Auteur/autrice : cosunam

  • Vietnam 2024, un pays si attachant qui viole les droits de ses citoyens.

    Vietnam 2024, un pays si attachant qui viole les droits de ses citoyens.

    Le hasard des calendriers fait parfois bien les choses. La diffusion sur ma page FaceBook d’un épisode prévue de longue date ” Quand le Vietnam enlève ses opposants”  relatant le cas de Trinh Xuan Thanh (apparatchick en fuite et kidnappé en plein Centre de Berlin en 2017 ) tombe pile le jour de l’examen périodique du Vietnam devant le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, ce matin du 7 mai 2024 à Genève. 

    Un examen périodique auquel sont soumis tous les pays, une fois tous les 5 ans. Or il se trouve que le gouvernement communiste de Hanoï est bien loin de respecter ses engagements pour les droits des Vietnamiens et des Vietnamiennes. Pour davantage d’informations sur ces violations répétées on peut consulter le site de Viet Tan ( plate-forme des oppositions vietnamiennes) .

    https://viettan.org/fr

    Des promesses pourtant rédigées par le Vietnam après l’UPR de 2019 qui avait promis à l’UE d’autoriser la liberté syndicale en vue d’un accord de libre-échange. Dans le même temps, une directive secrète du parti communiste – parti unique au pouvoir – l’interdisait, la considérant comme un danger pour la sécurité nationale. Le responsable des négociations avec l’UE sur les questions syndicales a été limogé ainsi que des dizaines de hauts cadres ces dernières années, sous la houlette du secrétaire général du parti Nguyen Phu Trong et du chef de la sécurité publique, Tô Lâm.

    Pour autant, le Vietnam pourrait jouer un rôle pivot dans les conflits qui menacent. Entre la Chine, l’occident et la Russie, la religion de ses dirigeants n’est pas forcément faite et moins encore celle des Vietnamiens eux-mêmes, tant il est vrai que la fréquence des violations des droits humains traduit autant la férocité du régime que la vitalité de l’opposition et du débat politique au sein de la population.

    De quel côté pencherait ce pays de tout juste 100 millions d’habitants en cas de conflit mondial ? Une question non négligeable sachant l’importance du rôle qu’y joue l’armée, qui dans le passé s’est payé le luxe de battre trois des principales puissances mondiales : la Chine, l’Empire Français et les Etats-Unis. On aimerait tellement que ce pays si attachant comprenne tous les avantages qu’il pourrait retirer de la démocratie. Il suffirait de peu de choses : respecter les droits humains et la liberté d’expression, organiser de vraies élections…

    Philippe Souaille

    Journaliste, cinéaste et politologue franco-suisse.

    A travaillé à La Tribune de Genève et à la TV Suisse Romande.

    Producteur et réalisateur de plus de 30 documentaires.

  • Que s’est il passé au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies sur le Vietnam ?

    Que s’est il passé au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies sur le Vietnam ?

    Quelques 320 recommandations pour le Vietnam au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies ont été émises par 14 pays qui ont remis leur document avant la cession du 7 mai  et par 133 autres pays  qui se sont prononcés le jour même lors de la séance d’examen périodique universel au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies le 7/5/2024 .

    Chef de la délégation du Vietnam, le sous-ministre des Affaires étrangères Do Hung Viet a déclaré que le Vietnam examinera attentivement les recommandations et donnera sa réponse en septembre 2024. Il s’agit du nombre de recommandations le plus élevé que le Vietnam aura à répondre . Le Vietnam avait refusé à ce jour 50 recommandations , notamment concernant les prisonniers de conscience et le principe d’une presse indépendante et ceci en vertu des articles 109, 117 et 331 de son Code pénal .

    Ainsi le Royaume-Uni voudrait connaitre  “Quelles étapes le Vietnam prendra pour s’assurer que l’avocat peut pratiquer librement sans crainte d’être harcelé, menaçant ou arrêté?“.

    Les États-Unis s’inquiètent des droits du travail: “Quand Vietnam va-t-il réviser la loi sur le travail pour permettre la création de syndicats indépendants?

    La Suisse a également appelé le Vietnam à “libérer toutes les personnes à être détenues ou emprisonnées à cause de l’exercice de la liberté d’expression, d’association ou de réunion”. Sont notamment pointés les articles 109, 117 et 331 de son Code pénal.

