Auteur/autrice : cosunam

  • Retour aux racines – un ouvrage de Héloïse Nguyen

    Retour aux racines – un ouvrage de Héloïse Nguyen

    Une croyance : point d’avenir sans passé. Et puis un rêve. Reconstituer le puzzle d’hier en hommage à celles et ceux partis, peut-être réparer un peu le présent des vivants et participer au futur des suivants. Héloïse Thúy Lan Nguyễn Delaby est née à Genève en 1983 d’une mère suissesse et d’un père vietnamien. Après des études en Lettres, elle poursuit sa route loin de l’écriture… pour mieux y revenir. Le témoignage d’un oncle quelques temps avant sa disparition crée un déclic : il n’y a plus de temps à perdre. Si je souhaite connaître l’histoire de ma famille et comprendre mes racines lointaines, il faudra reconstituer le puzzle moi-même. Quatre ans plus tard, le récit a pris la forme d’un roman qui vacille entre les époques comme sur le fil de la vie, et qui tente de donner une forme à ce que l’on nomme l’héritage culturel.

    Description

    • Auteure : Héloïse Thúy Lan Nguyễn Delaby
    • Parution : Mars 2025
    • 10ème livre dans la collection “Tant qu’il y aura des hommes”.
    • ISBN : 978-2-9701776-8-5
    • Format : Broché 140 x 180mm
    • Couverture quadri, dos carré, laminage mat
    • Roman de 216 pages

    Lire un extrait

  • Vietnam 1975- 2025 – Un moment décisif pour son renouveau ?

    Vietnam 1975- 2025 – Un moment décisif pour son renouveau ?

    En 2025, le Vietnam est-il arrivé à un “point de bascule” pour une grande réforme ?

    Le slogan du régime « La nouvelle ère du Vietnam » est de plus en plus présent sur diverses plateformes médiatiques. Le Secrétaire général Tô Lâm a insisté sur le fait que cette période sera marquée par « le développement, la prospérité et la puissance sous la direction du Parti communiste, construisant avec succès un Vietnam socialiste où le peuple est riche, le pays est fort et la société défend la démocratie, la justice et la civilité. »

    Pour le nouveau secrétaire général et homme tout-puissant du Vietnam Tô Lâm le moment décisif est peut-être arrivé : soit poursuivre le maintien du système actuel soit avoir le courage d’engager une réforme historique pouvant emmener le pays vers de nouveaux horizons politiques .

    Les obstacles

    Ce n’est pas facile car le Vietnam possède ses propres particularités historiques, culturelles et psychologiques profondément enracinées qui influencent la pensée et les actions de son peuple.

    •une passivité voire une certaine résilience face au pouvoir central,

    •une préférence pour la stabilité plutôt que l’innovation,

    •une fixation sur le passé historique qui peut-être un source de division de la nation.

    Ces facteurs créent une lourdeur politique qui empêche le pays d’avoir des initiatives exceptionnelles et qui l’enferme dans des  réformes inachevées.

    La question est donc de savoir si le Vietnam sous la direction de fer de Tô Lâm a la volonté de mener une réforme en profondeur ou s’il se contentera d’ajustements indispensables visant à maintenir le statu quo.

    “À la fin de ce siècle, on ne sait toujours pas si le socialisme sera pleinement réalisé au Vietnam.”

    Cette déclaration surprenante du précédent secrétaire général Nguyen Phu Trong exprimait non seulement un doute sur la viabilité du modèle actuel , mais soulevait aussi une question fondamentale : si le socialisme ne peut pas être la réponse, quelle serait alors la voie appropriée pour le Vietnam ?

    Le Vietnam de 2025 est tiraillé entre deux contradictions.

    •D’un côté, le régime par l’intermédiaire du Parti communiste vietnamien (PCV) détient un pouvoir immense avec un contrôle strict sur les forces de sécurité, la population locale et les Vietnamiens émigrés ( Viêt-Kiêu) qui rentrent au pays. Le Vietnam est reconnu comme un partenaire économique stable et apprécié par les investisseurs notamment occidentaux. Les touristes viennent en masse séduits par les magnifiques paysages. La population semble assagie après les violentes manifestations lors de la catastrophe écologique maritime de l’entreprise Formosa en 2017, la mainmise par la Chine de zones économiques terrestres et maritimes au Vietnam en 2020 et la gestion catastrophique de la pandémie du Coronavirus en 2022.

    •De l’autre côté, il doit gérer une économie sous pression sans réelle compétence technologique, une société désabusée à cause de la corruption endémique, une perte de confiance envers le gouvernement et un environnement géopolitique incertain avec la pression constante de la Chine. Les jeunes diplômés et les travailleurs émigrent en masse à l’étranger.

    Une éclaircie

    Un début de reformes administratives, institutionnelles et politiques s’esquisse en cette année par le régime. Cependant, on s’interroge sur son sens et son objectif final .

    •S’il cherche uniquement à maintenir le pouvoir du parti communiste dictatorial, ces réformes ne seront qu’un simple remaniement du personnel et un ajustement du système pour renforcer le contrôle de la société.

    •Mais s’il est admis que le modèle actuel est insoutenable à long terme par ses propres dirigeants, une réforme stratégique visant à redéfinir le modèle du pouvoir vers un développement harmonieux et respectueux des conventions internationales en matière des droits de l’homme, avec création de syndicats indépendants, de liberté d’expression serait extrêmement favorable pour le développement du Vietnam à l’exemple de pays naguère totalitaires comme la Corée du Sud et de Taïwan mais qui ont su faire cette transition vers une démocratie libérale.

    Dans les cinquante dernières années depuis 1975 , force est de constater qu’aucune réforme n’a malheureusement remis en question la nature totalitaire du système politique vietnamien.

    Le Viet Tan, parti d’opposition non-violente au régime actuel, a fait  un constat critique sur le Vietnam d’aujourd’hui et propose un manifeste pour le renouveau et la rénovation de la nation ( Voir notre article “VIETNAM : UN DEMI-SIÈCLE DE RETARD ET UNE VOIE POUR L’AVENIR)

  • Le Viet Tân publie son manifeste d’une voie pour l’avenir du Vietnam

    Le Viet Tân publie son manifeste d’une voie pour l’avenir du Vietnam

    Un résumé du manifeste 2025 de Viet Tan 

    VIETNAM : UN DEMI-SIÈCLE DE RETARD ET UNE VOIE POUR L’AVENIR

    Un état des lieux préoccupant

    Cinquante ans après la fin de la guerre, le Vietnam reste à la traîne par rapport à ses voisins comme la Corée du Sud, Taïwan et Singapour. Malgré une croissance économique soutenue, le pays peine à surmonter plusieurs défis structurels :
            •       L’industrie 4.0 transforme le monde, mais le Vietnam éprouve encore des difficultés à moderniser son modèle économique et à s’imposer comme un acteur clé de l’exportation.
            •       Le gouvernement communiste a initié des réformes, mais celles-ci n’ont pas permis de résoudre les causes profondes du retard national.
            •       La migration de travailleurs vers les grandes villes ou à l’étranger continue, exposant des millions de personnes à une qualité de vie précaire, à une dégradation de l’environnement et à un affaiblissement du tissu social.

    Trois occasions historiques manquées

            1.      1975 – Réunification nationale
    Au lieu d’une réconciliation véritable, le gouvernement a instauré une politique de représailles, détruisant les fondements économiques du Sud et retardant la reconstruction du pays.
            2.      1989/1991 – Effondrement du bloc communiste
    À l’heure où plusieurs pays se sont libérés du joug communiste, le Vietnam a choisi de renforcer sa dépendance à la Chine, notamment après la conférence de Chengdu en 1990.
            3.      2007 – Adhésion à l’OMC
    Une opportunité de développement immense, gâchée par la corruption et l’emprise des groupes d’intérêts qui ont entravé une véritable transformation économique.

     

    Les trois causes principales du retard
            1.      Un régime autoritaire et corrompu
            •       Monopole du pouvoir
            •       Suppression des libertés fondamentales
            •       Corruption et gaspillage des ressources publiques
            2.      Un climat social oppressant et divisé
            •       Perte de confiance de la population
            •       Déclin moral et répression des initiatives citoyennes
            •       Frein à l’innovation et à la créativité
            3.      Une dépendance excessive à la Chine
            •       Manque d’autonomie économique et politique
            •       Faiblesse dans la défense de la souveraineté national

    La voie vers un avenir meilleur

     Le pays a besoin d’un régime libre et démocratique, soutenu par des réformes majeures. Le renouveau du Vietnam doit commencer par la libération immédiate de tous les prisonniers d’opinion, emprisonnés pour avoir défendu les droits de l’homme et la souveraineté nationale.     

      •       Réforme éducative : instaurer une éducation moderne, libérale et démocratique, débarrassée de l’endoctrinement idéologique.
            •       Soutien à la société civile : responsabiliser les citoyens et limiter les abus du pouvoir étatique.
            •       Développement économique fondé sur la connaissance : réduire l’intervention de l’État, encourager l’innovation et l’essor des hautes technologies.
            •       Protection de l’environnement : lutter contre la sécheresse, la pollution et prévenir les crises écologiques.
            •       Indépendance face à la Chine : affirmer la souveraineté nationale et renforcer l’intégration internationale du Vietnam.

