interdite au Vietnam.
Il a consacré sa vie à l’avancement de la justice et à la tradition bouddhiste de non-violence, de tolérance et de compassion. Par le biais de pétitions politiques, Thích Quảng Độ a mis les autorités au défi d’engager des discussions sur les réformes démocratiques, le pluralisme, la liberté de religion, les droits de l’homme et la réconciliation nationale.
“Le régime communiste a peur du pouvoir de la libre pensée, alors il me garde enfermé dans ma pagode. Je suis isolé, mais je ne suis pas seul. Je fais partie de la famille Rafto.” Thich Quang Do
Thích Quảng Độ a du payer le prix fort pour son activisme. Il a passé de nombreuses années en prison et est décédé aujourd’hui. Le patriarche bouddhiste était l’un des nombreux lauréats du Rafto , comme Madame Aung San Suu Kyi de Birmanie en 1990 qui n’avaient pas pu se rendre à Bergen pour récupérer le prix.
L’histoire : Après la mort de sa belle-sœur dans un accident de moto à Saigon, Thien se voit confier la tâche de ramener son corps dans leur village natal. Il y emmène également son neveu Dao (5 ans), qui a miraculeusement survécu à l’accident. Au milieu des paysages mystiques de la campagne vietnamienne, Thien part à la recherche de son frère aîné, disparu il y a des années, un voyage qui remet profondément en question sa foi.
Un beau film, une expérience bouleversante, par un cinéaste qui fait preuve d’une maitrise et d’une créativité visuelle et sonore. Derrière la trajectoire humaine, ce film vietnamien, lauréat de la Caméra d’or à Cannes, déroule des plans d’une grande beauté. Pour son premier film, Pham Thien An, 34 ans, le réalisateur vietnamien réussit à évoquer l’âme d’un pays, le Vietnam, la communion avec la nature, la quête d’une identité intime.
« On est littéralement hanté par cette intrigue toute en sinuosités et en grâce, suite de plans magnifiques et hypnotiques qui fait à la fois penser au cinéma de Weerasethakul comme à celui de Hou Hsiao-hsien. Une pause fortement recommandée dans le tohu-bohu des fêtes de fin d’année. Incontestable Caméra d’or (meilleur premier film) du dernier Festival de Cannes. » — Pascal Gavillet, Tribune de Genève / 24 Heures
« Le titre d’un film qui n’apparaît qu’après une demi-heure déjà écoulée, on a déjà vu ça chez le Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul (Blissfully Yours, 2002) et ce fut le signe d’une révolution: un autre rapport au temps et au récit était donc possible au cinéma! C’est dans cette brèche que s’est engouffré le jeune cinéaste vietnamien Thien An Pham, 33 ans, avec un joli succès à la clé: L’Arbre aux papillons d’or s’est vu décerner la Caméra d’or, qui distingue la meilleure première œuvre du Festival de Cannes. Et ce n’est pas volé, tant ce film vous entraîne ailleurs, pas juste par son exotisme ou quelque habileté de suiveur, mais bien par l’originalité de sa vision. (..) Un vrai style. Une façon unique de laisser se côtoyer le trivial et le sublime, le regret et le pressentiment, comme le suggère le titre original: Dans un cocon doré. Testez-le. On s’y sent étonnamment bien, à naviguer entre la position de spectateur sidéré et un dialogue intérieur avec sa propre âme tiraillée. Le propre des très grands films. » — Norbert Creutz, Le Temps
La Déclaration universelle des droits de l’homme fête ses 75 ans
Le 10 décembre 2023 marque le 75e anniversaire de l’un des engagements mondiaux les plus marquants : la Déclaration universelle des droits de l’homme, un document fondateur qui a proclamé les droits inaliénables de chaque individu en tant qu’être humain, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation. Ce document fondateur traduit dans plus de 500 langues différentes continue d’être, pour chacun d’entre nous, une source d’inspiration pour promouvoir l’exercice universel des droits humains.
La Déclaration a été proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies à Paris le 10 décembre 1948 et énonce, pour la première fois, les droits fondamentaux qui doivent être universellement protégés.
Une initiative d’un an axée sur l’universalité, le progrès et l’engagement, aboutira à une manifestation de haut niveau en décembre 2023, qui annoncera les engagements mondiaux et les idées pour une vision de l’avenir des droits humains.
Et la réalité au Vietnam de nos jours ?
Viêt-Nam 2022, le rapport d’Amnesty International
Les mesures prises contre la dissidence en ligne et hors ligne font craindre une nouvelle vague de répression contre la société civile. Des journalistes indépendants, des militant·e·s, des pratiquant·e·s de certaines religions ainsi que d’autres personnes critiques à l’égard du gouvernement ont été arrêtés et inculpés au titre de lois répressives. Les défenseur·e·s des droits humains étaient soumis à un harcèlement généralisé, à une surveillance numérique, à des arrestations arbitraires et à des poursuites motivées par des considérations politiques. Des faits de torture et d’autres mauvais traitements ont cette année encore été signalés à un rythme alarmant.
Contexte
En octobre, la sixième réunion du Comité central du Parti communiste vietnamien (PCV) n’a fait que renforcer la mainmise du secrétaire général de ce parti, Nguyễn Phú Trọng, sur le pouvoir. On pouvait donc s’attendre à une poursuite du contrôle et de la répression de l’espace civique. Le Viêt-Nam a été élu membre du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, alors que les membres qui y étaient élus étaient tenus d’observer les normes les plus strictes en matière de droits humains. Le gouvernement a pris plusieurs engagements en faveur des droits humains, mais après l’annonce de son adhésion au Conseil, il a placé en détention, arrêté ou condamné au moins 48 journalistes, militant·e·s et dirigeant·e·s d’ONG. Le pays a révisé en octobre sa contribution déterminée au niveau national visant à lutter contre le changement climatique, fixant des objectifs plus élevés de réduction des émissions ; mais parallèlement, il a arrêté plusieurs observateurs·trices du climat et militant·e·s de premier plan, ce qui laissait planer des doutes quant à sa volonté de lutter contre la crise climatique.
C’est un grand privilège pour un ancien président du Cosunam que de reprendre la plume – ou plutôt le clavier – pour adresser un message d’espoir et de détermination aux membres, amis et sympathisants du Cosunam.
Lorsque Luy Nguyen Tang et moi, entourés de démocrates vietnamiens et suisses, avons créé en 1990 le Comité Suisse Vietnam pour la liberté et la démocratie, certains élus nationaux ou locaux ont aussitôt répondu «présent». Quelques-uns sont toujours là, 33 ans plus tard, comme notre immense et fidèle soutien Michel Rossetti; quelques-uns ont quitté ce monde (Rolin Wavre, second président ; Pierre Marti, Anne-Marie von Arx, Paul Keiser…); de nombreux autres ont rejoint le combat pour un Vietnam libre et heureux.