    La Lituanie et les pays baltes sont préoccupés “par les restrictions et le contrôle de l’Internet. “

    Le Danemark exige “une modification des lois religieuses et des croyances pour permettre à toutes les organisations religieuses indépendantes d’être libres de pratiquer leur religion conformément à l’article 18 de la Convention internationale sur les droits civils et d’immigration de l’ONU (ICCPR).”

    Le Costa Rica a appelé le Vietnam ” à respecter la liberté religieuse des minorités ethniques , en particulier les Montagnards des Haut-plateaux du Centre Vietnam.”

    Le Canada, la Belgique, les États-Unis, l’Allemagne et le Liban exigent ” que le Vietnam améliore les droits du travail, adopter la loi sur les ressources publiques et approuve la convention 87 de l’OIT sur la liberté d’associations et des organisations comme promis”.

    A chaque question difficile ou constat gênant, la délégation vietnamienne gouvernementale a répondu avec la langue de bois et sa rhétorique habituelle du style  ” Nous nous félicitons toujours de la critique constructive, mais nous ne pardonnons pas la propagation des informations fausses ou agitées pouvant causer une instabilité ou une violation de notre sécurité nationale. “

  • Le moment de vérité à l’UPR 2024

    Le moment de vérité à l’UPR 2024

    GENÈVE Mai 2024 / En prévision de l’Examen Périodique Universel (UPR) de la République Socialiste du Vietnam qui aura lieu le mardi 7 mai 2024 au Palais des Nations-Unies à Genève , une coalition d’organisations vietnamiennes et internationales de défense des droits de l’homme organise une pré-conférence et débat le lundi 6 mai 2024 visant à mettre en éclairage ce moment crucial de vérité entre les promesses du Vietnam à l’issue du précédent UPR 2019 et la réalité des faits cinq ans après.

    La conférence, intitulée « THE MOMENT OF TRUTH – Entre les promesses de Hanoi et les réalités sur le terrain, comment améliorer les droits de l’homme  au Vietnam» réunira un panel d’experts internationaux des droits de l’homme. Ils interviendront sur les enjeux pour la société civile vietnamienne notamment les liberté de religion et d’expression.

    Les Amis du Cosunam, dont les députés du Grand- Conseil genevois Joelle Fiss, Alexandre de Senarclens, Masha Alimi, Sébastien Desfayes feront partie des speakers de cette pré-conférence.

    Détails :

    NOM : UPR Conférence sur les droits de l’homme au Vietnam

    ORGANISATEUR : Vietnam 2024 UPR Working Group

    QUAND : Lundi 6 Mai 2019 – de 15h00 à 17h00,

    : Ferme Sarasin, Chemin Edouard-Sarasin 47, Le Grand-Saconnex 1218, Genève.

    Pour toute inscription  UPR-VN@viettan.org

    https://forms.gle/bSGY5HrhWCNiYyYb6

     

  • Apparences et réalités à l’Examen Périodique Universel des Nations-Unies

    Apparences et réalités à l’Examen Périodique Universel des Nations-Unies

    Les apparences et la réalité.

    C’était le 22 janvier 2019 au Palais des Nations-Unies à Genève. La République socialiste du Vietnam se présentait à son troisième examen périodique universel (après ceux de 2009 et 2014) devant le Conseil des droits de l’homme. Si une note avait été attribuée, elle aurait été proche du zéro pointé. Malgré ce que le regretté Rolin Wavre avait qualité « d’intense rideau de fumée » produit par les représentants à Genève du gouvernent vietnamien, le Conseil des droits de l’homme avait éclairé d’une lumière crue la situation au Vietnam en distinguant les apparences et la réalité.

    Tout ce qui n’est pas le Parti est hors la loi.

    Bien que le pays ait des institutions formelles présentant des apparences démocratiques, telle qu’une assemblée nationale, le contrôle strict sur tous les aspects de la vie politique, économique et sociale du pays exercé par le Parti communiste, seule force politique autorisée et détenteur du pouvoir suprême, était relevé. Comme l’avait si bien dit Rolin Wavre, « tout ce qui n’est pas le Parti est hors la loi ». Quant aux élections, elles étaient manipulées par le Parti communiste, ce qui en faisait une mascarade. Les candidats indépendants étaient interdits de participation, et ceux qui se présentaient étaient affiliés au Parti communiste ou à ses organes associés.

    Les libertés fondamentales telles que la liberté d’expression, la liberté de la presse, la liberté d’association étaient bafouées et le gouvernement était invité à libérer immédiatement les journalistes, blogueurs, défenseurs des droits de l’homme et militants sociaux et religieux, et à mener des enquêtes indépendantes, ce qui peut paraître un oxymore au regard des circonstances, sur le harcèlement dont les militants étaient victimes.