    Cliquez sur l’image pour accéder au manifeste complet du Vietnam .

    https://www.cosunam.ch/wp-content/uploads/VN-Un-Demi-siècle-de-Retard-et-Le-Chemin-Pour-lAvenir.pdf

     

    Le Viet Tan veut agir pour l’avenir du Vietnam

    Viet Tan s’engage à :
            •       Collaborer avec toutes les forces démocratiques pour bâtir un Vietnam libre et prospère.
            •       Lutter pour la libération des prisonniers politiques et la défense des droits fondamentaux.
            •       Jeter les bases d’une nouvelle ère, où le Vietnam s’affirme comme une nation forte, souveraine et innovante.

  • Partager le passé, construire l’avenir pour un meilleur Vietnam

    Partager le passé, construire l’avenir pour un meilleur Vietnam

    Le Bureau du Comité Suisse-Vietnam Cosunam est heureux d’annoncer le retour en son sein de Mme Xuân -Trang après dix ans d’absence pour des raisons familiales et professionnelles. Xuân Trang avait adhéré au Cosunam en 1990 et s’était montrée particulièrement active dans la communauté vietnamienne en matière d’intégration. Cheville ouvrière des mémorables soirées de la nouvelle année lunaire Têt organisées par le Cosunam entre 2000 et 2012 dans la salle des Avanchets , elle faisait partie du groupe des jeunes “Huong Viêt ” et s’était même engagée en politique genevoise. Nous sommes ravis de pouvoir de nouveau compter sur ses compétences, son expérience et son engagement pour un meilleur Vietnam. 

    Partager le passé, construire l’avenir / par Xuân Trang Nguyên

    Renouer avec Cosunam après dix ans d’absence pour des raisons familiales et professionnelles, c’est retrouver mes convictions profondes pour la défense et le respect des droits humains au Vietnam. 

    Sans le savoir, mes deux enfants nés en Suisse , par leurs questions aujourd’hui sur le Vietnam, terre lointaine et méconnue de leurs ancêtres , me renvoient à mes origines.

    Ils me rappellent mon passé de boat-people, réfugiée en Suisse, à ces moments de manifestations devant l’ONU dans les années 80 et 90 pour les droits de l’homme au Vietnam, et enfin la lettre d’adhésion que j’ai adressée au Cosunam en 1990 avec l’intime conviction de « pouvoir faire quelque chose pour mon pays ». 

    Aujourd’hui, bien que j’ai toujours conservé au plus profond de moi cette volonté d’apporter un changement constructif pour le Vietnam (mon fils cadet porte le nom de Tân Trung ce qui signifie “profonde loyauté”) , c’est bien plus la motivation d’amener mes enfants à réaliser à quel point les vietnamiens sont en souffrance silencieuse car ignorée de la plupart des gens, qui me pousse à agir.

    Les trois ” NON” qui me poussent à agir pour un meilleur Vietnam.

    Le Vietnam reste l’une des destinations touristiques les plus prisées de l’Asie. L’économie y est suffisamment bonne avec un meilleur niveau de vie par rapport à …30 ans en arrière. La diaspora est ouvertement courtisée depuis des années par le régime pour revenir et pour «reconstruire» le pays, entendez à contribuer économiquement et financièrement. Et depuis août 2024, les étrangers d’origine vietnamienne ayant fui le pays après la chute de Saigon ont même la possibilité de «recouvrer» leur nationalité vietnamienne, pour pouvoir posséder ou récupérer officiellement un bien immobilier au Vietnam . Mais comprenez que si vous voulez «redevenir» citoyen vietnamien, en ayant vécu entre temps dans un pays libre, démocratique, et respectueux des  droits humains élémentaires, sachez que le gouvernement vietnamien actuel ne respecte en rien ces droits fondamentaux. 

    Non ! je ne peux pas accepter de revenir au pays dans de telles conditions, combien même mon rêve c’est d’avoir mon cabinet pour des consultations médicales dans la cambrousse, y vivre de troc et d’échange de services entre bon voisinage … 

    Non ! je ne peux pas permettre à mes enfants d’aller au Vietnam en tant que touriste pour ne voir que les paillettes d’une société déboussolée, et entendre le chant des sirènes appelant à la contribution économique du pays au profit du parti unique et dictatorial. 

    Non! Je veux d’abord expliquer à mes enfants pourquoi ils ne sont pas nés au Vietnam, leur raconter mon parcours de vie depuis l’âge de 6 ans, et leur montrer aujourd’hui en quoi les Vietnamiens sont  encore en souffrance car ils n’ont pas les mêmes droits que mes fils, des droits les plus élémentaires mais fondamentaux. 

    Revenir avec le Cosunam et Viet Tân me permet de renouer avec des activités et des actions concrètes, qui ont un impact direct sur la population vietnamienne concernée: celle qui ose de plus en plus s’exprimer et réclamer le droit à une vie équitable, le droit à la justice basée sur le respect des droits de l’homme.

    Février 2025 / Xuân Trang Nguyên

    En mémoire des Boat-people

     

  • Le Vietnam ne respecte pas les droits du travail de l’accord de libre-échange avec l’UE (EVFTA)

    Le Vietnam ne respecte pas les droits du travail de l’accord de libre-échange avec l’UE (EVFTA)

    Début 2025 , le Vietnam fait l’objet d’un examen minutieux de la part de quatre organisations internationales de défense des droits de l’homme qui ont déposé une plainte contre ce pays auprès de la Commission européenne (CE) pour avoir sciemment violé ses engagements dans le cadre de l’Accord de libre-échange UE-Vietnam (EVFTA), signé en août 2020.

    La Fédération Internationale des Droits de l’Homme, la Commission vietnamienne des droits de l’homme, la Coalition mondiale des chrétiens et Global Witness ont déposé la plainte auprès du ministère du commerce de la CE. Ces organisations accusent le Viêt Nam de ne pas respecter ses obligations en matière de droits des travailleurs, de protection de l’environnement et de droits fonciers, comme le stipule l’accord commercial.

    Dans le cadre de l’EVFTA en 2019, le Viêt Nam s’était engagé à autoriser la formation d’organisations indépendantes représentant les travailleurs. Cependant, à ce jour, le pays doit encore ratifier la Convention 87 de l’Organisation internationale du travail, qui garantit la liberté d’association des travailleurs et n’a pas publié de décret pour guider la mise en œuvre de ces dispositions dans le code du travail, ce qui retarde encore la création de syndicats indépendants.

    La plainte souligne la pression internationale croissante exercée sur le Viêt Nam pour qu’il respecte ses engagements en matière de droits du travail essentiels au maintien de ses relations commerciales avec l’Union européenne.

    Rappelons qu’en février 2023, l’eurodéputée Marianne Vind (Danemark) et la militante Helena Huong Nguyen de Support Committee for Vietnam avaient organisé une conférence au Parlement européen à Bruxelles pour établir un point de situation après l’entrée en vigueur de l’EVFTA ( Accord de libre-échange  UE avec le Vietnam ). Parmi les participants figuraient des membres du Parlement européen, de la Confédération européenne des syndicats (CES), ainsi que des membres d’ONG internationales et vietnamiennes de défense des droits de l’homme telles que Reporters sans frontières, le Comité Suisse-Vietnam (COSUNAM), la Société des professionnels vietnamiens en Belgique, Vietnam Worker Defenders, Brotherhood for democracy et le Viet Tan.

    Les conférenciers dont Sébastien Desfayes du Cosunam au Parlement Européen de Bruxelles le 28 février 2023

    Depuis l’accord de libre-échange en 2019, aucun syndicat indépendant n’a été créé car la grande majorité des travailleurs n’ont pas une connaissance élémentaire de leurs droits sur leur lieu de travail, tandis que le gouvernement vietnamien utilise des procédures antisyndicales avec son code du travail. 

    A ce jour, le commerce à grande échelle et les échanges économiques avec un pays dictatorial n’ont pas été des facteurs de promotion des droits de l’homme et de la démocratie. La Chine de Xi Jiping et la Russie de Poutine en sont les exemples flagrants voire tragiques.

  • Cinquante ans déjà ( 1975-2025 ), un bel exemple de réussite et d’intégration

    Cinquante ans déjà ( 1975-2025 ), un bel exemple de réussite et d’intégration

    Message de Natacha Buffet-Desfayes, Députée au Grand-Conseil de Genève, à la communauté vietnamienne expatriée.

    « Cher(e)s Ami(e)s du Vietnam ,

    La liberté et la responsabilité, avant d’être au cœur de mon action politique, sont le ciment de mon éducation, de mon parcours de vie et de mes valeurs.

    A ces deux valeurs cardinales s’ajoutent l’importance que j’accorde à l’intégration, qu’elle passe par l’école, par la culture, par la langue ou par la tradition. A cet égard, la communauté vietnamienne genevoise est, depuis un demi-siècle d’asile dans notre cité de Calvin, un bel exemple de réussite. 

    Admiratrice et défenseuse de l’humanisme, de l’universalisme et des valeurs républicaines telles que celles de la laïcité et du mérite, je crois en une cité de Genève qui rayonne dans le monde et dont vous faites intégralement partie. 

    Je combats et combattrai donc toujours tout régime autoritaire et toute idéologie qui, plutôt que de réunir, brise les liens entre les citoyens et les monte les uns contre les autres.  

    Au niveau international, je partage avec vous ma vision d’un monde libre et d’une société démocratique et tout particulièrement avec les membres du Comité Suisse Vietnam Cosunam qui luttent, depuis des décennies, chaque jour et sans relâche pour les droits de l’homme.