Les Amis du Cosunam devant la stèle des boat-people en 2015
C’est à notre président Sébastien Desfayes que nous devons cet essor de l’influence politique du Cosunam et je tiens à l’en féliciter de tout cœur. Ayant eu l’honneur d’être élu au Grand Conseil où il excelle depuis longtemps, j’ai pu juger de son talent et de son énergie à défendre les causes qui lui semblent justes. Celle du Vietnam est de celles-là. Depuis 33 ans, nous insistons sur le fait que ce tardif bastion du communisme mâtiné de corruption et occasionnellement de libéralisme sauvage devrait, si les idéaux politiques démocratiques ont encore un sens, subir les pressions internationales les plus fermes, afin que son peuple à la culture millénaire et à l’énergie légendaire retrouve équité et liberté.
Ce combat a 33 ans et reste – hélas! – d’actualité. Menons-le tous ensemble, en souhaitant qu’il soit bref et victorieux.
Thierry Oppikofer
Ancien Président du Cosunam (1990-2011)
Député au Grand Conseil (Genève)
Septième édition annuelle dont l’organisation avait pour but de donner une voix pour les prisonniers de conscience au Vietnam, la soirée de soutien a réuni une centaine de membres, amis et sympathisants pour un moment convivial d’informations, d’échanges et de dégustation culinaire vietnamienne. Elle avait été précédée à midi par la réception solennel du Conseil administratif d’un ancien prisonnier libéré grâce aux efforts conjoints de la communauté internationale. Michel Pomatto, maire du Grand-Saconnex, nous livre ses sentiments.
Le 22 novembre a eu lieu au Grand-Saconnex la soirée devenue traditionnelle du COSUNAM (Comité Suisse-Vietnam pour la liberté et la démocratie). Cette soirée fut une très belle réussite avec la présence d’un invité d’honneur, Monsieur Chau Van Kham, ancien prisonnier politique libéré, dont le parcours incroyable pour la défense de la liberté ainsi que la force de ses convictions nous ont impressionnés et émus (n.d.l.r. : notre article de juillet 2023 sur sa libération ).
Michel Pomatto, maire du Grand-Saconnex
C’est avec un grand plaisir que j’ai été invité à prendre la parole pour la deuxième fois, en tant que Maire du Grand-Saconnex, à cette soirée. Les liens forts de notre commune avec le COSUNAM existent depuis 1990 et ont été marqués par l’inauguration de la stèle des boats- people en 2005 et la Promenade des libertés en 2010. La défense des libertés et de la démocratie ayant une résonance forte dans une commune internationale et multiculturelle.
En 2021, mon intervention était centrée autour de l’immigration et de la situation dramatique du bassin méditerranéen, rappelant les « Boat-people » et les centaines de milliers de Vietnamiennes et Vietnamiens qui tentaient de quitter leur pays par la mer à partir de 1975. En écho, j’avais fait un parallèle avec ma famille protestante qui après la révocation de l’Édit de Nantes s’était réfugiée dans les montagnes de Savoie pour fuir les persécutions.
La culture et l’art sont des espaces de liberté uniques et des moyens de lutter contre la barbarie
Cette année, l’actualité géopolitique marquée par les conflits, que ce soit en Ukraine, en Palestine, au Soudan et j’en passe … m’amène à parler de l’art et de la culture, éléments rassembleurs permettant de constituer le capital social d’une communauté. De Joseph Czapski, artiste peintre polonais et auteur de « Proust contre la déchéance », qui fut envoyé en 1940 dans un camp russe et qui pour lutter contre la souffrance, décida d’organiser des conférences et de narrer le parcours de Swann, la superposition du narrateur et de l’auteur, la fragilité et la dimension philosophique de l’œuvre de Proust, aux photos des bibliothèques remplies de lectrices et de lecteurs lors du siège de Stalingrad, sont des références culturelles fortes pour préserver sa pensée et sa dignité.
La culture et l’art sont des espaces de liberté uniques et des moyens de lutter contre la barbarie, de comprendre l’autre et de créer du lien social, d’avoir un regard original sur les réalités et de remettre en question les normes et les dogmes. L’art et la culture sont la part d’humanité essentielle à l’existence.
Je conclurai cette intervention en citant une chanson de 1972 « Perlimpinpin » de Barbara :
” Pour qui, comment, quand et pourquoi, s’il faut absolument qu’on soit contre quelqu’un ou quelque chose, Je suis pour le soleil couchant, en haut des collines désertes, Je suis pour les forêts profondes, Car un enfant qui pleure qu’il soit de n’importe où, est un enfant qui pleure, Car un enfant qui meurt au bout de vos fusils est un enfant qui meurt, Que c’est abominable d’avoir à choisir entre deux innocences, Que c’est abominable d’avoir pour ennemis, les rires de l’enfance.”
Michel Pomatto en compagnie entre autres de l’ancien Conseiller d’Etat P.-F.Unger et son épouse, les conseillers administratifs S.Portier et L.Jimaja. Au 1er plan, V.Gillet, secrétaire général du Centre, C. Aellen, conseiller national, B. Favre, ancien conseiller administratif, J. Fiss, députée, V.Maitre, conseiller national.
Mon propos se veut positif, un appel à la raison adressé au Vietnam, à la liberté et aux droits de l’homme , à l’amitié entre Suisses et Vietnamiens, et le COSUNAM en est un bel exemple. Vive le COSUNAM, vive Le Grand-Saconnex, vive Genève !
Michel Pomatto, maire du Grand-Saconnex
Pour visionner la video de l’accueil de Chau Van Kham, cliquez sur ce lien.
Ancien président de parti, Alexandre de Senarclens, a initié en début d’année une démarche avec un collectif de quinze députés genevois pour une rencontre et un dialogue constructif avec les autorités diplomatiques du Vietnam. Candidat au Conseil National aux élections féférales du 22 octobre, il nous explique au cours d’un entretien ses motivations et ses souhaits pour un meilleur Vietnam.
“Le Comité Suisse-Vietnam COSUNAM se bat depuis de nombreuses années pour les droits humains au Vietnam et appelle à soutenir toutes voies pacifiques pour la démocratisation du Vietnam au sens de l’instauration de la liberté d’expression, d’élections libres et plus généralement de libertés publiques conformes à la Déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen.
Bravo pour son travail acharné et ce magnifique combat !”
Alexandre de Senarclens, député et candidat au Conseil national
Cliquez pour visionner l’entretien dans le parc du Château au Grand-Saconnex devant la stèle des boat-people vietnamiens.
Avec nos amis et candidats qui porteront haut et fort l’aspiration pour un meilleur Vietnam, démocratique et respectueux des droits de l’homme, dans l’hémicycle du Conseil national à Berne
A 21 ans, c’est la plus jeune conseillère municipale du canton de Genève. Elue du Grand-Saconnex, commune chère aux yeux de la communauté vietnamienne puisqu’elle abrite la stèle des boat-people vietnamiens depuis 2005 et une belle Promenade des Libertés, Alessia Cavalieri est candidate au Conseil national sur la liste ” Les Jeunes du Centre”.
A côté de nos politiciens expérimentés et amis du Cosunam, nul doute qu’elle saura apporter une vision de jeunesse, de spontanéité à la vie politique genevoise et suisse.
« Aujourd’hui plus que jamais, je suis convaincue que la Suisse a un rôle important à jouer dans les relations internationales et dans la promotion de la démocratie.