    En bref, la République socialiste du Vietnam état recalée et pas moins de de 291 (!) recommandations lui ont été soumises par le Conseil des droits de l’homme.

    Le moment de vérité.

    Cinq ans après, le Vietnam s’apprête à passer son quatrième examen périodique qui aura lieu le 7 mai 2024 à Genève et fait également campagne pour sa réélection au Conseil des droits de l’homme pour la période 2026-2028. Pour user d’un euphémisme, les attentes sont grandes tant le Vietnam a multiplié les promesses et les engagements. Sur les 291 recommandations du Conseil des droits de l’homme, le gouvernement de Hanoi a affirmé en avoir accepté 241 (soit 83%).

    Par ailleurs, dans le cadre de sa candidature à l’élection au Conseil des droits de l’homme pour la période 2023-2025, la République socialiste du Vietnam avait garanti son « ambition de contribuer de manière active, responsable et efficace aux efforts mondiaux de promotion et de protection des droits de l’homme » et que « ses actions visaient à atteindre l’objectif d’un peuple prospère, une nation forte et une société égalitaire, démocratique et civilisée”. La réalité semble cependant bien différente et les attentes risquent fort d’être déçues.

    Le rapport intermédiaire sur la mise en œuvre des recommandations en mars 2020 est un modèle de langue de bois qui passe sous silence l’essentiel. Le Parti communiste vietnamien exerce toujours un contrôle absolu sur le gouvernement, le parlement, la justice, l’économie, bref sur la vie du pays et de ses citoyens. En raison de ce monopole de fait, le pluralisme politique est aujourd’hui inexistant. Les voix dissidentes sont étouffées par un appareil judiciaire, policier et médiatique aux ordres du pouvoir. Ce même pouvoir ne souffre pas la moindre contestation. Les dissidents politiques, les militants des droits de l’homme et les bloggeurs sont encore et toujours régulièrement harcelés, arrêtés et emprisonnés.

    L’on pourrait croire qu’à quelques semaines de son nouvel examen périodique universel et en pleine campagne de réélection du Vietnam comme membre du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, le Vietnam allait lâcher du lest. Il n’en est rien.

    A deux reprises , en janvier et en mai 2023 , une quinzaine de membres (*) du Grand Conseil de la République et Canton de Genève, sensible aux promesses du Vietnam , se proposait de former une délégation afin de rencontrer l’ambassadeur du Vietnam. Cette démarche suisse entrevoyait un engagement possible du Vietnam pour une coopération et un dialogue constructifs dans la promotion et la défense des droits humains. A ce jour, la proposition est restée sans réponse des autorités vietnamiennes.

    Le 29 février 2024, plusieurs militants des droits de l’homme ont été arrêtés et emprisonnés. « Ces trois activistes ne sont coupables de rien sauf d’exercer leurs droits basiques de liberté d’expression », a déclaré Phil Robertson, directeur adjoint de l’ONG pour l’Asie.

    C’est bien cette réalité qui risque fort d’être, à nouveau, relevée par le Conseil des droits de l’homme. Mais cela n’empêchera pas le Vietnam d’être réélu à ce même Conseil. Hypocrisie ? Oui, mais c’est une autre histoire /

    Sébastien Desfayes, Président du Comité Suisse Vietnam Cosunam.

    (*)  Alexandre de Senarclens, Thierry Arn, Alexis Barbey, Patricia Bidaux, Natacha Buffet-Desfayes , Alia Chaker Mangeat, Pierre Conne, Joelle Fiss , Jean-Marc Guinchard, Pierre Nicollier, Céline van Till, Céline Zuber-Roy, Cyril Aellen, Thierry Oppikofer, Sébastien Desfayes.

  • Le pasteur Vang Chi Minh au nom des Hmongs du Vietnam

    Le pasteur Vang Chi Minh au nom des Hmongs du Vietnam

    Le pasteur Vang Chi Minh est né le 2 juin 1975. Il est né et a grandi dans une zone rurale pauvre dans la province de Ha Giang au nord du Vietnam. Il est devenu un activiste de la société civile qui milite en faveur de la liberté de religion pour la minorité Hmong au Viêt Nam (voir notre rubrique dossiers ” Mourir sur le rocher”). Depuis de nombreuses années, le peuple Hmong a commencé à embrasser la religion protestante.