    A l’aube des 50 ans de votre exil en terre genevoise, vous avez tout mon respect pour ce que vous faites en faveur des personnes au Vietnam qui n’ont pas la chance de vivre et de s’exprimer librement

     

    Merci à vous , Vietnamiens citoyens genevois, d’être leur voix. » 

    Natacha Buffet-Desfayes

    Née à Genève en 1982, elle obtient sa maturité au Collège Calvin en 2001 et une licence en Lettres à la faculté de Genève en 2008. Elue au Conseil municipal de Corsier en 2003 puis au Conseil municipal de la Ville de Genève en 2011, elle est députée au Grand Conseil de Genève depuis 2018.  En mars prochain, Natacha Buffet-Desfayes se présentera à l’élection du Conseil administratif de la Ville de Genève.

    Ses hobbies :  la lecture, le théâtre, la course à pied, le karaoké, les animaux et le terroir.

  • Geneva Summit 2025 et la  répression sans frontières du Vietnam

    Geneva Summit 2025 et la répression sans frontières du Vietnam

    L’édition annuelle 2025 du Geneva Summit sur les droits de l’homme et la démocratie était exceptionnelle notamment avec la présence des orateurs et dissidents russes Vladimir Kara-Mourza et Garry Kasparov. L’opposition vietnamienne était présente en la personne de Nguyen Van Trang , réfugié politique en Suisse depuis 2024 grâce aux efforts de la communauté vietnamienne expatriée. Il était accompagné par ses amis de Viet Tan et du Cosunam.
     
    Nguyen Van Trang, a pu prendre la parole devant quelques 300 personnalités internationales sur le thème de la répression transnationale opérée par le régime vietnamien contre les dissidents et autres citoyens en fuite à l’étranger. L’Allemagne a ainsi vécu le kidnapping en plein Berlin en  juillet 2017 de l’apparatchik Trinh Xuan Thanh par les services secrets de Hanoi avec la complicité de l’ambassade locale vietnamienne. Trang a subi et survécu à une attaque à l’acide au Cambodge en 2017. Deux de ses proches connaissance les journalistes  Truong Duy Nhat et Thai Van Duong ont été enlevés en Thaïlande et rapatriés de force au Vietnam en 2019 et en 2024.  Ils ont ensuite été condamnés à des lourdes peines  ( 10 à 12 ans ) de prison pour ” propagande contre l’Etat”. Une situation qui ressemble tragiquement aux actions du KGB de Poutine contre les opposants expatriés.
     
    L’activiste Nguyen Van Trang,
    victime d’une traque transnationale durant 6 ans malgré un exil enThaïlande
     
    Michel Tran Duc, responsable du plaidoyer de Viet Tan,  Kura- Mourza , Garry Kasparov et Nguyen Van Trang
     
    Pascale Wavre- Berry, Dao Kim-Phuong, Luy Nguyen Tang et Khai Nguyen Dang
     
    Une fidèle amie de la communauté vietnamienne de Suisse , la députée genevoise Natacha Buffet-Desfayes, est venue soutenir notre présence à cette grande réunion en faveur des voix opprimées dans le monde.
     
    Natacha Buffet-Desfayes, députée genevoise et Michel Tran-Duc, responsable du plaidoyer de Viet Tan
     
    Candidate au Conseil administratif de la Ville de Genève aux prochaines élections de mars , Natacha Buffet-Desfayes pourra s’engager davantage pour les “ sans-voix” et les prisonniers de conscience du Vietnam (voir son message dans l’article suivant).
     
    L’occasion pour nous d’appeler les Genevois d’origine vietnamienne, citoyens libres dans une société démocratique, d’aller voter le 23 mars prochain et choisir celles et ceux parmi les nombreux(ses) candidat(e)s de tout parti qui partagent nos aspirations de liberté ainsi que nos valeurs démocratiques pour un meilleur Vietnam.
  • Le prix des droits de l’homme Lê Dinh Luong 2024 est décerné au missionnaire Y Krec Bya

    Le prix des droits de l’homme Lê Dinh Luong 2024 est décerné au missionnaire Y Krec Bya

    Le Parti Viet Tan annonce que le Prix des Droits de l’homme Lê Dinh Luong 2024 – sur le thème “Justice pour la nation, Justice pour tous” – est décerné au missionnaire Y Krec Bya.

    Le Prix des droits de l’homme Lê Dinh Luong a été créé en 2018 pour saluer la personnalité de ce militant et activiste qui a déployé de nombreux efforts pour protéger les droits de ses compatriotes et la souveraineté du pays . Lê Dinh Luong a été condamné à 20 ans de prison par le régime vietnamien.


    L’objectif du Prix des Droits de l’Homme Le Dinh Luong est de souligner les sacrifices et les efforts de personnes ou d’organisations dans la promotion des droits fondamentaux du peuple vietnamien. La cérémonie de remise du Prix des droits de l’homme a eu lieu le 14 décembre 2024 à Toronto, au Canada.

    Les membres du Jury :

    – Mme Judy Sgro, Députée fédérale du Canada,
    – L’écrivain Tran Trung Dao,
    – L’avocat canadien Chris MacLeod,
    – L’avocat des droits de l’homme Dang Dinh Manh , notamment défenseur des villageois de Dông Tâm en 2020 et exilé aux Etats-Unis.
    – Mme Nguyen Ha Quyen, présidente de la Communauté vietnamienne libre d’Ottawa
    – Mme Le Mong Thu, Présidente de la Communauté Nationale Vietnamienne de Toronto

    Le pasteur protestant A Ga est le représentant de Y Krec Bya pour la remise du prix

    Depuis plus de 20 ans, le prédicateur évangélique Y Krec Bya, du groupe ethnique Ede, appartenant à l’Église évangélique du Christ des Hauts Plateaux du Centre, a constamment lutté pour la liberté religieuse et a exigé la justice et l’équité pour tous les peuples des Hauts Plateaux du centre Vietnam. L’Église évangélique du Christ n’accepte pas la mainmise de l’État,  et ses fidèles sont ainsi constamment harcelés.

    En 2004, M. Y Krec Bya a été condamné à 8 ans de prison et incarcéré dans le camp de prisonniers de Nam Ha, à des milliers de kilomètres de Dak Lak. Après avoir été libéré de prison en 2011, il est resté déterminé à ne pas abandonner sa religion. Il a soutenu les protestations contre la saisie illégale de terres par le gouvernement local, exigeant équité et justice pour les victimes. Afin de mobiliser la communauté mondiale pour qu’elle défende les droits de l’homme, en particulier la liberté religieuse au Vietnam, il a demandé aux croyants de recueillir des preuves et de rédiger des rapports sur les violations des droits de l’homme à envoyer aux ambassades des pays démocratiques et aux organisations internationales de protection des droits de l’homme.

    Entre 2011 et 2023, la police de la province de Dak Lak l’a arrêté à plusieurs reprises pour l’interroger et a installé des caméras et des dispositifs d’écoute à son domicile pour le surveiller jour et nuit. La police a également organisé une dénonciation publique à son encontre en le taxant de « terroriste ». 

    Le 8 avril 2023, M. Y Krec Bya a été arrêté par la police pour avoir prétendument violé l’article 116 du code pénal, « portant atteinte à la politique d’unité nationale ». Le 28 mars 2024, il est condamné à 13 ans de prison et 5 ans de probation. Il est actuellement détenu à la prison Xuyen Moc à Ba Ria – Vung Tau, loin de sa ville natale de Dak Lak.

  • Exil et arrivée en Suisse, le périple extraordinaire d’un réfugié politique

    Exil et arrivée en Suisse, le périple extraordinaire d’un réfugié politique

    Le Cosunam organise annuellement une soirée de soutien pour les familles des prisonniers et des activistes vietnamiens qui sont dans un besoin extrême. L’événement est organisé également pour transmettre des informations sur la situation générale des droits de l’homme au Vietnam à la population suisse et à ses relais politiques.

    Cette année, l’événement a eu lieu le 20 novembre, à Genève, en  présence d’une centaine d’ invités, parmi lesquels de nombreuses personnalités politiques tels que les ministres genevois, MM. Pierre Maudet et Thierry Apothéloz, le maire du Grand-Saconnex, M.Laurent Jimaja, le président du parti Le Centre, M.Philippe Rochetin, le Conseiller national Cyril Aellen, et une douzaine de députés de différents partis, ainsi que des amis et invités de marque venus de loin.

    Une allocution de M. Sébastien Desfayes, député, avocat et président en titre depuis 2020, a résumé la situation dramatique actuelle des droits de l’homme au Vietnam presque 50 ans après la chute de Saigon. Il a appelé les autorités vietnamiennes à mettre fin à la répression, à respecter les droits de l’homme et à libérer les prisonniers d’opinion vietnamiens, ceux là même qui défendent avec courage et détermination la vérité et la droiture.

    Les invités ont pu suivre ensuite une interview vidéo (*)  de Mme Trân Nghi, coordinatrice de la Fédération asiatique des droits de l’homme en France , membre de Viet Tan, sur la situation des droits de l’homme au Vietnam sous la férule de Tô Lâm, ex-ministre impitoyable de la Police et devenu secrétaire général du parti communiste vietnamien.

    ( *) cliquez sur l’image ” Vietnam 1975, Vietnam 2025 ? ”

    Cette année, l’invité d’honneur de la soirée est M. Nguyen Van Trang. Ce dernier est un militant pour la démocratie au Vietnam, poursuivi depuis des années par le régime.  M. Trang a du fuir en Thaïlande et y a vécu illégalement pendant 6 ans en changeant constamment de domicile car menacé dans son intégrité physique par les services de sécurité vietnamiens partis à sa recherche. Grâce aux démarches des membres du Cosunam pendant plus d’une année, la famille de M. Trang est arrivée de justesse en Suisse en mars 2024 grâce à un visa spécial humanitaire.