Pionnière à bien des égards, elle incarne un idéal politique encore jamais égalé et de ce fait, elle se doit d’agir fermement pour soutenir des pays comme le Vietnam à instaurer une démocratie respectueuse des droits humains et de l’intégrité de chacun de ses ressortissants.
Notre belle Suisse a un rôle bien plus grand à jouer sur l’échiquier international que ce qu’elle fait actuellement, et c’est l’un des thèmes que je souhaiterai porter à Berne. » Alessia Cavalieri.
Une image valant mille mots, nous vous invitons à la découvrir à travers l’émission de Pascal Décaillet en cliquant sur le lien suivant.
C’est dans une ambiance chaleureuse que quelques 250 invités et leurs enfants se sont retrouvés lors de la fête traditionnelle de la mi-automne organisée le 30 septembre dernier à Meinier par Mme Thê Hông Tang Lâm, dynamique et fidèle amie du Cosunam.
Nous rappelant les moments heureux de notre enfance au Vietnam, Mme Thê Hông a coordonné un magnifique spectacle haut en couleurs, avec danse de la Licorne, des chorégraphies pour enfants, une démonstration toujours impressionnante d’art martial par la troupe VOVINAM. De nombreux et délicieux stands culinaires étaient bien sûr à la disposition du public.
Les nombreux enfants, petit-enfants présents de la communauté vietnamienne et leurs camarades suisses sont montés sur scène trépignant de joie avec leurs lampions au grand bonheur des parents.
Merci à Mme Thê Hông, Madame Communauté comme nous l’appelons affectueusement, d’entretenir ainsi la flamme artistique et festive de la communauté vietnamienne de Suisse même à mille lieux de leur pays.
Pour Washington, une relation plus étroite avec Hanoi servira de contrepoids à l’influence pesante de la Chine.
Par Jean-marc Comte / L’ « accord de partenariat stratégique global» avec le Vietnam qui devrait être annoncé prochainement lorsque le président Biden fera sa visite d’État au Vietnam est la dernière étape de l’administration de Biden pour consolider ses relations en Asie du Sud-Est.
C’est un signal fort que Hanoi , malgré le lien idéologique communiste avec la Chine, est disposé à risquer étant donné le comportement agressif de cette dernière dans cette région du monde depuis quelques années . L’accord devrait conduire à une activité économique accrue entre les deux pays, car les États-Unis cherchent aussi à diversifier ses chaînes d’approvisionnement de fabrication tandis que le Vietnam tend à développer des technologies de pointe.
Le Vietnam espère ainsi maintenir un certain équilibre entre les deux puissances afin de maintenir sa propre souveraineté.
Il faut savoir que le Vietnam, qui partage une frontière terrestre avec la Chine, continue à proclamer sa souveraineté sur les îles Spratly et Paracells de la mer de Chine du Sud et ce malgré la marine chinoise qui harcèle continuellement les opérations de forage de pétrole et les navires de pêche vietnamiens.
Pour avoir un indo-Pacifique libre et ouvert, il faut vraiment avoir besoin de sociétés libres et ouvertes.
Mais ce rapprochement stratégique a suscité des interrogations voire des critiques des défenseurs internationaux des droits de l’homme accusant Hanoi de continuer à réprimer férocement la liberté d’expression et les mouvements d’opposition.
En effet, dans le cadre d’une visite très médiatisée au Vietnam en 2016, le président Barack Obama avait rencontré un groupe de dirigeants et activistes des droits de l’homme dans la société civile. Après une certaine éclaircie, beaucoup d’entre eux croupissent maintenant en prison ou en exil.
Selon Amnesty International et Human Rights Watch, le Vietnam a emprisonné près de 200 personnes ces dernières années sur des motifs politiques, dont plusieurs militants climatiques les plus importants du pays.
Washington devrait insister pour juger les promesses et les progrès accomplis par Hanoi dans l’exercice des droits de l’homme et les libertés civiles, a déclaré Duy Hoang, directeur exécutif de Viet Tan, mouvement d’opposition non-violente “Pour avoir un indo-Pacifique libre et ouvert”, a déclaré Duy, “Vous avez vraiment besoin de sociétés libres et ouvertes ».
Si l’on comprend parfaitement les intérêts très différents mais biens complémentaires entre Américains et Vietnamiens, M. Biden doit impérativement le conditionner à des résultats concrets en matière de droits humains. Le peuple vietnamiens n’a que faire de ce nouvel accord s’il n’en est pas légitimement le premier bénéficiaire.
C’est avec cette conviction que le Cosunam a rejoint les associations de défenses des libertés au Vietnam dans un courrier adressé au président des Etats-Unis.♦
En Suisse, contrairement au Vietnam, l’Etat ne décide pas de tout, les citoyens votent plusieurs fois par an sur des sujets importants ou parfois secondaires. C’est dans cette espace de multipartisme que nous élisons et renvoyons nos autorités communales, cantonales et fédérales.
Dans cette édition de notre Newsletter, nous souhaitons vous orienter sur quelques personnalités politiques qui , selon nos expériences et nos contacts à ce jour, se sont montrées particulièrement engagées ou prononcées pour les droits de l’homme au Vietnam chaque fois que c’est nécessaire. Ce sont ces “Amis du Vietnam” que nous avons eu le plaisir de recevoir lors de nos manifestations ou qui se sont associés à nos appels et nos pétitions. Et c’est sur eux que nous comptons dans le futur pour appuyer nos efforts d’informations au plus haut niveau pour plus de démocratie au Vietnam et pour des actions concrètes en soutien des prisonniers politiques et de conscience.
Car n’hésitons pas à le dire. Depuis quelques années, les droits de l’homme et la liberté d’expression sont en plein recul au Vietnam malgré les multiples promesses du régime à parti unique.
Les personnes que nous citons dans cet article et qui se présentent aux élections pour le Conseil national et au Conseil des Etats au mois d’octobre 2023 , s’expriment ici et porterons haut et fort à Berne , nous l’espérons , la parole qui a été confisquée par Hanoi au Vietnam.
Le 22 octobre prochain, à l’élection du Conseil national et du Conseil des Etats , nous vous appelons à remplir votre devoir de citoyen envers Genève en allant voter et à leur apporter votre confiance. ♦/ Texte de Luy Nguyen Tang , Secrétaire général
Alexandre de Senarclens
Alexandre de Senarclens, député PLR, avocat, marié, trois enfants, commune de domicile Chêne-Bougeries. Il tente actuellement avec un collectif d’une douzaine de députés suisses une démarche de dialogue constructif auprès des autorités diplomatiques vietnamiennes en Suisse en faveur des prisonniers de conscience.
« Selon Human Rights Watch, le bilan du Vietnam en matière de droits humains demeure déplorable dans pratiquement tous les domaines. Le Parti communiste maintient le monopole du pouvoir politique, sans permettre la moindre contestation. Les droits fondamentaux sont sévèrement restreints, y compris les libertés d’expression et des médias, de réunion publique, d’association, de conscience et de religion. Les défenseurs des droits humains et les blogueurs sont confrontés à l’intimidation et au harcèlement de la part de la police, à des arrestations arbitraires. Les travailleurs ne sont pas autorisés à former des syndicats indépendants. Le système de justice pénale manque d’indépendance.