    Dans les années 1990, le gouvernement vietnamien a commencé à réprimer sévèrement les protestants Hmong. En conséquence, Vang Chi Minh et son père ont été emprisonnés trois fois en l’espace de six mois consécutifs en 1994. Vers la mi-avril 1995, sous la direction de de Chi Minh Vang , la congrégation Hmong a commencé à émigrer vers la province de Dien Bien. Cependant, l’oppression persiste. Rien que de 1997 à 2005, il a été arrêté dix fois et condamné à deux ans de prison à la dixième arrestation.

    En novembre 2005, il s’est réfugié en Thaïlande pour demander l’asile sous la protection du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR). Deux ans plus tard, en novembre 2007, sa famille s’est réinstallée aux États-Unis.

    Combat pour la liberté de religion.

    À son arrivée aux États-Unis, le pasteur Vang Chi Minh a continué à défendre les victimes de la persécution religieuse au Viêt Nam, en particulier sa communauté Hmong. En 2016, il a fondé la première organisation de la société civile Hmong United for Justice, qui se consacre à la défense des droits religieux et des droits de l’homme.

    Depuis août 2023, il est devenu le principal dirigeant de l’organisation de la société civile Hmong Human Rights Coalition (Coalition des droits de l’homme Hmong) et se rendra à Genève à l’occasion de l’UPR 2024 du Vietnam.

    Pour mieux connaitre la minorité Hmong du Vietnam

    https://www.enfantsdumekong.com/nos-actions/minorites-ethniques/les-hmongs/

    https://www.hmongofwa.org/our-history.html

  • “Mourir sur le rocher”  la minorité protestante Hmong au Vietnam

    “Mourir sur le rocher” la minorité protestante Hmong au Vietnam

    Déplacements forcés, tentatives d’assimilation infructueuses: les conflits avec le gouvernement sont fréquents.

    Le Vietnam compte actuellement plus d’un million de Hmongs, dont plus de 60 % vivent sous le seuil de pauvreté. C’est un groupe ethnique d’Asie, vivant principalement dans les régions montagneuses et présent au Sud de la Chine et au Nord des pays comme le Laos et le Vietnam.

    “Plus que toute autre minorité ethnique au Vietnam, les Hmongs ont été marginalisés par des programmes qui prétendent oeuvrer pour leur développement”, soulignait en 2016 l’anthropologue Ngo Tam dans son livre “La nouvelle voie: le protestantisme et les Hmongs au Vietnam”. Les controverses sur le patrimoine Hmong ne font qu’exacerber les tensions.

    “C’est un des nombreux éléments qui participe à leur sentiment d’être marginalisés”, souligne Sebastian Rumsby de l’Université de Warwick au Royaume-Uni.

    Dans le même temps, le tourisme est devenu un secteur-clé de l’économie vietnamienne, avec des revenus de 22 milliards de dollars en 2017, et les autorités tentent de profiter de la minorité ethnique pour développer cette manne financière.
    Des villages Hmongs ont été recréés, les habitants sont encouragés à porter des costumes typiques en chanvre et à bâtir des maisons traditionnelles alors que beaucoup de jeunes préfèreraient un logement plus moderne dont la construction est moins onéreuse.

    “Parfois, les autorités tentent d’imposer de force leurs idées, mais nous résistons en refusant de les suivre”, souligne Vang My Sinh, un Hmong de Ha Giang, province du nord du Vietnam qui partage une frontière longue de 275 km avec la province de Yunnan dans le sud de la Chine.

    “Nous avons toujours eu un esprit communautaire fort, nous construisons des choses ensemble et les préservons ensemble. Rien ne peut nous briser”, ajoute-t-il. D’autres Hmongs se disent heureux de se conformer aux directives du gouvernement si cela peut les aider à sortir de la pauvreté.

    “Il est bon de préserver la tradition, pour nous-mêmes, pour nos enfants et même pour les touristes qui sont curieux et nous permettent de gagner plus d’argent”, estime Va Thi May, un vendeur d’ignames grillées.

