COSUNAM

Quand les hommes sont LIBRES de choisir, ils choisissent la LIBERTÉ

Actualités Décembre 2019

Le 10 décembre 1948, l’Assemblée générale des Nations-Unies adoptait la Déclaration universelle des droits de l’homme

Message de Marie Barbey-Chappuis
Conseillère municipale de la Ville de Genève

71 ans après son adoption, ce texte est confronté à des défis nouveaux : les bouleversements climatiques, les migrations massives et les enjeux liés au numérique et à la protection de la sphère privée, mettent à l’épreuve les acquis précaires de la déclaration.

Mais ce texte fondateur demeure aujourd’hui encore – et notamment à Genève, capitale mondiale des droits de l’homme – une source d’inspiration pour promouvoir un monde plus juste. Parce qu’il ne peut y avoir de paix, de développement, de sécurité, d’avenir pour chacune et chacun d’entre nous si nous laissons les droits de la personne – de toutes les personnes – se désintégrer.

En cette journée des droits de l’homme, j’ai une pensée toute particulière pour la communauté vietnamienne de Suisse qui, depuis 30 ans, se bat sans relâche pour dénoncer la situation des droits humains au Vietnam et les violations de la liberté d’expression en particulier.

Leur combat est aussi le nôtre.

Marie Barbey-Chappuis

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Tran thi Nga, femme activiste et engagée, emprisonnée depuis 2017,
Lauréate du Prix vietnamien des Droits de l’homme Lê Dinh Luong 2018

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Le respect et la promotion des Droits humains doivent être
la boussole qui guident notre action politique

Message de Saskia Bricmont, Députée au Parlement européen

Saskia Bricmont

Nous défendons les Droits humains, nous nous indignons quand ils sont violés, signons des pétitions car nous savons qu’elles peuvent parfois sauver des vies. Mais cela reste un peu une abstraction pour une majorité d’entre nous, on prend conscience de leur importance quand on en est dépourvu ou que l’on est témoin de la situation de populations qui en sont privées.

Je sors de rencontres avec des représentant.e.s de la communauté vietnamienne, d’anciens prisonniers politiques, des défenseurs des droits humains, d’activistes contre la torture. Ces rencontres ne m’ont pas laissée indemne. Si je connais de mieux en mieux les enjeux du pays en raison des semaines que j’ai passé à l’étudier et à rencontrer nombre d’acteurs et d’ONG, cette journée m’a fait l’effet d’un coup de poing. Le même coup de poing que lors de l’annonce de la mort de 39 Vietnamiens dans un camion frigorifique en provenance de Belgique et que la même semaine, certains partisans d’un accord commercial rapide entre l’UE et le Vietnam faisaient obstruction à ma demande d’entendre des ONG dans le cadre de nos travaux au sein de la commission du Commerce international.(…)

Saskia Bricmont le 10 décembre 2019 à Bruxelles entourée
des représentants de la communauté vietnamienne

J’ai demandé depuis le départ à ce que le processus de ratification soit mis en pause le temps pour le régime Vietnamien de mettre en place les dispositions visant à appliquer la réforme du Code du travail pour assurer les droits des travailleurs et la liberté syndicale, une réforme du code pénal qui empêche toute expression libre qui irait à l’encontre de la politique menée par le régime, de la loi sur la cybercriminalité qui a permis l’arrestation de blogger/journalistes indépendants qui s’expriment sur les réseaux sociaux, la libération des prisonniers politiques (12 dans un état critique selon la Commission européenne, plus de 130 prisonniers d’opinion selon les ONG), un moratoire sur la peine de mort et son abolition dans la loi…

Le respect et la promotion des Droits humains portés par les Objectifs pour le Développement Durable, les processus onusiens doivent être la boussole qui guident notre action politique. C’est particulièrement vrai pour l’Europe qui se présente comme le fer de lance d’une mondialisation à visage humain. Alors qu’une nouvelle Commission et un nouveau Parlement viennent d’entrer en fonction, il est plus important que jamais de rappeler que le développement économique doit être au service des gens et se faire dans le respect de l’environnement, pas l’inverse.

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L’UE va mettre en place un régime de sanctions à l’encontre
des auteurs d’atteintes aux droits de l’homme

Une très mauvaise nouvelle pour les responsables
au plus haut niveau du régime dictatorial vietnamien

L’Union européenne (UE) va commencer à travailler sur une législation qui lui permettra de sanctionner les personnes accusées de violations des droits de l’homme dans le monde entier. Grâce à un tel régime de sanctions, l’UE est en mesure de tenir les individus pour responsables des violations des droits de l’homme sans avoir à cibler un pays en particulier. En conséquence, l’UE sera mieux à même de donner suite à son engagement de défendre les droits de l’homme de manière appropriée au niveau mondial.

Ce régime de sanctions ciblées sera de type Magnitsky ont convenu les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne à la veille de la Journée internationale des Droits de l’Homme du 10 décembre 2019.

Stef Blok, ministre néerlandais des Affaires étrangères et Joseph Borrell,
nouveau chef et représentant des affaires étrangères pour l’UE

Le nouveau Haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères, Josep Borrell, a décrit les droits de l’homme comme une “priorité claire pour les Européens… et mon mandat” lors d’une conférence de presse qui a suivi la réunion des ministres des affaires étrangères.

Il a déclaré que ” à la demande de plusieurs États membres, nous avons convenu de lancer les travaux préparatoires en vue d’un régime mondial de sanctions pour faire face aux violations graves des droits de l’homme qui seront l’équivalent dans l’Union européenne de la loi dite Magnitsky des États-Unis “.

L’Acte Magnitsky a été signé par le président Barack Obama en décembre 2012 dans le but de cibler les responsables russes jugés responsables de la mort de l’avocat fiscal russe Sergei Magnitsky. Depuis lors, la loi a été utilisée pour sanctionner les personnes accusées de violations des droits de l’homme dans le monde entier.

Cette annonce intervient juste avant un jour avant la Journée des droits de l’homme du 10 décembre 2019. Le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Stef Blok, qui a poussé l’Union à adopter une telle loi, a envoyé un tweet : “C’est un signal très fort qu’aujourd’hui, l’UE a décidé à l’unanimité de légiférer sur un régime mondial de sanctions de l’UE en matière de droits humains.”

Selon un diplomate de haut niveau, le régime proposé permettra à l’UE de cibler spécifiquement des individus ” sans envoyer le message que vous ne voulez pas traiter avec ce pays ” car ces sanctions mettraient l’accent sur la responsabilité individuelle plutôt que sur la nationalité – même si certains peuvent encore les considérer comme visant un certain pays.
Pour un autre diplomate, ” le fait est qu’il y a des crimes qui ne peuvent être attribués à un pays. Nous devrions être en mesure de demander des comptes aux auteurs individuels dans cette affaire.”

Prisonniers de conscience VN