“Il faut prendre la parole sur les droits de l’homme et c’est ce que je ferais si je suis élu au Conseil National. Les relations avec le Vietnam ne peuvent se résumer au développements des échanges commerciaux par le biais d’un accord de libre-échange. La Suisse doit avoir des exigences en matière des droits humains. Cela devrait être une priorité de notre diplomatie de rappeler systématiquement nos attentes en la matière et de suivre de près l’évolution sur le terrain.”♦
Jean-Marc Guinchard
Jean-Marc Guinchard est juriste, consultant, député du Centre et ancien président au Grand Conseil genevois. Signataire de nombreuses pétitions pour la défense des droits de l’homme, il participe activement aux soirées de soutien de notre comité dont il a fait la connaissance il y a bien des années à la Fédération des Syndicats Patronaux.
“Les intérêts économiques prennent régulièrement le pas sur le respect des droits de l’homme. Ils se soucient rarement de la démocratie et ce sont généralement les ONG, ou des centres d’intérêts comme le Cosunam, qui parviennent à maintenir la pression sur les régimes dictatoriaux. L’action du Cosunam garde ainsi toute sa pertinence.
L’année prochaine, en avril 2024, le Vietnam devrait passer à Genève son examen périodique UPR sur la situation des droits de l’homme devant les Nations-Unies. Au regard des rapports d’Amnesty International AI, Human Rights Watch HRW et Reporters Sans Frontières RSF comme à celui des actions du Cosunam, je constate que la situation du respect des droits de l’homme ne fait que se détériorer”.♦
Laurent Jimaja
Originaire du Bénin (ex-Dahomey), Laurent Jimaja est engagé en politique suisse depuis plusieurs années. Il a été élu au Conseil Administratif en tant que Vert(s) du Grand- Saconnex en 2015, et réélu en 2020. Sa commune reçoit officiellement chaque année lors d’une séance un(e) prisonnier(ère) de conscience du Vietnam libéré(e) et expulsé(e).
“L’opposition politique non-violente est une bonne chose pour la vitalité de la démocratie, et il est déplorable au Vietnam qu’elle soit muselée voire interdite, et que la liberté soit bafouée.
Dans les régimes dictatoriaux – que ce soit la dictature du prolétariat ou la dictature imposée par une classe dirigeante– les contributeurs potentiels aux progrès sont réprimés. Cette répression se fait sous prétexte que les opposants menacent la sécurité de l’Etat alors même que ce sont toutes les citoyennes et tous les citoyens qui sont les véritables détenteurs du pouvoir, et que l’on devrait les écouter pour améliorer les options choisies.
J’espère que le COSUNAM sera également consulté ou entendu par les participants lors de la prochaine session de l’UPR sur la question des droits de l’homme au Vietnam en avril 2024 car son combat depuis sa création reste pertinent et d’actualité.”♦
Cyril Aellen
Cyril Aellen, député PLR, avocat, marié, quatre enfants, commune de domicile Veyrier. Il est, depuis de nombreuses années, un fidèle soutien du Cosunam et fait partie du collectif des élus genevois en faveur des prisonniers de conscience vietnamiens.
” Les régimes dictatoriaux se caractérisent par une violation régulière des droits de l’homme et un système économique régulé peu prospère. Les rapports d’Amnesty International AI, Human Rights Watch HRW et Reporters Sans Frontières RSF rappellent sans équivoque que le régime communiste en vigueur au Vietnam est à l’origine de nombreuses restrictions inadmissibles en matière de libertés d’expression, de réunion publique, d’association, de conscience et de religion.
Le combat du Cosunam est fondamental car il permet notamment de mettre une forte et juste pression sur le régime politique unique du Vietnam, afin d’obtenir la libération de plusieurs prisonniers de conscience.
Si la promotion d’un système démocratique au Vietnam, seul garant d’un état de droit et d’une économie prospère au bénéfice de ses habitants, relève principalement de la compétence du Conseil fédéral dans le cadre des relations avec les Etats étrangers, le soutien des chambres fédérales, et du Conseil national en particulier, est également important”.♦
Vincent Maitre
Vincent Maitre, conseiller national, est le fils de Jean-Philippe Maitre, ancien conseiller d’Etat genevois qui était en fonction lors de la création du comité Suisse-Vietnam Cosunam en 1990. Son parti Le Centre , ancien PDC, a toujours été soutien indéfectible de la cause des droits de l’homme et des réfugiés vietnamiens avec des personnalités de l’époque comme Guy Fontanet, Hélène Braun-Roth, Pierre Marti .
Vincent Maitre est aussi candidat au Conseil des États aux élections fédérales.
« Comme Conseiller national du parti du Centre, mais plus particulièrement comme avocat, je suis particulièrement sensible aux revendications du peuple vietnamien en faveur de la démocratie et des droits de l’homme. Je souhaite continuer à porter, à Berne, ces valeurs de liberté et d’humanisme, afin qu’elles restent au cœur des préoccupations de la Suisse dans sa relation bilatérale avec le Vietnam.
Je considère que notre pays, exemple de démocratie dans le monde, a une voix particulière à faire entendre auprès des autorités vietnamiennes sur ce sujet. ♦»
Par Alexandre de Senarclens, député PLR genevois / En tant que membre du Conseil des droits de l’homme pour la période 2023-2025, le Vietnam prétend mettre l’accent sur la protection des groupes vulnérables et la lutte contre la violence et la discrimination à leur égard ; la promotion de l’égalité entre les sexes, en particulier pour les femmes et les filles à l’ère de la transformation numérique ; ainsi que la résolution des problèmes mondiaux, en particulier le changement climatique.Il n’en est malheureusement rien.
En effet, selon la très réputée ONG Human Rights Watch, « le bilan du Vietnam en matière de droits humains demeure déplorable dans pratiquement tous les domaines. Le Parti communiste maintient le monopole du pouvoir politique, sans permettre la moindre contestation. Les droits fondamentaux sont sévèrement restreints, y compris les libertés d’expression et des médias, de réunion publique, d’association, de conscience et de religion. Les défenseurs des droits humains et les blogueurs sont confrontés à l’intimidation et au harcèlement de la part de la police, à des restrictions de mouvement, à des arrestations arbitraires et à la détention au secret. Des agriculteurs perdent des terres qui sont allouées à des projets de développement sans recevoir de compensation adéquate ; les travailleurs ne sont pas autorisés à former des syndicats indépendants. La police recourt régulièrement à la torture et aux passages à tabac pour extorquer des aveux. Le système de justice pénale manque d’indépendance ; les tribunaux condamnent par exemple des dissidents politiques et des militants de la société civile à de longues peines de prison sur la base de fausses accusations liées à la sécurité nationale ».