    Bao espère qu’il pourra un jour profiter d’une partie des retombées touristiques en récupérant sa maison , érigé sur une montagne à 1.600 mètres d’altitude. Pour lui, le combat est loin d’être terminé. Depuis des décennies, “nous vivons sur ce rocher et nous mourons sur ce rocher”, assène-t-il. D’autres Hmong comme le pasteur Vang Chi Minh , réfugié aux Etats-Unis, continuent aussi leur lutte ingrate à l’étranger pour les droits de l’homme et la reconnaissance véritable de la liberté de religion au Vietnam ( voir notre article sur le pasteur Vang Chi Minh ).

    https://www.hmongofwa.org/our-history.html

  • Nouvelle vague d’arrestations d’opposants vietnamiens en 2024

    Nouvelle vague d’arrestations d’opposants vietnamiens en 2024

    La répression s’intensifie, alors même que ce pays se porte candidat à un nouveau mandat au Conseil des droits de l’homme de l’ONU

    (Bangkok, 6 mars 2024) – Les autorités vietnamiennes ont arrêté trois éminents détracteurs du gouvernement quelques jours seulement après que le Vietnam a annoncé sa candidature à un nouveau mandat au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, a déclaré Human Rights Watch le 6 mars 2024. La police a arrêté Nguyen Chi Tuyen ( sur la photo ) et Nguyen Vu Binh le 29 février 2024, puis Hoang Viet Khanh le 1er mars, et les a accusés de propagande contre l’État.

    En pleine campagne d’Hanoï pour conserver son siège au Conseil des droits de l’homme des Nations unies, trois militants vietnamiens de premier plan, critiques du régime communiste, ont été arrêtés ces derniers jours, a dénoncé mercredi 6 mars Human Rights Watch (HRW). « Ces trois activistes ne sont coupables de rien sauf d’exercer leurs droits basiques de liberté d’expression », a déclaré Phil Robertson, directeur adjoint de l’ONG pour l’Asie, cité dans le communiqué.

    L’arrestation de Nguyen Chi Tuyen, un opposant actif sur les réseaux sociaux, et Nguyen Vu Binh, un ancien journaliste qui a passé des années en prison, a eu lieu jeudi 29 février dans la capitale, Hanoï, selon HRW. Hoang Viet Khanh a été appréhendé le lendemain, dans la province de Lam Dong, dans le sud du pays.

    Ils sont tous les trois accusés d’avoir mené une opération de propagande contre l’Etat, d’après Human Rights Watch. Les autorités vietnamiennes n’ont confirmé aucune de ces arrestations.

    Les critiques du parti unique font face à une répression de plus en plus sévère, et risquent la prison au terme d’une procédure judiciaire biaisée, selon HRW, qui a recensé des cas de torture policière pour arracher des confessions.

    Nguyen Chi Tuyen, 49 ans, a contribué à la création d’un groupe citoyen dénonçant les revendications territoriales de la Chine en mer de Chine méridionale, un sujet de tensions entre Pékin et Hanoï. Une de ses chaînes YouTube compte 98 000 abonnés.

    Nguyen Vu Binh, 55 ans, a travaillé durant presque dix ans dans le journal officiel du Parti communiste vietnamien, avant de vouloir lancer un mouvement politique indépendant. Il a été condamné à sept ans de prison pour espionnage en 2003.

    Enfin, Hoang Viet Khanh, 41 ans, est un journaliste citoyen qui a notamment soutenu publiquement des prisonniers politiques.

    Il y aurait actuellement 175 activistes emprisonnés au Vietnam, selon un groupe local de défense des droits humains, The 88 Project. Ce groupe avait dévoilé la semaine dernière une directive secrète des autorités assimilant le commerce et la coopération internationaux comme une menace pour la sécurité nationale.

    Ces révélations ont été faites plusieurs jours après que le ministre des affaires étrangères vietnamien a défendu à Genève la réélection du Vietnam comme membre du Conseil des droits de l’homme des Nations unies pour la période 2026-2028.

  • Un moment de rassemblement pour le moment de vérité

    Un moment de rassemblement pour le moment de vérité

    L’Examen Périodique Universel sur les Droits de l’homme que le Vietnam devra passer devant les Nations Unies aura lieu à Genève le mardi 7 mai 2024. Ce sera le moment déterminant de faire un point de situation globale quatre ans après le précédent examen et de constater si les multiples recommandation de l’époque ainsi que les promesses du  Vietnam ont été suivies. Exercice qui sera particulièrement difficile pour le régime au vu des rapports alarmants des nombreuses ONG spécialisées.
     
    Un événement parallèle, organisé le lundi 6 mai de 15h00 à 17h00 par une coalition d’ONG avec la participation du Cosunam, sera l’occasion de mettre en lumière les défis actuels en matière de droits de l’homme et de proposer des actions concrètes pour répondre aux préoccupations des ONG sur la situation actuelle au Vietnam.
     