    Devant les invités, M. Nguyen Van Trang a pu évoquer les raisons qui l’ont incité au Vietnam à rejoindre la lutte pour la justice sociale et ses souffrances face à la féroce répression policière pendant cette période d’activisme au Vietnam.

    “J’ai commencé à lutter pour la justice sociale lorsque j’étais encore étudiant à l’université. Ma motivation était due aux injustices dont j’étais témoin chaque jour au Vietnam. J’ai pu observer la vie de gens du peuple  qui vivaient paisiblement dans leur maison léguée par leurs ancêtres depuis des décennies. Cependant, un jour, le gouvernement est arrivé et les a forcés à partir et a réquisitionné ces terrains pour y construire une zone touristique ou industrielle, avec une compensation misérable insuffisante pour obtenir un nouveau logement. Ces actes d’expropriation de terrains se produisent de plus en plus au bénéfice des membres du parti communiste. En outre, en tant que citoyen, je ne me sens pas en sécurité face au recours de plus en plus répandu à la violence par la police vietnamienne et ses auxiliaires contre la population. Au Vietnam, les  cas des personnes torturées et battues à mort dans les centres de détention par la police sont nombreux.

    Les injustices notoires se sont accumulées de plus en plus et j’ai pensé que je devais absolument agir en tant que citoyen responsable.  Ainsi j’ai rejoint avec d’autres personnes motivées une organisation d’opposition, Fraternité pour la Démocratie, en 2016 . Nous participions à diverses manifestations pacifiques et fournissons des conseils juridiques aux personnes qui ont été lésées par les autorités locales. C’est ainsi que j’ai été repéré et ciblé par la police vietnamienne.

    La police m’a souvent arrêté, suivi, harcelé sur le chemin de l’école. Les autorités ont également exigé de l’Université à m’expulser alors que j’étais à seulement deux mois d’obtenir mon diplôme universitaire et de devenir ingénieur en construction. La répression policière à mon encontre s’est intensifiée de jour en jour. Pour éviter d’être arrêté, j’ai dû quitter ma ville natale en 2018. Cependant, la police a continué à me poursuivre.  Ainsi j’ai dû fuir au Cambodge et me rendre en Thaïlande pour demander l’asile politique. 

    Cependant, le gouvernement thaïlandais n’a jamais vraiment respecté la Convention sur les réfugiés. Au contraire, il harcèle régulièrement les réfugiés en place. Ma famille et moi avons vécu 6 ans dans une insécurité constante depuis notre exil. Pendant cette période, les policiers venaient souvent chez mes proches au Vietnam, menaçant de me ramener de force au Vietnam, mort ou vif.

    Heureusement, grâce aux efforts opiniâtres du Cosunam pendant plus d’une année, ma famille est  maintenant en sécurité en Suisse depuis 9 mois. 

    Mesdames et messieurs, ma famille a vraiment beaucoup de chance de pouvoir venir en Suisse grâce à un visa humanitaire d’urgence, c’est un magnifique pays. Notre famille a été traitée avec grande bienveillance  par le gouvernement suisse dès son arrivée, avec des conditions favorables pour nous intégrer dans la société locale. Nous avons également reçu l’aide de voisins aimables dans un village en Suisse alémanique proche de Zurich, les soins dévoués du pasteur et des fidèles de l’église protestante dont nous sommes membres. Actuellement,  nous apprenons intensivement l’allemand et ma femme a  déjà commencé un nouvel emploi. Les choses vont de mieux en mieux.

    Mais contrairement à ma chance, sachez qu’il y a encore des centaines de militants des droits de l’homme au Vietnam qui sont toujours en prison. Non seulement ils sont soumis à des conditions de détention déplorables, mais les prisonniers d’opinion sont également envoyés exprès purger leur peine dans des lieux éloignés de leur famille, ce qui constitue une punition supplémentaire. Ainsi, les personnes vivant au Nord seront détenues dans des localités au Sud et vice versa. Les proches doivent parcourir des milliers de kilomètres pour leur rendre visite, les laissant épuisés physiquement et financièrement.

    Mesdames et Messieurs, j’apprends que de nombreuses personnalités influentes participent à la soirée d’aujourd’hui et jouent un rôle important dans la politique suisse et la société civile.  J’espère qu’avec humanité, vous vous souviendrez et apporterez votre voix pour défendre les prisonniers d’opinion opprimés et leurs familles au Vietnam.”

    Nguyen Van Trang

  • Une journée en Suisse pleine d’émotions

    Une journée en Suisse pleine d’émotions

    M. Nguyen Quoc Bao , médecin belge d’origine vietnamienne, un militant de longue date avec les membres du Cosunam , et un des responsables du comité Belgique & Vietnam est venu spécialement de Bruxelles à Genève à notre invitation. Nous avons tenu à avoir ses impressions et ses commentaires.

    Nguyen Quôc Bao

    C’est la première fois que je participe à un évènement de soutien organisée par COSUNAM le 20 novembre dernier et je tiens à vous transmettre de belles émotions lors de cette journée d’activités avec ses membres à travers le thème : « Une voix pour les prisonniers de conscience. 
    C’est vrai que l’heure helvétique super précise est particulière. Nous nous retrouverons ainsi à 9h45 pile dans la salle des Délices située sur la commune du Grand-Saconnex, sous la direction organisationnelle de Luy et de Khai. COSUNAM a un groupe de sympathisants bénévoles très efficace et dévoué  car tout le monde connait exactement ce qu’il doit faire (l’organisation doit avoir été préparée à l’avance, ou alors très expérimentée depuis de nombreuses années ).

    Ma journée s’est divisée en deux parties : 
    A midi exactement, Monsieur Sébastien Desfayes, président du COSUNAM, Monsieur Laurent Jimaja, Maire du Grand-Saconnex ainsi que d’autres amis et personnalités étaient présents pour débuter la réception d’accueil en l’honneur de Monsieur Nguyen Van  Trang, de son épouse et leurs deux enfants nouvellement réfugiés en Suisse sur le rivage de la liberté grâce au soutien du Cosunam .

    Dans le passé, j’avais le cliché selon lequel les Suisses étaient « froids et distants», mais aujourd’hui, j’ai constaté et ressenti pleinement la chaleur et la compassion de nos amis suisses. La réception s’est déroulée sous les auspices du Conseil administratif à la salle de réception du Grand-Saconnex. Des membres du parlement genevois, d’anciens maires, et de nombreux amis vietnamiens sont présents dans la salle de réunion. L’atmosphère était particulièrement détendue.
    La façon dont la langue (le français) était utilisée lors des prises de paroles est simple, sans besoin d’un langage élaboré ou diplomatique , touchant le cœur des gens d’une manière inhabituellement douce. 

    Après l’introduction et les remerciements de M. Trang, tout le monde l’a chaleureusement accueilli . L’atmosphère était très conviviale comparée à la pluie froide qui tombait dehors. Le buffet était généreux et délicieux sans oublier les traditionnels rouleaux de printemps  à la vietnamienne.

    En début de soirée, lors du dîner de soutien,  la salle de repas était admirablement décorée, sur chacune de la douzaine de tables était disposée un magnifique bouquet de fleurs présenté de manière très artistique et des couverts à la japonaise dont Mme Thê Hong, Mme Communautaire pour les intimes, nous a démontré la disposition en forme d’oiseau.
    Le prix de chaque vase à fleurs est de 30 CHF (vente épuisée à la fin de la fête). A côté de l’entrée se trouve un beau stand comprenant des foulards, des cartes de vœux GS, des poupées et bien d’autres cadeaux.

    Vers 17h45, les convives sont arrivés. De nouveau , comment ont-ils pu être si ponctuels ? J’ai aidé mes amis de longue date Khai et Luy (que je connaissais déjà en tant qu’étudiant)  à recevoir la centaine d’invités, une occasion de connaître leur rôle dans la société suisse et le travail qu’ils accomplissent pour soutenir les prisonniers d’opinion au Vietnam. 

    Au cours de la soirée ponctuée par de nombreuses allocutions dont celles de Nguyen Van Trang , Sébastien Desfayes, Laurent Jimaja, maire, et de Pierre Maudet, ministre genevois et fidèle ami de la communauté vietnamienne depuis l’inauguration de la stèle des boat-people en 2006, nous avons pu visionner une video de la TV Monde France résumant parfaitement la situation dramatique des droits de l’homme au Vietnam.

    L’équipe de cuisine a proposé un menu surprise aux goûts délicieux sans oublier les traditionnels rouleaux de printemps.
    Il est rare pour moi de percevoir une ambiance détendue et un partage aussi intense dans l’auditoire pour un sujet si difficile et méconnu du grand public. Pour l’invité que j’étais , ce fut une soirée d’informations réussie de tout point de vue.


    Un sentiment nostalgique m’étreint face aux efforts de mes compatriotes et leurs amis suisses afin de réaliser cette journée de soutien (*) et pour donner une voix aux “Prisonniers de conscience du Vietnam”et à leurs familles.

    (*) Cliquez sur l’image pour la video en vietnamien de la journée préparée par les correpondants de Viêt Tân.

     

     

     

    Article de Nguyen Quoc Bao.

  • Lettre ouverte au nouveau président du Vietnam Tô Lâm

    Lettre ouverte au nouveau président du Vietnam Tô Lâm

    Lettre ouverte à Monsieur le Président Tô Lâm

    République Socialiste du Vietnam

    Hanoï

     

    Genève le 18 octobre 2024,

    Monsieur le Président,

    Par la présente , nous vous informons être au courant de la situation déplorable du camp de détention No. 6 , Hanh Lam, Thanh Chuong dans la province de Nghe An.  Nous sommes extrêmement choqués par cette information au vu des promesses faites récemment par le gouvernement du Vietnam en sa qualité de membre du Conseil des Droits de l’homme des Nations- Unies et des engagements pris par votre délégation en mai dernier à Genève à l’Examen Périodique Universel UPR.