Pour lutter efficacement contre cette situation, la mobilisation des ONG, des associations comme le COSUNAM, dont je fais partie depuis de nombreuse années, et de la société civile est essentielle. Il faut en outre la pression des pays démocratiques, dont la Suisse. Le Vietnam ne peut se résumer pour notre pays en un simple partenaire commercial auquel on ne demande aucun compte sur la situation des droits humains.
A ce titre, il semble que la visite du mois de juin d’une délégation du Conseil national au Vietnam, menée par son président Martin Candinas, ( voir photo ci-dessus) n’a pas été à la hauteur de ce que nous devrions attendre d’élus à Berne. De ce qui a été relaté par la presse et par le site officiel du Conseil national, il n’a été question que de bonnes relations entre nos deux pays et du développements des échanges commerciaux par le biais d’un accord de libre-échange. Il apparaît qu’aucune communication n’a été faite sur les attentes de la Suisse en matière des droits humains. Cela n’est pas acceptable. Il devrait être une priorité de notre diplomatie de rappeler systématiquement nos exigences en la matière et de suivre de près l’évolution sur le terrain.
La communauté suisse d’origine vietnamienne notamment genevoise bien intégrée dans la société civile attend de ses élus actuels et à venir un engagement marqué dans ce sens. Je serai de ceux-là ♦
Alexandre de Senarclens, député PLR, candidat au Conseil national à l’élection du 22 octobre 2023
Député au Grand Conseil depuis 2016, Alexandre de Senarclens est né à Genève en 1975, canton dans lequel il a suivi ses écoles. Après avoir obtenu son brevet d’avocat, il a pratiqué au sein d’études genevoises. Pour lui, la Suisse – ouverte sur le monde et accueillante – a su se nourrir de l’apport des communautés étrangères venues s’y installer dont celle des Vietnamiens. Il s’est engagé en 2003 au sein du parti Libéral et est devenu en mai 2015 le Président du PLR (parti Libéral-Radical) Genève. Sympathisant et membre du Cosunam depuis 2016, candidat au Conseil national à l’élection en octobre 2023, il mène actuellement l’initiative d’un collectif d’une douzaine de députés genevois pour des discussions constructives avec l’Etat vietnamien en matière de défense des droits de l’homme.
Sébastien Desfayes (Le Centre) et Alexandre de Senarclens (PLR).
Onze députés au Grand Conseil ont adressé fin mai un courrier à l’ambassade du Vietnam à Berne. Signé notamment par Alexandre de Senarclens (PLR) et Sébastien Desfayes (Le Centre), il réclame un entretien à l’ambassadeur.
«Nous sommes vivement préoccupés par la question des prisonniers politiques et de conscience et, en particulier, en raison de sa gravité, le cas des familles Lê et Trinh», écrivent les élus. «Cette dernière a fait l’objet d’une pétition du Comité Suisse Vietnam (Cosunam) envoyée le 30 décembre dernier aux plus hautes autorités de votre pays. Elle appelle au respect et à l’application des droits humains attachés à la personne en matière juridique ainsi qu’à la garantie de leur intégrité physique.»
Le cas de la famille Lê est lié à un conflit dans le village de Dong Tam au sud du Vietnam opposant les autorités et les villageois. Ceux-ci refusent de vendre un terrain cultivé «à la société Viettel, le plus grand groupe de télécommunications du Vietnam, lié à l’armée». La situation a débouché sur des affrontements (…)
Après près de quatre ans et demi de détention, Châu Van Kham, citoyen naturalisé australien, a été libéré d’une prison vietnamienne et a retrouvé sa famille en Australie. M. Chau a été arrêté au Vietnam en janvier 2019 et condamné à 12 ans de prison pour terrorisme. Sa libération est le résultat d’une intervention marquée du gouvernement australien auprès du régime vietnamien pendant plusieurs mois ainsi que la persévérance des organisations civiles dans leurs actions publiques.
M. Chau, un membre de Viet Tan âgé de 74 ans, a été arrêté lors d’un voyage au Vietnam en 2019. Les autorités ont allégué qu’il était entré dans le pays via le Cambodge avec un faux document. Il a été condamné à 12 ans de prison pour avoir milité activement au sein de Viet Tan et «financé le terrorisme». Cependant, son procès, qui a duré moins de cinq heures, a été rejeté comme une “imposture” par sa famille.
Le cas de Chau Van Kham met en évidence la lutte en cours pour la démocratie au Vietnam et les défis auxquels sont confrontés les militants pacifiques qui rentrent au pays. Viet Tan, l’organisation à laquelle M. Chau est affilié, est considérée comme une organisation terroriste par le gouvernement vietnamien. Cependant, dans le monde, nombreuses sont les personnalités de tout bord qui soutiennent le Viet Tan en tant que parti d’opposition non-violent et qui oeuvre pour des réformes démocratiques et la défense des droits de l’homme.
Si la libération de M. Chau est réjouissante, elle soulève également des inquiétudes quant au traitement réservé aux quelques 200 autres militants et aux défenseurs des droits humains au Vietnam qui n’ont pas la chance d’avoir des relais à l’étranger. La détention arbitraire et le procès inéquitable auxquels M. Chau a été confronté ne sont pas des incidents isolés mais reflètent un schéma plus large de répression dans le pays. Il est crucial que la communauté internationale continue de sensibiliser et de plaider en faveur de la protection des droits de l’homme au Vietnam.
Mis en accusation et recherchés par la police , les avocats Nguyen Van Mieng, Dang Dinh Manh et Dao Kim Lan ( trois avocats qui ont participé à la défense de nombreuses affaires d’expropriation dont celles du temple boudhiste Tinh That Bong Lai et du village de Dông Tâm) sont arrivés en sécurité sur le sol américain.
Arrivé in extrémis aux Etats-Unis après avoir fait l’objet d’un avis de recherche par la police, l’avocat Dang Dinh Manh a déclaré aux médias dans la matinée du 19 juin 2023: “ J’ai été mis au courant des convocations et ensuite de l’avis de recherche du 11 juin par la police provinciale de Long An, décision qui n’est nullement basée sur le règlement des instances judiciaires du Vietnam. Celle-ci m’accuse d’avoir enfreint les règles de l‘article 331 du code pénal (* ) lors de mes plaidoyers. J’estime que je n’ai aucune obligation à exécuter avec la police. De plus, c’est mon droit fondamental de partir, de voyager, de résider et de choisir comment travailler. C’est un droit constitutionnel des citoyens. En fait, j’exerce mes libertés civiles comme le prescrit la Constitution vietnamienne”
L’avocat Nguyen Van Mieng : « Je suis arrivé aux États-Unis à midi le 16/6/2023 à l’aéroport de Dulles, en Virginie. Ma famille et moi sommes arrivés aux rivages de la liberté. Nous sommes très soulagés car ces convocations et avis de recherches ont été un fardeau terrible pour nous pendant ces derniers mois. “
Les nouvelles de l’arrivée des avocats aux États-Unis ont généré des sentiments mitigés d’amis et de connaissances au Vietnam. “Je suis heureux pour mes amis mais inquiets pour ceux qui restent toujours”, a déclaré Nguyen anh Tuân qui a travaillé comme avocat de la défense dans de nombreux cas politiques. “Le nombre d’avocats nationaux qui osent défendre les clients dans des cas politiques est inférieur au nombre de nos doigts”, a écrit Tuan. “Les voix critiques existent-elles toujours ou disparaissent-elles progressivement dans le temps ?” •
(*) L’article 331 est une loi controversée du Code pénal vietnamien. Cette disposition légale a été sévèrement condamnée par des avocats et les experts juridiques internationaux en raison de sa formulation vague et de son interprétation arbitraire. Le gouvernement vietnamien a fréquemment utilisé cet article pour criminaliser certains droits civils élémentaires, en particulier la liberté d’expression. L’article 331 du Code pénal érige en infraction les activités consistant à “abuser de la liberté démocratique pour porter atteinte aux droits et intérêts légitimes de l’État et des individus”.