     

    Cette conférence sera suivie d’une soirée conviviale le lundi 6 mai de 20h00 à 22h00 sur le thème “une chanson, un message, un écho” réunissant les délégués des communautés vietnamiennes d’Europe avec la participation de nombreux artistes engagés.

    Devant le palais des Nations Unies lors de l’UPR en 2019

    Le lendemain mardi 7 mai, alors que le Vietnam passe son examen et fait le bilan de sa situation des droits de l’homme , une grande manifestation autorisée aura lieu à partit de 09h00 devant le Palais des Nations-Unies à l’emplacement dit du ” Broken chair”.

  • Merveilleuse Année du Dragon à Meinier

    Merveilleuse Année du Dragon à Meinier

    Merveilleux Têt à Meinier !

    Le 10 février dernier, le comité du Cosunam, presque au complet, a assisté au Nouvel An vietnamien de la plus belle des manières. Pas seulement parce qu’en 2024, l’année du Dragon rend hommage au signe astrologique de son Secrétaire général.


    Magnificence et puissance
    se sont en effet conjugué cette année avec élégance, beauté, amitié, partage et reconnaissance.

    Élégance avec un florilège de tuniques áo dài et costumes traditionnels, portés par les plus petits jusqu’aux plus grands avec grâce et harmonie sur scène ou dans la salle.

    Beauté du spectacle, encadré de décors somptueux, parfaitement orchestré et chorégraphié, et surtout joué avec malice par les enfants et les jeunes.

    Amitié des rencontres, pas seulement entre vietnamiens et suisses, mais aussi avec les nombreuses communautés présentes. Amitiés aussi de retrouvailles plus anciennes parfois, que seul le Têt peut réunir.

    Partage parce que cette année, le voyage ne nous a pas seulement emmené au cœur des plaines et des montagnes du Vietnam… Hautes en couleurs et en communion de traditions, nous nous sommes retrouvés au milieu du Carnaval de Rio avec le groupe Bahia Mix, dans la féerie et la sensualité de l’Orient avec les danseuses de Dunya et aussi au cœur des traditions helvétiques avec un chaleureux groupe folklorique costumés. Quelle ambiance !

    Le partage entre générations n’était pas en reste avec la danse des Licornes et la danse du Dragon, bien sûr, ainsi que les appréciées démonstrations d’arts martiaux de tous âges de l’équipe du Vovinam Việt Võ Đạo.

    Enfin, reconnaissance pour toujours à Mme Hồng qui, avec sa famille, est tout à la fois l’instigatrice, la colonne vertébrale mais surtout l’âme irremplaçable de cette très, très belle Fête.

    Merci Madame Rose, nous vous embrassons fort.

     

    Phùc lôc tho ! (Bonheur, prospérité et longévité)
    Très bonne année à toutes et tous sur le chemin de la démocratie au Vietnam !

    Jean-Marc Comte
    Vice-président du Cosunam

    Photos copyright www.tranvisuals.com

  • Madame Nguyen Thuy Hanh, nous n’oublions pas.

    Madame Nguyen Thuy Hanh, nous n’oublions pas.

    Mme Nguyễn Thuý Hạnh, née le 25 mai 1963, est une militante des droits de l’homme et l’initiatrice du Fonds 50K, qui soutient les prisonniers de conscience et leurs familles. Le 7 avril 2021, elle a été arrêtée par la police de Hanoi et jetée en prison, soi-disant pour “avoir diffusé des informations contre l’Etat” selon le très controversé article 117 du code pénal vietnamien.

    Depuis 2022, plusieurs interventions ont été faites par le Cosunam et des personnalités politiques suisses de premier rang. Actuellement, Mme Nguyễn Thúy Hạnh est placée dans un hôpital psychiatrique de l’Etat.

    Près de trois ans après son arrestation, dont plus de 22 mois d’hospitalisation, elle n’est pas encore passée en jugement.

    Mme Nguyễn Thuý Hạnh a été diagnostiquée avec un cancer du col de l’utérus au stade intermédiaire le 15 janvier 2024.

    Le maintien en détention de Mme Hạnh compte tenu de sa maladie grave est intolérable.  Le Vietnam qui fait partie maintenant du Conseil des droits de l’homme devra en répondre lors de son prochain examen UPR en mai devant les Nations-Unies à Genève.

    https://www.ohchr.org/en/hr-bodies/upr/upr-home

    Nous demandons aux autorités compétentes de la libérer immédiatement afin qu’elle reçoive un traitement médical approprié et sans contrainte carcérale.