    Ainsi les prisonniers d’opinion détenus de ce camp de détention Messieurs Dang Dinh Bach, Trinh Ba Tu,  Bui Van Thuan et Lê Trong Hung ont entamé une grève de la faim depuis le 28 septembre pour protester contre les conditions de vie déplorables des détenus dans cet établissement. Leurs protestations concernent particulièrement l’utilisation de cellules particulièrement cruelles et inhumaines, de sinistre mémoire dénommées “ cages à tigre” , d’un m2 à peine et sans droit de sortie journalière.

    A notre connaissance, deux d’entre eux Trinh Ba Tu et Bui Van Thuan ont décidé de continuer leur grève de la faim à ce jour au péril de leur vie.  La prison de Nghe An est principalement connue pour le traitement cruel qu’elle inflige aux prisonniers. qui s’est aggravé depuis l’arrivée du nouveau directeur adjoint en août 2023, M. Thai Van Thuy. Deux prisonniers d’opinion, l’enseignant Dao Quang Thuc et le journaliste indépendant Do Cong Duong, sont morts dans cette prison peu de temps après en raison de problèmes de santé, résultant de la torture et du manque d’accès aux soins et aux traitements.

    Au vu de ce qui précède , nous vous demandons de supprimer immédiatement le système d’emprisonnement dans ces “ cages à tigre” et de rendre la liberté à ces prisonniers d’opinion.

    Dans cette attente pressante, nous vous présentons, Monsieur le Président , l’expression de nos sentiments distingués.

    Le Comité Suisse Vietnam COSUNAM

    Sébastien Desfayes, Président, Jean-Marc Comte, Vice-Président, Bernard Favre, Pascale Berry Wavre, Vinh Thanh Lê Van , Luy Nguyen Tang, Secrétaire général.

    Copie à l’ambassadeur de la République Socialiste du Vietnam, Schlosslistrasse 26, CH-3008 Berne

     

     

  • Nguyen Thuy Hanh est sortie de prison après plus de 3 ans de détention arbitraire.

    Nguyen Thuy Hanh est sortie de prison après plus de 3 ans de détention arbitraire.

    La prisonnière de conscience Nguyen Thuy Hanh, détenue depuis avril 2021 soi-disant pour « propagande contre l’Etat », est sortie de prison le 7 octobre après plus de 3 ans de détention. Son crime ? Avoir organisé de sa propre initiative un fonds privé d’entraide pour les familles et enfants des prisonniers politiques sans ressources. Commencé au début avec des montants modestes, ce fonds intitulé 50K a pris une dimension nationale et internationale et a suscité la méfiance des autorités provoquant ainsi sa fermeture et l’emprisonnement de Mme Hanh.

    Sa sortie de prison a été volontairement organisée en catimini par les autorités depuis un lieu situé à Thanh Hoa à 150 kms de la prison de Hanoi afin d’éviter toute mobilisation ou rassemblement populaire pour son accueil. 

    Nguyen Thuy Hanh, 61 ans, a passé la première année de sa détention sans jugement dans une prison de Hanoï, avant d’être transférée après de multiples interventions internationales dans un établissement psychiatrique d’Etat début 2022 . Des personnalités politiques genevoises au plus haut niveau avaient effectué une démarche directe en remettant une pétition au président vietnamien de l’époque Nguyen Xuan Phuc lors de sa visite à Genève en décembre 2021.

    Le Cosunam a entretenu des contacts réguliers avec sa famille notamment son mari Chenh ( sur la photo).

    En janvier de cette année, ce dernier a annoncé que son épouse Hanh souffrait d’un cancer à un stade avancé et suivait un traitement. Plus de 200 personnes ont signé une pétition appelant à sa libération immédiate mais, après avoir été soignée, Hanh a été  transférée dans un autre centre de détention de Hanoï.

    Nguyen Thuy Hanh, Pham Doan Trang et Tran Huynh Duy Thuc, même combat pour un meilleur Vietnam.

    A l’exemple du prix Martin Ennals 2022 à Genève pour l’écrivaine et activiste Pham Doan Trang en 2022, le Cosunam et ses amis avaient  adressé une candidature de nomination au grand prix RAFTO de Norvège au début 2024 pour Mme Hanh. Ce prestigieux prix avait été décerné la 1ère fois en 2006 à une personnalité vietnamienne le Vénérable Bonze Thich Quang Dô, l’un des plus éminents défenseurs de la démocratie, de la liberté religieuse et des droits de l’homme au Vietnam.

    Après la libération anticipée surprise d’un autre prisonnier politique bien connue Tran Huynh Duy Thuc et de deux autres activistes de défense du climat et de l’environnement , la sortie annoncée de prison de Mme Hanh intervient au moment où le nouveau et fraîchement intronisé président Tô Lâm termine une tournée aux Etats-Unis de promotion pour les investissements étrangers. 

    Coïncidence de date ou échanges de bons procédés ? 

    Mme Thuy Hanh aux côtés de Mme Bui Thi Thien Can – la mère de la journaliste Pham Doan Trang, autre activiste bien connue et toujours emprisonnée à ce jour.  Mme Thien Can s’était rendue à Genève en juin 2022 à l’occasion de la cérémonie de remise du prix Martin Ennals pour les défenseurs des droits de l’homme au nom de sa fille. On la voit en compagnie de membres du Cosunam qui s’était mobilisé à cette occasion ( Pascale Wavre, Jean-Luc von Arx et Jean-Marc Comte).

  • Y Quynh Bdap , réfugié HCR, face à une extradition de Thaïlande

    Y Quynh Bdap , réfugié HCR, face à une extradition de Thaïlande

    La Thaïlande accède à la demande d’extradition du militant montagnard Y Quynh Bdap ; il lui reste 30 jours pour faire appel.
     
    Un tribunal thaïlandais à Bangkok a statué le 30 septembre sur la demande d’extradition du Vietnam visant à renvoyer le militant montagnard Y Quynh Bdap sur demande du Vietnam pour allégation de terrorisme (voir nos précédents articles). Il a été détenu en juin dernier alors qu’il venait de déposer une demande de relocalisation à l’ambassade du Canada pour lui et sa famille de 7 personnes.
     
    La décision du tribunal précise cependant que Bdap dispose de 30 jours pour faire appel du verdict d’extradition. Nadthasiri Bergman, l’avocate de la défense de Bdap, s’est dit extrêmement préoccupée par les risques que Bdap pourrait encourir s’il était renvoyé au Vietnam.
     
    Y Quynh Bdap, le bouc émissaire du régime contre les minorités religieuses du Vietnam.
     
    Bdap, 32 ans, est un réfugié reconnu par le HCR qui a fui en Thaïlande depuis 2018. Le Vietnam l’avait jugé par contumace en janvier 2024, l’accusant d’être le cerveau des attaques armées qui ont eu lieu le 11 juin 2024 dans les hauts plateaux du centre du pays, dans la province de Dak Lak.  Accusation que Bdap a toujours farouchement nié et rejeté par la voix de son avocate.
    Défenseur des droits des minorités et des religions de l’ethnie Rhade,  Bdap a cofondé l’organisation non gouvernementale Montagnards Stand Up for Justice (MSFJ) en 2019. Grâce aux dons de la communauté réfugiée, MSFJ dispense des formations depuis l’étranger sur les lois internationales relatives aux droits de l’homme aux populations des hauts plateaux du centre du Viêt Nam.  MSFJ collecte et transmets aussi les informations et les violations relatives à la liberté de religion aux instances concernées des Nations unies. 
     
     
    Montagnards de la minorité rhadé au Vietnam
     
    Le terme « Montagnards » désigne une trentaine de groupes autochtones vivant dans les hauts plateaux du centre du Vietnam, qui luttent désespérément depuis de nombreuses années pour leurs droits religieux et le droit à la terre face aux exactions et aux expropriations du régime. L’ influence de MSJF était devenue tellement importante qu’elle a suscité la crainte des autorités communistes face au mécontentement croissant de cette minorité.  
     
    Amnesty International , le Cosunam et une dizaine de ONG ont exhorté les autorités thaïlandaises à résister aux demandes de renvoi forcé de Y Quynh Bdap, le gouvernement vietnamien étant connu depuis longtemps pour sa répression systémique du droit des groupes ethniques minoritaires notamment de confession protestante.
  • Une ovation pour Madame Thê-Hông

    Une ovation pour Madame Thê-Hông

    Madame Thê-Hông , Dame Rose comme nous l’appelons familièrement, organisatrice en chef, nous a annoncé prendre sa retraite… bien méritée.

    Ce sont des dizaines et des dizaines de Fêtes du Nouvel-An, de Fêtes de la Mi-automne et bien d’autres manifestations festives et spectacles que nous lui devons. Des décors, des danses, des chants, de la vie, du partage, de l’optimisme et toujours le plaisir de se retrouver en communautés.

    Que ce soit pour les mémorables soirées du Têt du comité Cosunam pendant plus de 20 ans depuis 1990, pour l’Association des Vietnamiens Libres de Lausanne que pour l’association Lang Viet jusqu’en 2020 et en son propre nom,  voilà ce dont Madame Rose nous a gratifié pendant tant d’années.

    Alors, la plus belle récompense, ce samedi de Fête de la Mi-automne 2024, elle était très certainement dans les yeux des enfants qui brillaient de mille feux. Du bonheur que Madame Rose a su donner sans compter aux plus petits mais aussi aux grands.