HRW Human Rights Watch (HRW) et Reporters sans frontières (RSF) accusent le Vietnam d’avoir enlevé un blogueur réfugié en Thaïlande.
Le journaliste Duong Van Thai, qui avait fui en Thaïlande en 2019 pour échapper aux autorités vietnamiennes et ensuite obtenu le statut de réfugié, a disparu à mi-avril 2023. Selon les médias officiels vietnamiens, l’homme de 41 ans est actuellement en détention au Vietnam après avoir été arrêté pour “entrée illégale” dans le pays par un passage frontalier non officiel près du Laos le 14 avril.
Phil Robertson, directeur adjoint de la division Asie de HRW ainsi que Daniel Bastard, responsable du bureau Asie-Pacifique de RSF ont demandé aux autorités thaïlandaises d’enquêter. “Des agents de l’État vietnamien ont enlevé Duong van Thai , réfugié reconnu par le HCR, dans la rue près de sa résidence dans la province de Pathum Thani, juste à l’extérieur de Bangkok”, a déclaré Robertson lors d’une conférence à Bangkok.
Grace Bui, une amie de Duong et ancienne chargée de plaidoyer au 88 Project, une organisation à but non lucratif qui promeut la liberté d’expression au Vietnam, a déclaré que Duong “ne serait jamais (volontairement) retourné au Vietnam”.
Disposant, précisément, de sources dans les plus hautes instances du PCV, Duong Van Thai publiait, sous forme de textes et de vidéos, de nombreuses informations sur la corruption et les luttes intestines au sein du parti. En tant que tel, il était une cible privilégiée du tout-puissant secrétaire général Nguyen Phu Trong, en bonne place dans la galerie des prédateurs de la liberté de la presse publiée par Reporters Sans Frontières. Les médias d’État ont déclaré qu’il publiait des “informations déformées” sur les fortunes des dirigeants vietnamiens.
Mme Grace Bui a décrit comment le 13 avril, elle a reçu un appel disant que Duong avait disparu. Des témoins lui ont dit plus tard qu’ils avaient vu deux berlines blanches bloquer sa moto, une devant et une derrière. “Ils sont venus pendant Songkran (Nouvel An thaïlandais) donc tout le monde était en vacances et tous les magasins étaient fermés”, a-t-elle dit, ajoutant que Duong lui avait dit à plusieurs reprises depuis 2021 qu’il se sentait en danger.
La police thaïlandaise a déclaré avoir contacté les autorités vietnamiennes sans succès. Seule information qui a émergé : la police de la province de Ha Tinh, dans le nord du Vietnam, a affirmé le lendemain de cette disparition que Duong Van Thai avait été arrêté pour “entrée illégale” sur le territoire national depuis… le Laos !
Exfiltrations sauvages orchestrées par Hanoi.
Ce n’est pas la première fois que des citoyens vietnamiens réfugiés disposant d’informations sur le régime sont “exfiltrés” vers leur pays d’origine. En janvier 2019, Truong Duy Nhat, de Radio Free Asia, a été enlevé en plein cœur de la capitale thaïe. Il a été condamné, le 9 mars 2020, à 10 ans de prison pour avoir “abusé de sa position professionnelle”.
En Europe même, un tribunal allemand avait condamné en 2018 un Vietnamien, Long N.H, résidant en Slovaquie à près de quatre ans de prison pour avoir participé à un enlèvement dans le plus pur style de la guerre froide orchestré par Hanoï d’un ressortissant vietnamien Trinh Xuân Thanh – ancien apparatchik en fuite- en plein milieu d’un parc de Berlin. Sous couvert diplomatique, une escouade d’agents de la sécurité vietnamienne avait fait le déplacement en Allemagne pour organiser ce rapatriement forcé que le régime a présenté comme un retour volontaire. Le gouvernement allemand a pu remonter une partie de la filière impliquée et expulsé deux diplomates vietnamiens en réponse.
Le Cosunam était intervenu en décembre 2022 en faveur des trois membre de la famille Trinh par l’envoi d’une pétition munie d’une centaine de signatures de personnalités genevoises aux cinq plus hautes autorités vietnamiennes. Missive restée sans réponse à ce jour. La présente lettre d’un membre de la famille demande de continuer notre engagement en leur faveur.
“Mesdames , Messieurs ,
Mon nom est Mme Dô Thi Thu, une citoyenne du Vietnam.
Tout d’abord, je voudrais adresser mes meilleurs vœux de santé, de paix et de bonheur aux membres du comité Suisse Vietnam Cosunam .
Toute ma famille a été arrêtée en même temps, trois personnes qui sont les piliers de la famille, qui luttent pour les droits fonciers, qui dénoncent les injustices du régime communiste et s’efforcent de rapporter honnêtement et objectivement les dossiers en cours .
Famillle Trinh-Tu, Phuong et Can thi Thêu
Il s’agit de ma mère, Mme Cân Thi Thêu, de mon frère Trinh Ba Tu et de mon mari Trinh Ba Phuong.
Les autorités communistes se sont vengées et ont voulu les faire taire en leur infligeant de lourdes peines de prison. Ma mère Cân Thi Thêu et mon frère Trinh Ba Tu ont chacun été condamnés à 8 ans de prison et 3 ans de probation, mon mari Trinh Ba Phuong a été condamné à 10 ans de prison et 5 ans de probation.
Auparavant, ma mère avait déjà été envoyée en prison par le gouvernement communiste vietnamien à deux reprises. La première fois, c’était en 2014 avec une peine de 15 ans d’emprisonnement. La deuxième fois en 2016 avec une peine de prison de 20 mois.
Mon père Trinh Ba Khiêm a également été emprisonné en 2014 avec une peine de 15 mois de prison.
Pour les cinq membres de ma famille, on peut compter un total de 30 ans, 2 mois et 11 ans de probation.
Mon mari Trinh Ba Phuong a été arrêté lorsque j’ai donné naissance à mon deuxième enfant de quatre jours, mon premier fils n’avait que 2 ans. Le 24 juin 2020, mon mari a été arrêté et emmené dans une agence de sécurité. Quatre policiers se sont relayés pour le frapper la tête et les organes génitaux. Ils l’ont ensuite envoyé dans un hôpital psychiatrique le 1er mars 2021. Pendant un mois , le régime a torturé mon mari à la fois physiquement et mentalement. À l’hôpital psychiatrique, mon mari est surveillé 24 heures sur 24, ne peut parler à personne, n’a pas à disposition d’eau potable. Il doit demander aux gardiens chaque tasse d’eau pour survivre . Mon mari a été détenu pendant 25 mois avant d’aller au procès en appel.
