Cruel Avril 2021 – En souvenir des boat-people du Vietnam

Avril est le mois le plus cruel, engendrant des lilas dans la terre morte,

Mêlant souvenir et regret, éveillant sous une averse de printemps des racines inertes.

(T.S. Eliot)

Le Cosunam n’oublie pas le 30 avril 1975, le jour de la chute de Saigon.

A l’initiative d’un collectif de personnalités politiques suisses et vietnamiennes ( Michel  Rossetti, Pierre Marti, Elizabeth Boehler, Pierre Maudet, Nguyen Ngoc Duc, l’Association des Vietnamiens de Lausanne), une stèle a été érigée il y a déjà 15 ans à Genève, le 9 février 2006, en mémoire des centaines de milliers de Vietnamiens qui ont péri en mer sur le chemin de l’exil sans jamais atteindre les rivages de la liberté

Notre video du souvenir tient à rendre hommage aux nombreuses personnalités -Suisses et Vietnamiens- qui ont contribué à ce monument historique érigé en 2006 et finalisé en 2010 avec une Promenade des libertés en présence officielle du Conseiller d’Etat genevois François Longchamp ( cliquez sur le lien ci-dessous). Ce chemin piétonnier de 500 mètres environ relie la stèle des boat-people à des vestiges du Mur de Berlin ramenés au siège du Conseil Oeucuménique des Eglises.

https://youtu.be/h_lSEPC8VRg

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Peines de mort pour Dông Tâm

Un message de défiance à l’opinion publique, un avertissement terrifiant à l’opposition.

Le lundi 8 mars à Hanoï, dans le procès en appel des 6 accusés du drame survenu dans la commune de Dông Tâm, district de My Duc, Hanoï, en janvier 2020, le tribunal s’est borné à confirmer le terrible verdict du premier procès qui avait condamné à la peine capitale deux accusés, Lê Dinh Cong et Lê Dinh Chuc, et à des lourdes peines de prison quatre autres accusés Lê Dinh Doanh (à perpétuité), Bui Viêt Hiêu (à 16 ans), Nguyen Quôc Tiên(à 13 ans) et une femme Mme Bui Thi Nôi (à 6 ans).

Le drame de Dong Tam avait suscité un grand émoi au Vietnam et à l’étranger. En septembre 2020, l’Union européenne et de nombreuses ONG défendant les Droits de l’Homme – dont le Cosunam – se sont opposées au Vietnam aux deux condamnations à mort lors du procès en première instance, pointant de graves violations aux principes d’un procès-équitable.

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Le Vietnam assassine ses citoyens

Il n’y a pas qu’en Birmanie où un régime à parti unique bafoue violemment les droits de l’homme

Pascale Berry-Wavre
Pascale Berry-Wavre

par Pascale Berry-Wavre / Le lundi 8 mars , la justice vietnamienne juge en appel six des vingt-neuf personnes qu’elle avait condamnées le 14 septembre 2020 pour des faits de résistance à l’autorité. Parmi elles, deux ont été condamnés de la peine de mort. Quel sera le sort de ces hommes qui, début 2020, se battaient encore contre l’expropriation des terres de leur village 

 

Le Vietnam reste aujourd’hui l’une des pires dictature qui soit. Ses ambitions touristiques et économiques le conduisent à exproprier sans indemnisation équitable, asservir une grande partie de la population avec un impact catastrophique sur l’environnement. L’affaire dite de « Dông Tâm » illustre ces pratiques. En 1980, ce village situé à une cinquantaine de kilomètres de Hanoi donne son accord au pouvoir central pour l’occupation d’une surface de 47 hectares destinés à un aéroport militaire. Les villageois ne conservent alors plus que 59 hectares pour leurs cultures.

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Le drame de Dông Tâm par Sebastien Desfayes – l’interview RFA Radio Free Asia

De nombreuses personnalités politiques suisses et des observateurs étrangers focalisent leur attention sur le procès en appel des six condamnés dans l’affaire Dong Tam qui aura lieu lundi 8 mars et ce pendant 3 jours.
Sébastien Desfayes, député au Grand Conseil de Genève, président du Cosunam, a eu un échange fin février avec l’un des avocats sur cette affaire Mr Dang Dinh Manh.


Le 2 mars, Giang Nguyen, journaliste de RFA Radio Free Asia, a questionné Sébastien Desfayes sur les prochaines mesures à prendre de la Suisse à l’issue du prochain procès en appel. Voici un résumé des points importants :

-Giang Nguyen: On sait que récemment vous aviez eu une conversation avec Me Dang Dinh Manh, avocat et défenseur des accusés de l’affaire Dong Tam. Pouvez-vous nous dire les dernières informations que vous avez eu avec lui ? 

-Sébastien Desfayes: Oui, j’ai eu un long entretien téléphonique avec l’un des avocats le 18 février. Me Manh m’a fait part d’informations intéressantes, des points positifs et aussi de ses préoccupations.
La bonne nouvelle est que les contacts des avocats avec les accusés et leurs familles se passent relativement bien, du moins pour le moment. Il m’a dit qu’il a droit à un accès normal aux documents officiels des accusés. Pourtant, il y a une exception. Au moment de notre entretien, l’avocat ne connaissait toujours pas la date de l’audience. Nous venons maintenant d’être informés que le procès aura lieu le 8 mars, ce qui signifie une convocation de toute urgence.
En revanche, les avocats des accusés sont préoccupés par le non-respect des principes procéduraux.