    Et nous nous réjouissons déjà de vous retrouver à une prochaine occasion, parce qu’une retraite active c’est encore mieux !               

    Jean-Marc Comte, Vice- président, Cosunam.

    Photos :  Tran Phuong Toan / Tran Visuals /  www.tranvisuals.com

  • Droits de l’homme et UPR 2024 – Quelle suite après le 6 mai ?

    Droits de l’homme et UPR 2024 – Quelle suite après le 6 mai ?

    Dans le cadre du Conseil des Droits de l’homme des Nations-Unies, le Groupe de travail sur l’Examen périodique universel avait tenu sa quarante-sixième session du 29 avril au 10 mai 2024. L’examen concernant le Vietnam a eu lieu à la 13e séance, le 7 mai 2024.

    Dans la semaine qui précède cette session de mai, le Viet Tan , le Cosunam ainsi que 6 autres associations ont documenté un rapport complet sur les violations répétées voire les aggravations des droits de l’homme de travail au Vietnam malgré des promesses face aux recommandations du Conseil émises lors de la session précédente de 2019. Une dizaine de représentations importantes de pays membres à Genève dont la Suisse,  ont été visitées pour des explications supplémentaires. Une pré-conférence réunissant une cinquantaine de délégués de diverses ONG a été organisée la veille même de l’Examen périodique pour un éclairage supplémentaire de cette dramatique situation.

    Sur les 320 recommandations reçues au cours de cette session UPR 2024, le gouvernement vietnamien  a fait savoir récemment qu’il en a accepté 253, partiellement accepté 18 et en a rejeté 49.  A partir du jeudi 26 septembre  jusqu’au lundi 1er octobre, le rapport définitif du Vietnam  sera examiné par le Conseil des droits de l’homme.

    Voir liste des recommandations de l’UPR 2024 et les  rejets du Vietnam (en rouge)

    Viet_Nam_-_Report_circulated_on_9_May_2024_with_acceptances_and_refusals 5

     

     

    En quoi consisteraient les principaux refus ou oppositions du Vietnam à travers les 49 articles rejetés ?

    – Abolir la peine de mort ou cesser d’exécuter les condamnations à mort.

    – Inviter les envoyés spéciaux de l’ONU à se rendre au Vietnam, notamment dans le domaine des droits de l’homme

    – Mettre fin aux représailles contre les individus qui coopèrent avec l’ONU dans le domaine des droits de l’homme

    – Créer une agence indépendante d’observation des droits de l’homme selon les normes de Paris

    – Modifier les lois antiterroristes de la Constitution pour les rendre conformes aux normes internationales.

    – Libérer les personnes emprisonnées pour avoir exercé leurs droits à la liberté d’expression, à la liberté d’association et à la liberté de réunion.

    – Supprimer ou ajuster les articles 117 & 331 du code pénal.

    – Supprimer les instruments juridiques qui limitent la liberté d’expression et de réunion pour se conformer aux normes internationales.

    En d’autres termes, le Vietnam continuera manifestement en 2024 à ne pas se conformer aux recommandations essentielles de la communauté internationale pour une véritable défense et promotion des droits de l’homme.

  • Qui est Tô Lâm , le nouveau président du Vietnam ?

    Qui est Tô Lâm , le nouveau président du Vietnam ?

    A la fin de l’été 2024, le puissant ex-ministre de la Sécurité  Tô Lâm est parvenu au sommet du pouvoir après une lutte impitoyable de factions au sein de l’appareil du parti communiste vietnamien.

    Tô Lâm, qui a la double casquette de secrétaire général et de président, est allé à New York pour assister à l’ouverture de l’Assemblée générale des Nations unies (UNGA), un événement qui rassemble les dirigeants du monde entier. Il a également été annoncé à la dernière minute qu’il pouvait rencontrer le président américain Joe Biden en marge de l’UNGA, après un long et insistant processus de démarchage de la part du Vietnam.

    Au même moment avant son voyage aux États-Unis, le Vietnam a libéré un prisonnier politique important, le militant pour la démocratie Tran Huynh Duy Thuc ( voir image ci-dessous) huit mois avant l’échéance de sa condamnation de 16 ans de prison.

    Bien que l’opinion internationale connait peu la personnalité de Tô Lâm avant son ascension au pouvoir , il est important de découvrir quelques réalités inquiétantes  : “un personnage autoritaire et intelligent qui a compris l’importance des investissements étrangers pour le maintien du régime ” selon l’ancien ambassadeur américain au Vietnam Ted Osius.

    Une montée implacable au pouvoir.

    Né en 1957, originaire de la province de Hung Yên au Nord-Vietnam située entre la capitale Hanoi et le port de Hai Phong,  Tô Lâm a bâti toute sa carrière au sein de l’appareil sécuritaire du régime.  Exécutant zélé des directives de l’ancien secrétaire général Nguyên Phu Trong en matière de lutte contre la corruption , toutes les grosses affaires qu’il aurait démasqué ( mais très arbitrairement surtout contre les rivaux  de ce dernier au sein du Parti) en tant que responsable de la Sécurité et de la Police depuis 2016 n’ont fait qu’apparaître au grand jour et à la population la déliquescence, les malversations et les trafics d’influence au sein de l’appareil du Parti communiste vietnamien et ce au plus haut niveau.  Notamment pendant la terrible pandémie du Coronavirus avec les scandales des faux test Viet A au niveau sanitaire et du programme de rapatriement en urgence des Vietnamiens de l’étranger.

    Les six derniers mois ont été déterminants pour Tô Lâm. A la tête du ministère de la sécurité publique (MPS), il a accédé au rang de président du Vietnam ( une étape intermédiaire avant le poste final : celui de secrétaire général du parti , de facto le plus puissant dans la hiérarchie du régime) après la démission forcée du président Vo Van Thuong pour complicité de corruption présumée. Rappelons que le président précédent Nguyen Xuân Phuc avait été brutalement démis de ses fonctions pour les mêmes raisons.

    Dans ses précédentes fonctions de ministre de la sécurité publique, Tô Lâm a été le principal responsable de la surveillance et de la détention accrue des dissidents politiques et opposants de la société civile. On se souvient encore du drame du village de Dông Tâm en 2020 et l’expropriation de familles de paysans qui s’est soldée par l’assassinat du chef du village Lê dinh Kinh et deux condamnations à mort parmi ses proches. A l’étranger, ses services de sécurité ont été impliqués directement dans l’enlèvement en 2017 d’un apparatchik en fuite Trinh Xuan Thanh en plein centre de Berlin au grand dam des autorités allemandes. Récemment encore, le Vietnam a rapatrié de force deux opposants réfugiés en Thaïlande respectivement Truong Duy Nhat en 2019 et Duong Van Thai en 2024.  Le Vietnam a vu se rétrécir rapidement l’espace réservé aux organisations non gouvernementales, en particulier après la fermeture de plusieurs ONG environnementales sur la base de fausses accusations d’évasion fiscale.

    Tô Lâm n’était pas seulement féroce pour les dissidents et activiste de la démocratie , il était aussi brutal pour les personnes qui faisaient partie des autres factions du parti notamment originaires du Sud Vietnam. Il a systématiquement organisé l’élimination politique des hauts fonctionnaires qui menaçaient son ascension au pouvoir au nom de la lutte contre la corruption et placé ses protégés aux postes-clés . Rien qu’au cours des six premiers mois de cette année, la moitié des puissants membres du Bureau politique du Vietnam ont été démis de leurs fonctions ainsi qu’un nombre considérable de députés et de ministres.

    Une accalmie momentanée ou une éclaircie durable pour les mouvements démocratiques ?  

    En dépit de ce bilan bien sombre, l’Occident a pratiquement avalisé l’ascension au pouvoir de Tô Lâm en raison de ses affinités avec les milieux d’affaires au nom de la realpolitik. Au cours des premières semaines de son mandat, il a affirmé publiquement que sa campagne anti-corruption n’entraverait pas le développement économique et le business avec l’Occident. Cette nouvelle volonté d’attirer les entreprises – en particulier les entreprises américaines – au Viêtnam est différente de celle de son prédécesseur marxiste Nguyen Phu Trong, qui se focalisait sur la légitimité et la pérennité du marxisme-léninisme pour le Vietnam et par conséquent d’un rapprochement de fait avec la Chine.

    Il n’est pas clair si Tô Lâm a fait partie lui même auparavant de la corruption généralisée du régime et a agi à ce jour selon ses propres convictions ou en raison de luttes politiques intestines en coulisses. Sa préoccupation de plaire à l’Occident était si importante que les autorités vietnamiennes ont libéré le prisonnier politique de premier plan  Trân Huynh Duy Thuc avant sa visite aux États-Unis.

     

    ” Les geôles communistes ne peuvent que détruire mon apparence mais pas ma volonté”

    Paroles de Trân Huynh Duy-Thuc à sa sortie de prison quinze ans après.

    Tran Huynh Duy Thuc est peut-être le prisonnier politique et de conscience le plus en vue au Vietnam et dans les milieux de la diaspora vietnamienne. Son parcours , sa personnalité et son courage en prison ont inspiré bon nombre de militants. Condamné à une peine de 16 ans de prison en 2008 pour ” conspiration contre l’état vietnamien” , il a toujours refusé une expulsion hors du Vietnam , avait effectué avec succès plusieurs grèves de la faim pour mauvais traitements des détenus et exigé une libération en bonne et due forme. Sa sortie forcée de prison et son retour en famille ont été organisés pratiquement sans information préalable de la part des autorités à la veille du voyage de Tô Lâm aux Etats-Unis.