Lorsque mon frère Trinh Ba Tu a été arrêté , ses reins étaient enflés, les conditions de vie dans le camp de détention de la police de Hoa Binh étaient extrêmement dures, la cellule était bondée, l’eau manquait et il n’ y avait aucune ventilation. Il a fait une grève de la faim de 20 jours pour protester contre sa détention injustifiée.
Ma mère, Cân Thi Thêu, alors qu’elle était en détention au centre de détention de la police provinciale de Hoa Binh, a été détenue la première semaine dans une cellule de 7m2 avec 12 autres personnes et une température de près de 40 degrés.
Lors de la tenue des procès, la plupart des autres membres de la famille et des proches amis ont été retenus à l’extérieur des locaux ou assignés à domicile alors que les tribunaux sont en principe ouverts au public.
Actuellement, les trois membres de ma famille sont détenus dans trois endroits différents bien loin de mon domicile , ma mère est au camp no 5 Thanh Hoa à 70 km, mon frère Tu est au camp no 6 Nghe An à 260 km, mon mari est au camp An Diem, Quang Nam est à 835km .
J’espère que le Comité Suisse Vietnam Cosunam prendra la parole pour ma famille ainsi que pour la situation des droits de l’ homme au Vietnam en général.
Je vous remercie de retenir l’histoire tragique de ma famille et vous souhaite le meilleur de la santé et de la paix.”
« L’Ukraine de l’Indo-Pacifique, ce n’est pas Taïwan. Regardez plutôt vers le Vietnam ! ». Voilà le pavé dans la mare lancé en 2022 par Dereck Grosman, spécialiste américain des questions de défense, et repris récemment dans un article du Monde.
Si la comparaison est très certainement exagérée, si ce n’est provocatrice, elle n’est cependant pas totalement dénuée de pertinence.
D’abord, la jeunesse vietnamienne, à l’instar de la jeunesse ukrainienne de 2014, a soif de liberté. Elle réclame des réformes politiques, la fin de la corruption et des mesures leur garantissant le respect des libertés fondamentales. Mais contrairement au gouvernement de Viktor Ianoukovitch à l’époque, le régime d’Hanoï, malgré son vieillissant secrétaire général, Nguyen Phu Trong, ne semble pas prêt à vaciller. Verrouillant toutes les couches de la société et réprimant impitoyablement la moindre dissidence, le Parti Communiste vietnamien tient fermement le pouvoir. Et l’isolement des dissidents sur la scène internationale n’aide pas.
Comme l’Ukraine de 2014, la situation économique au Vietnam s’est brutalement dégradée ces derniers mois. Dans un rapport d’avril 2023, la Banque Mondiale s’est inquiétée du ralentissement continu de l’économie vietnamienne. La chute des investissements étrangers (moins 40% lors du premier trimestre 2023), alliés à une forte inflation et à un taux du crédit qui a bondi à 9.5%, a provoqué des violentes secousses dans l’immobilier et dans l’industrie. Le chômage et la pauvreté ont bien sûr explosé dans un pays rongé par la corruption et ne connaissant pas le filet social.
Ne pas fâcher le ” le grand frère du Nord”.
Ensuite et surtout, à l’instar de l’Ukraine, le Vietnam est toujours sous la menace du puissant « grand frère » chinois. La guerre sino-vietnamienne de 1979 a créé un fort ressentiment – et une crainte d’une ampleur encore supérieure – à l’égard de la Chine auprès de la population vietnamienne. Déclenchée par la Chine qui affirmait que l’invasion du Vietnam était justifiée par l’agression vietnamienne du Cambodge, cette guerre a causé des pertes humaines considérables. Même si le pays a in fine conservé l’intégralité de son territoire, l’hostilité et la peur du puissant voisin du nord sont bien inscrits dans l’ADN de la population. Cette crainte est aujourd’hui encore plus présente – et peut-être plus justifiée que jamais. Le Vietnam ne peut plus compter sur le soutien de la Russie qui était son premier protecteur et fournisseur d’armes (plus de 90% de l’armement vietnamien est d’origine russe) depuis le début de la guerre du Vietnam. Les liens militaires et économiques entre le Vietnam et la Russie s’étaient d’ailleurs renforcés après la guerre sino-vietnamienne de 1979.
En outre, la Chine et le Vietnam ont des prétentions territoriales opposées en Mer de Chine méridionale. Les Îles Paracels et les Îles Spratleys ( Hoang Sa et Truong Sa selon les Vietnamiens ) sont revendiquées par les deux pays. Situées dans une région riche en ressources naturelles, elles sont d’une importance géostratégique fondamentale. Occupées “manu militari” par Pékin depuis des années, ces îles fortifiées contrôlent l’une des voies de trafic maritime les plus fréquentées au monde et représentant un tiers du commerce maritime mondial, sur laquelle transite en outre le pétrole importé par la Chine et le Japon. Si le différent est brûlant, il n’en demeure pas moins que Pékin dispose d’une supériorité militaire écrasante, ce qui explique la « prudence », pour ne pas dire la passivité du régime de Hanoï face aux différentes atteintes à sa souveraineté en Mer de Chine méridionale. Ces violations n’ont pas été sans conséquence sur la population locale, et en premier lieu sur les pêcheurs vietnamiens qui ont été brutalement privés de leur gagne-pain.
Et les Etats-Unis dans tout ça ? Comme les administrations Trump et Obama, Biden entend renforcer les liens avec le Vietnam. Hanoï est considéré comme un pion important permettant, sur l’échiquier de l’Indo-Pacifique, de contrebalancer la toute-puissance de la Chine. Le Vietnam pourrait ainsi devenir un précieux pilier dans la région en cas de conflit en Mer Orientale. Pourtant, la réciproque n’est pas vraie. Afin d’éviter le sort ukrainien et la répétition de l’invasion de 1979, le régime d’Hanoï déploie des trésors de prudence et de réserve pour ne pas fâcher son « grand frère » du nord. Preuve en est la visite du secrétaire général vietnamien Trong à Xi Jing après sa réélection , le premier dirigeant étranger à se rendre en Chine dans la pure tradition asiatique du vassal à son suzerain “permettant d’approfondir la confiance stratégique entre les deux Partis et les deux États” selon ses propres termes.
Gardant à l’esprit de dicton chinois “L’eau lointaine n’éteint pas le feu proche”, les apparatchiks savent qu’il y a plus à craindre de son voisin qu’à espérer de son lointain ancien meilleur ennemi.
“Je ne pouvais plus vivre dans un pays où je n’étais plus libre de mes mouvements. C’est pourquoi j’ai cherché par tous les moyens à quitter le Vietnam, pour trouver la liberté d’abord pour moi, mais ensuite pour celle de mes enfants.”, explique Nguyen Van, genevois d’origine vietnamienne. Quitter son pays pour trouver la liberté, mais aussi pour y retrouver de la dignité, c’est ce qu’ont désiré ardemment de nombreux Boat people. Mais la mer a, aussi, été la fin de leur destin pour nombre d’entre eux.