    Dans le passé,  le gouvernement vietnamien a toujours entretenu un cercle vicieux consistant à libérer ou expulser des prisonniers avant des événements internationaux importants importants … pour revenir à ses méthodes oppressives immédiatement après.  Trois prisonniers d’opinion actuels Dang Dinh Bach, Trinh Ba Tu et Bui Van Thuan détenus dans la prison n° 6 de Nghe An, ont entamé une grève de la faim depuis le 28 septembre d’une quinzaine de jours pour protester contre les conditions de vie déplorables dans cet établissement et exiger des autorités qu’elles libèrent tous les prisonniers politiques.  La prison de Nghe An est principalement connue pour le traitement sévère qu’elle inflige aux détenu(e)s.

    Pour reprendre les paroles de l’ex-consul vietnamien en Suisse Dang Xuong Hung qui avait obtenu le statut de réfugié politique en Suisse en 2014, un homme aussi avisé et pragmatique comme Tô Lâm ne peut être pire que son prédécesseur Nguyen Phu Trong lequel déclarait à qui voulait l’entendre que “la société vietnamienne devait peut-être attendre encore cent ans avant d’atteindre le socialisme parfait”.

    Wait and see.

     

     
  • Pour une libération immédiate du réfugié Y Quynh Bdap en Thaïlande

    Pour une libération immédiate du réfugié Y Quynh Bdap en Thaïlande

    Lors de l’examen périodique du Vietnam UPR de mai 2024, le pasteur protestant Vang Chi Minh représentant de Stand For Justice de la minorité ethnique des montagnards est venu dénoncer à Genève leur situation catastrophique même pour les réfugiés dans un pays tiers comme la Thaïlande.
     
    Plusieurs groupes de défense des droits de l’homme, dont Human Rights Watch (HRW), le Viet Tan et des législateurs thaïlandais, ont appelé le 13 juin les autorités thaïlandaises à ne pas rapatrier l’activiste vietnamien Y Quynh Bdap, cofondateur d’une organisation qui défend la liberté religieuse des Montagnards indigènes vivant sur les hauts plateaux du centre du Viêt Nam.  Bdap, 32 ans, détient un statut de réfugié en Thaïlande confirmé par les Nations unies, mais a été quand même arrêté par la police après sa rencontre avec des représentants de l’ambassade du Canada au sujet de son droit d’asile.
     
    Les autorités thaïlandaises devraient reconnaître le statut de réfugié octroyé par le UNHCR.
     
    Le motif de la détention n’a pas été annoncé. Cependant, HRW a publié dans un communiqué de presse que c’est le gouvernement vietnamien qui a demandé aux autorités thaïlandaises d’extrader Y Quynh Bdap pour “terrorisme” à la suite d’une confrontation armée dans la province de Dak Lak en juin 2023. Le cofondateur de l’association Montagnards Stand for Justice a nié ces allégations et a déclaré qu’il se concentrait uniquement sur des activités pacifiques concernant des violations des droits de l’homme au Viêt Nam.
     
    HRW s’inquiète de la possible extradition de Bdap vers le Vietnam, où il pourrait être condamné à une longue peine de prison, voire à la torture. “Le renvoi du militant vietnamien Y Quynh Bdap au Viêt Nam le mettrait en grave danger”, a déclaré Elaine Pearson, directrice pour l’Asie à HRW. “Les autorités thaïlandaises devraient reconnaître le statut de réfugié octroyé par le UNHCR de Y Quynh Bdap”.
     
    La rapporteuse UNHCR des droits de l’homme Mme Mary Lawlor a pris très nettement position pour une libération immédiate.
  • La prisonnière de conscience Huynh Thuc Vy est libérée

    La prisonnière de conscience Huynh Thuc Vy est libérée

    Huynh Thuc Vy, militante fougueuse et courageuse du groupe des Femmes pour les droits de l’homme qui a purgé 33 mois d’emprisonnement pour le crime présumé “d’insulte au drapeau national“, a été libérée le 1er juin.

    Huynh Thuc Vy est née en 1985. Son père est l’écrivain dissident Huynh Ngoc Tuan, condamné avant elle à à 10 ans de prison pour « propagande contre l’État ». En 2012, le père et la fille ont reçu le prix Hellman/Hammett décerné par Human Rights Watch pour « reconnaître leur courage et leur fermeté face à la répression politique ».

    Traduction :  Je n’aime pas le parti communiste vietnamien. Dictature et corruption, perte de la souveraineté nationale sur terre et sur mer, échec de la gestion du pays.

    Avant d’être arrêtée, Vy, 39 ans, qui vivait dans le district de Buon Ho, dans la province de Dak Lak, sur les Haut-plateaux avait activement défendu les droits de l’homme, le pluralisme politique et la démocratie, et avait publié plusieurs textes à ce sujet. En 2018, un tribunal du district de Buon Ho l’avait condamnée pour avoir publié un texte critiquant le parti communiste “avec une photo du drapeau national défraîchi “ sur les médias sociaux.

    Vy a ensuite bénéficié d’un sursis parce qu’elle était enceinte au moment de sa condamnation et que son premier enfant était âgé de moins de 36 mois. Comme le stipule la loi vietnamienne, une femme ayant un enfant peut retarder l’exécution de sa peine de prison jusqu’à ce que l’enfant atteigne l’âge de 36 mois. Cependant, le 30 novembre 2021, la Cour provinciale de Dak Lak a émis un ordre d’arrestation à l’encontre de cette mère de deux enfants. Lors de son incarcération à la prison de Gia Trung, dans la province de Gia Lai, Vy a été soumise à des conditions de vie difficiles, tourments psychologiques et violences physiques de la part d’autres détenues.

    Après sa libération, Vy a déclaré à Radio Free Asia RFA que le moment le plus heureux de sa vie a été celui où elle a retrouvé ses enfants après deux ans et demi d’emprisonnement. 

  • Russie, Chine, Corée du Nord et Vietnam, qui se ressemble finit par s’assembler.

    Russie, Chine, Corée du Nord et Vietnam, qui se ressemble finit par s’assembler.

    Le président russe Vladimir Poutine a entamé le 19 juin dernier une visite d’État de deux jours au Viêt Nam, à l’invitation du président du parti Nguyen Phu Trong. Les médias d’État ont salué ce voyage comme l’ouverture de nouvelles discussions visant à consolider les liens bilatéraux et à promouvoir la coopération entre Hanoï et Moscou. La dernière visite du président russe remonte à 2017, lorsqu’il était arrivé à Danang pour assister à la réunion de la Coopération économique pour l’Asie-Pacifique (APEC) organisée par le Viêt Nam.

    Le Vietnam, comme la Corée du Nord, est un allié proche de la Russie.

    Selon les médias d’État vietnamiens, le voyage officiel de M. Poutine les 19-20 juin marque le 30e anniversaire du traité sur les principes des relations amicales entre le Viêt Nam et la Russie. En 2012, Hanoï a élevé ses relations avec Moscou au niveau diplomatique le plus élevé, celui du partenariat stratégique global.

    Avant d’arriver au Viêt Nam, M. Poutine s’est rendu en Corée du Nord, où il a rencontré le dirigeant Kim Jong Un et signé un accord qui pourrait permettre à Pyongyang de fournir à Moscou des munitions indispensables pour soutenir son effort de guerre en Ukraine.

    Toutefois, la nouvelle de l’arrivée programmée de M. Poutine à Hanoï a suscité de vives critiques de la part des États-Unis, l’un des principaux partenaires commerciaux du Viêt Nam. Un porte-parole de l’ambassade américaine à Hanoï a déclaré à Reuters qu’aucun pays ne devrait donner à Poutine une tribune pour promouvoir sa guerre d’agression et lui permettre de normaliser ses atrocités“. Auparavant, l’Union européenne s’était déclarée mécontente du report par Hanoï d’une réunion avec l’envoyé de l’UE sur les sanctions contre la Russie en vue de préparer la visite officielle de M. Poutine.

    La “diplomatie du bambou”de Hanoi, un ersatz de neutralité opportuniste.

    Les principaux experts pensent que les partenaires du Viêt Nam, tels que les États-Unis, les pays de l’Union européenne, le Japon et la Corée du Sud, vont considérer Hanoi d’un œil plus sceptique après que le pays a accueilli Poutine lors de son voyage combiné en Corée du Nord. “Mais d’un autre côté, Hanoi gagnerait plus de confiance aux yeux de la Russie“, a déclaré à VOA News Vietnamese Alexander Vuving. Selon lui,  l’accueil par Hanoi du dirigeant russe, qui a été vivement critiqué pour ses crimes de guerre en Ukraine, “souligne le fait que le Vietnam, comme la Corée du Nord, est un ami proche de la Russie”.

    Il convient de ne pas oublier que l’ancienne Union soviétique et Hanoï partageaient la même idéologie communiste pendant la guerre froide. À l’époque, de nombreux cadres du parti et hommes d’affaires vietnamiens sont allés étudier et ont développé une attitude amicale à l’égard de l’image de l’Union soviétique. En avril 1975 , ce sont bien les chars soviétiques T-62 de l’armée nord-vietnamienne massivement fournis par Moscou qui ont conquis Saïgon et non les maquisards du Front de libération. Moscou est actuellement le premier fournisseur d’armements du Viêt Nam et un partenaire essentiel pour l’exploration conjointe du pétrole et du gaz en mer de Chine méridionale.