Le 30 avril 1975, Saigon la capitale du Sud-Vietnam, passait sous le régime communiste. Depuis cette date et pendant les années qui suivirent, beaucoup de Vietnamiens, qui ne partageaient pas cette idéologie et qui aspiraient à une vie meilleure, décidèrent de tout abandonner et de fuir le pays, notamment par la mer. Ce fut l’odyssée des boat-people qui provoqua une émotion considérable dans le monde entier . Entassés sur de frêles embarcations, beaucoup de ces ” damnés de la mer ” , y ont laissé leur vie. Les statistiques oscillent entre 200’000 et 500’000 disparus dans les profondeurs de l’océan. D’autres ont trouvé refuge dans des pays d’accueil dont la Confédération helvétique (une quinzaine de milliers).
Après le temps de la tragédie, ce fut pour les déracinés vietnamiens le temps de la découverte, de la rencontre, de l’échange et, finalement de l’amitié auprès des Suisses. Une nouvelle vie s’ouvrait à eux.
Plus de trente après, la communauté vietnamienne de Suisse a voulu marquer le souvenir de cette épisode tragique de son histoire et exprimer sa reconnaissance à la Suisse, sa seconde patrie. C’est ainsi, qu’à l’initiative du Comité Suisse-Vietnam et de la commune du Grand-Saconnex, soutenue par des personnalité comme Michel Rossetti, maire de Genève, Pierre Maudet , président du parti radical , Pierre Marti, président démocrate-chrétien du Conseil Municipal de Genève, une stèle en souvenir de l’exode des boat-people et de leur arrivée en Suisse, a été officiellement inaugurée à Genève, sur la commune du Grand-Saconnex le 9 février 2006, avec les paroles suivantes :
“En souvenir de l’exode des boat-people dans le monde 1975 – 2005, les réfugiés vietnamiens remercient la Suisse et les pays d’accueil. Nous sommes heureux de vivre dans cet espace de paix, de liberté et de démocratie. Le Vietnam, pays de nos ancêtres, restera à jamais dans nos coeurs.”
C’était la 1ère érigée en Europe. Elle est devenue le lieu de rassemblement et de nombreuses manifestations. Depuis lors, une douzaine d’autres ont vu le jour dans toutes les communautés vietnamiennes exilées en France, Belgique, Allemagne, Danemark et Norvège, au Canada et aux Etats-Unis.
Avril 2023, le message de Pierre Maudet 17 ans après.
“Attaché viscéralement aux libertés, à leur défense et à leur promotion, j’inscris mon combat politique dans la lignée des femmes et des hommes qui assument et entretiennent leurs racines et qui se souviennent du prix élevé payé par leurs aïeux pour conquérir ces libertés. Mon engagement aux côtés de la communauté vietnamienne, du COSUNAM et de ses présidents successifs est fidèle et inconditionnel, car les valeurs sont partagées : les libertés ne se négocient pas, elles s’affirment. Haut et clair.” Bien solidairement,
Le Prix Cino Del Duca 2023 décerné à Duong Thu Huong
Sur proposition, à la majorité absolue, du jury du Prix mondial Cino Del Duca, présidé par Madame Hélène Carrère d’Encausse, secrétaire perpétuel de l’Académie française, le Comité de Fondation Del Duca, présidé par Xavier Darcos, Chancelier de l’Institut de France a décerné le Prix mondial 2023 à Duong Thu Huong.
Créé par Simone Del Duca en 1969, le Prix mondial vient couronner la carrière d’un auteur français ou étranger dont l’œuvre constitue, sous forme scientifique ou littéraire, un message d’humanisme moderne. Doté de 200.000 €, il offre la plus importante dotation pour un prix littéraire après le Prix Nobel.
Une écrivaine engagée et une dissidente politique.
Dương Thu Hương est une romancière et dissidente politique vietnamienne qui participe à la renaissance littéraire du Viêt Nam dans les années 1980, tout comme Nguyễn Huy Thiệp, Phạm Thị Hoài, Bảo Ninh et bien d’autres encore. Populaire, tant au Vietnam, son pays d’origine, qu’à l’étranger, et notamment en France, Duong Thu Huong, née en 1947, a publié une dizaine de romans, tous traduits en français.
De Terre des oublis (2016), son livre le plus lu , aux Collines d’eucalyptus (2014), en passant par Au zénith (2009), elle décrit le quotidien du peuple vietnamien, le poids du passé et des traditions dans une société marquée par les guerre
Biographie
Duong Thu Huong est née en 1947 au Viêtnam. Issue d’une famille révolutionnaire et membre du Parti communiste, Duong Thu Huong fait partie de la génération Hô Chi Minh. À vingt ans, elle dirige une brigade de la jeunesse communiste et est envoyée au front pendant la guerre, sur le 17e parallèle, dans la région la plus bombardée du Vietnam.
De retour à Hanoï en 1977, elle devient scénariste pour le cinéma vietnamien. À partir de 1980, elle conteste violemment la censure et la lâcheté des intellectuels. À partir de 1989, la politique du « renouveau » marquant le pas, Duong Thu Huong devient de plus en plus populaire dans l’opinion publique et de moins en moins acceptée par le pouvoir.
Avocate des droits de l’homme et des réformes démocratiques, elle n’a cessé de défendre vigoureusement, à travers ses livres, ses engagements pour finir par être exclue du Parti en 1990 pour « indiscipline, » avant d’être arrêtée et emprisonnée sans procès le 14 avril 1991. Son arrestation provoqua un large mouvement de protestation en France et aux États-Unis, dans les organisations de défense des droits de l’homme.
Critique très dure à l’endroit du communisme avec tous ses ses défauts et ses illusions.
Elle fut libérée en novembre 1991, mais dû vivre en résidence surveillée à Hanoï jusqu’en 2006. Malgré cet exil intérieur et bien que ses livres soient désormais interdits de publication dans son pays, Duong Thu Huong reste au Vietnam un des écrivains les plus populaires et les plus discutés. Son œuvre est traduite dans le monde entier.
Même si l’histoire des romans de Dương Thu Hương varie énormément d’un roman à l’autre, il est possible de voir dans ses romans dépeints sur un fond d’amour ou de déchirement psychologique que derrière ces mots et son style littéraire tout à fait simple se cache une critique très dure à l’endroit du communisme avec tous ses ses défauts et ses illusions.
Arrivée en France en 2006 pour défendre Terre des oublis (Sabine Wespieser éditeur), elle a décidé d’y rester et de se consacrer à l’écriture. Dans cet ouvrage, à travers l’histoire de trois personnages, Duong Thu Huong brosse un magnifique portrait du Vietnam marqué par la guerre et ces traditions ancestrales.
Note de la rédaction : Contrairement aux rodomontades habituelles du régime vietnamien s’agissant de prix international littéraire, artistique ou sportive obtenus par des citoyens vietnamiens, un silence assourdissant de la part des journaux et médias officiels sur ce prix prestigieux s’est installé au Vietnam.