    En recevant à son tour Poutine , le Vietnam se veut appliquer une ” diplomatie du bambou” , un ersatz de neutralité, opportuniste et oscillant selon les vents du mondialisme entre capitalisme libéral et modèle idéologique répressif à la chinoise. Mais, en fin de compte, qui se ressemble finit par s’assembler.

     

  • Le moment de vérité du Vietnam vu par les activistes et les ONG des droits de l’homme

    Le moment de vérité du Vietnam vu par les activistes et les ONG des droits de l’homme

    En préalable à l’examen périodique universel EPU du Conseil des droits de l’homme sur le Vietnam, et après une semaine d’intenses visites d’information préliminaire aux différentes délégations des Nations Unies présentes à Genève, une douzaine de ONG et de personnalités spécialistes ont tenu à organiser au grand public leur conférence publique, débat réalisé en live stream et largement diffusé sur les réseaux sociaux.

    En ouvrant la conférence, la députée Masha Alimi, au nom du gouvernement genevois, a souhaité la bienvenue aux participants arrivant à Genève, capitale des droits de l’homme. En particulier, Mme Alimi a accueilli les pasteurs Vang Chi Minh de l’ethnie Hmong et A Ga, réfugiés et venus des Etats-Unis à cette occasion : « Vous êtes les bienvenus sur une terre hospitalière et protestante”.

    La députée Joëlle Fiss a ensuite expliqué le sens du processus d’EPU des Nations-Unies , à savoir que tous les problèmes et les préoccupations en matière de droits de l’homme sont inclus et discutés pendant la cession . Aucun pays ne peut refuser ! Toutes les nations et les sociétés civiles ont la possibilité de faire des propositions à n’importe quel pays. Si le gouvernement vietnamien veut continuer à être membre du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies en 2026, comme ils l’ont annoncé, il doit mieux se comporter en la matière et le processus de l’EPU est une occasion unique de le démontrer .

    Invitée de marque, Mme Mary Lawlord, Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les droits de l’Homme, n’a pas pu être présente à la conférence. Cependant, Mme Lawlord a tenu à envoyer un message vidéo à la conférence. Elle a déclaré que les défenseurs des droits de l’homme sur les questions de changement climatique et de protection de l’environnement, de liberté d’expression, liberté de religion et droits des minorités étaient persécutés au Vietnam.

    « En réponse à leurs actions pacifiques, ils ont été privés systématiquement de leurs droits fondamentaux par le gouvernement vietnamien, par des arrestations et détentions arbitraires, par des condamnations pénales, par harcèlement et intimidation et par une surveillance systématique. Si les dirigeants du gouvernement vietnamien sont réellement déterminés à promouvoir les droits de l’homme, ils doivent soutenir ces défenseurs au lieu de les emprisonner.”

    Suite à ce vibrant message du rapporteur spécial des Nations-Unies sur les Défenseurs des Droits de l’Homme, le séminaire s’est poursuivi avec 3 séances d’échanges sur plusieurs thèmes : la liberté d’expression, les persécutions religieuses et les recommandations pour améliorer la situation des droits de l’homme au Vietnam.

    ◊ Liberté d’expression
    La première discussion sur la liberté d’expression a été animée par Mme Tôn Nu Thuy-Nhiên avec la participation d’Arthur Rochereau (Reporters sans frontières – RSF), Don Lê (Article 19), Margaux Ewen (Freedom House) et Nguyen Van Trang (Viet Tan).

    Margaux Ewen et Tôn Nu Thuy-Nhiên

    Depuis Taïwan, Arthur Rochereau, du bureau Asie de RSF, a déclaré que le Vietnam reste l’un des pires pays au monde dans le classement de la liberté d’expression. “Nous assistons à de nombreuses arrestations et détentions arbitraires à grande échelle, comme dans les affaires Pham Doan Trang ou Nguyen Lan Thang. Le Vietnam a également mené des actes de transnational de répression en kidnappant des personnes à l’étranger, comme M. Duong Van Thai, en Thaïlande.”

    Nguyen Van Trang, un expert des médias sociaux, réfugié en Suisse depuis mars 2024, a déclaré que les réseaux sociaux au Vietnam devaient faire face aux influenceurs d’opinion de l’État. Il a été arrêté comme récemment M. Nguyen Chi Tuyên et M. Nguyên Vu Binh. La masse des influenceurs d’opinion du régime vietnamien se compose d’environ 150 000 individus dont le but est de limiter la portée des activistes sur la page Facebook de Viet Tan.

    Margaux Ewen, directrice du programme Free Them All a présenté son nouveau projet visant à soutenir les militants des droits de l’homme et les militants pro-démocratie. En 2023, Freedom House et le Robert Kennedy Center ont déposé un rapport à l’EPU du Vietnam pour documenter la détention et la torture de journalistes civils au Viêt Nam. Le rapport condamne également la répression transfrontalière que mène le Vietnam par des enlèvements de militants vietnamiens à l’étranger.

    Nguyen Van Trang et Don Lê

    Don Lê est un activiste, organisateur et chercheur axé sur l’intégration des droits et technologie dans l’agence Article 19. Il a constaté que le nombre de journalistes civils travaillant pour des médias indépendants diminue chaque année en raison de la répression accrue du régime. Les lois sur la cybersécurité ont considérablement limité la liberté d’expression en ligne.

    ◊ Répression religieuse
    La deuxième table ronde a porté sur la persécution religieuse avec la présence des pasteurs A Ga et Vang Chi Minh et l’avocat des droits de l’homme Nguyen Van Dai. Cet atelier est coordonné par M. Michel Tran Duc Tuan-Son.
    Le Pasteur A Ga, fondateur de l’Église évangélique du Christ des Central Highlands, a pris la parole depuis les États-Unis rappelant les récentes persécutions auxquelles son église protestante a été confrontée.
    L’article 70 de la Constitution vietnamienne garantit pourtant la liberté religieuse. Le Vietnam a signé et rejoint le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, dont l’article 18 garantit la liberté de religion… tout en obligeant les groupes religieux à s’enregistrer auprès des agences d’État.

    Le pasteur Vang Chi Minh et l’avocat Nguyen Van Dai

    Venant des États-Unis, le Pasteur Vang Chi Minh, de l’Alliance des droits de l’homme Hmong, a évoqué les méthodes similaires des agences de sécurité dans le nord-ouest du Vietnam envers les chrétiens Hmong. Depuis les années 1980, près de la moitié des 1,5 millions de Hmong du Vietnam se sont convertis au protestantisme incitant le régime à les considérer comme une menace croissante.

    Les autorités gouvernementales ont essayé par tous les moyens de disperser ces communautés religieuses vers des zones insalubres du nord du pays. Beaucoup d’entre eux ont dû fuir vers le centre du Vietnam ou vers les pays voisins comme le Laos, le Cambodge, le Myanmar et la Thaïlande. Même en Thaïlande, les Hmong ne sont en sécurité car beaucoup d’entre eux n’ont pas de documents d’identité délivrés par le Vietnam et ne peuvent pas demander le statut de réfugié auprès du Haut Commissariat des Nations Unies.

    L’avocat Nguyen Van Dai venu d’Allemagne, a réitéré que le Vietnam est un pays dictatorial où  toutes les communautés religieuses doivent s’inscrire auprès des autorités. Aujourd’hui, il déplore que la question de liberté de religion n’est malheureusement plus une priorité pour les pays occidentaux.

    ◊ Recommandations

    Alexandre de Senarclens et Sylvia Palomba

    L’avocate Sylvia Palomba (Destination Justice) a animé la table ronde finale pour les recommandations avec la participation du député Alexandre de Senarclens (Cosunam), de Wiebke Hangst (Media Defence) et Hoang Tu Duy (Viet Tan).

    Secrétaire général de Viet Tan, Hoang Tu Duy a déclaré que Hanoï avait fait beaucoup d’efforts de façade pour construire l’image d’un pays respectueux des droits de l’homme après avoir subi les feux des critiques en 2019 et pour pouvoir devenir membre du Conseil des droits de l’homme de Nations Unies. Mais à ce jour, le constat est négatif et la vérité est accablante.

    Wiebke Hangst, avocate de Media Defence, a annoncé que son organisation aidait les familles des journalistes civils détenus à déposer des plaintes auprès du Comité des Nations Unies contre la persécution et la détention arbitraire (UNGWAD).

    Alexandre de Senarclens, avocat, député et membre du Comité Suisse-Vietnamien (Cosunam), a souligné qu’il avait envoyé à deux reprises une lettre cosignée par une quinzaine de députés à l’ambassadeur vietnamien en Suisse pour une entrevue constructive sur ce sujet. Cependant, tous ces démarches n’ont reçu aucune réponse du Vietnam.

    Pour résumer la conférence, Sébastien Desfayes, avocat, député et président de Cosunam, a rappelé qu’en 2019, le Vietnam avait accepté 83% des recommandations de la communauté internationale. Il ne croit pas que Hanoï changera automatiquement « pour le mieux » après l’EPU 2024 ” le gouvernement vietnamien n’atténuera la répression que sous la pression forte de la communauté . Et ce qui est sûr, c’est que nous continuerons à nous battre aux côtés des défenseurs des droits de l’homme”.

    De nombreux membres et amis du Cosunam étaient aussi présents pendant cette journée , dont Pascale Berry-Wavre, Jean-Marc Comte, Jean-Luc von Arx, Conseiller municipal de Genève, Vincent Gillet, Secrétaire général du Centre, Philippe Souaille, journaliste et cinéaste, Bernard Favre, Lê Van Vinh-Thanh …♦

    Wiebke Hangst, Michel Tran Duc Tuân-Son, Masha Alimi , Margaux Ewen, Elodie Vialle