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Le Vietnam postule pour un siège au Conseil des Droits de l’homme des Nations-Unies

Une conception à la chinoise des droits de l’homme

Le vice-premier ministre et ministre des affaires étrangères Pham Binh Minh.

M. Pham Binh Minh, qui dirige la délégation vietnamienne à une récente session du Conseil des Droits de l’homme des Nations-unies, a enfoncé des portes ouvertes en déclarant que la pandémie actuelle de Covid-19 a tué des millions de personnes et affecté des milliards d’autres, pesant sur les systèmes de sécurité médicale et sociale des pays et affectant les droits de l’homme.

En affirmant que la meilleure façon de garantir les droits de l’homme est d’assurer la sécurité de la société au milieu de la pandémie, il a souligné la politique, les efforts et les réalisations du Vietnam à l’exemple de la Chine en matière de protection et de promotion des droits de l’homme dans la lutte contre la pandémie et le maintien de la croissance économique. 

Une drôle de conception à la chinoise des droits de l’homme que les premiers lanceurs d’alerte de Wuhan et les pro-démocrates de Hong Kong apprécieront ?


Cosunam Newsletter Février 2021

Message et voeux de Sébastien Desfayes, président

La Fête du Têt commencera cette année le 12 février et marque d’abord le Nouvel An vietnamien. Personne ne regrettera l’année 2020, l’année du Rat, qui cèdera sa place à l’année du Buffle.

Si l’on en croit les astrologues vietnamiens, nous avons tout lieu d’être optimistes : endurant, fiable, capable d’atteindre ses objectifs sans perdre patience, le buffle ne flanche jamais.

Heureusement d’ailleurs : si l’arrivée du printemps est également célébrée lors de la Fête du Têt, aucun signal de dégel n’a été donné par les apparatchiks lors du 13ème congrès du Parti communiste qui ont reconduit à son poste le secrétaire général Nguyen Phu Trong, cacique parmi les caciques.

Alors que la situation au Vietnam est toujours aussi préoccupante et que la crise du Covid nous a aussi rappelé en Occident que les libertés individuelles doivent être chéries et protégées, le buffle nous apprend à rester confiants et à suivre notre chemin.

Nous veillerons en premier lieu, avec la plus grande attention, au sort des accusées du village de Dong Tam, dont deux d’entre eux avaient été condamnés à la peine de mort en première instance. L’espoir est permis, tant la mobilisation a été forte en Suisse et dans le monde.

Les familles des prisonniers de conscience au Vietnam honorent la mémoire de leurs ami(e)s suisses disparus

Nous n’oublierons pas non plus les journalistes et activistes des droits humains emprisonnés ces derniers mois par le régime d’Hanoi. De manière générale, nous apporterons aux opprimés du Vietnam la certitude qu’ils ne sont pas seuls.
Et comme le Têt est enfin, selon la tradition, la rencontre entre les vivants et les âmes de ceux qui sont partis, nous penserons à tous ceux qui nous ont quittés, qui nous manquent terriblement mais qui continuerons à nous inspirer.

Bonne Année du Buffle.
 

 

Huynh Thi Tô-Nga

Médecin généraliste, mère de deux enfants, cette jeune activiste fait preuve d’un courage incroyable comme tant d’autres femmes du Vietnam. En cette année d’anniversaire des 50 ans du droit démocratique de vote pour les femmes en Suisse, ayons une pensée et une action pour celles au Vietnam qui en sont privées et qui militent dans les pires conditions

Le 28 novembre 2019, le Tribunal populaire de la province de Dong Nai a jugé Madame Huynh Thi Tô Nga et son frère Huynh Minh Tam en vertu de l’article 117 du Code pénal vietnamien pour ” diffusion d’informations et d’articles dans le but de s’opposer à l’État de la République socialiste du Vietnam”. Tous deux ont été condamnés à de lourdes peines de prison – neuf ans pour le frère Tâm et cinq ans pour Tô Nga.

Frère et soeur étaient des commentateurs avisés sur les réseaux sociaux de la politique du gouvernement et des questions nationales, y compris la souveraineté face à la Chine, la corruption et la mauvaise gestion économique. Madame Tô Nga a été arrêtée le 28 janvier 2019 par des agents en civil à l’hôpital où elle exerçait. Elle a été portée disparue pendant plusieurs semaines avant d’être enfin retrouvée par sa famille dans un centre de détention dans la province de Dong Nai sans droit de visite.

Le Vietnam face au coronavirus

Le Vietnam a enregistré quelques 500 cas nouveaux d’infections depuis fin janvier 2021 et les contaminations se sont propagées rapidement à une douzaine de villes et de provinces sur tout le territoire national.  Proches de la Chine, Hai Duong et Quang Ninh, deux provinces du Nord entre Hanoi et le port de Hai Phong semblent les plus touchées avec 370 cas. Saigon-Ho Chi Minh Ville n’est pas épargnée et arriverait en troisième position avec une quarantaine de cas enregistrés début février. La grande métropole du sud est suivie par la capitale Hanoi au Nord avec trente cas, la province de Gia Lai ( Haut-plateaux du centre) avec une vingtaine de cas ainsi 7 autres provinces. 

Tous ces chiffres officiels totalisant ainsi 2’100 personnes contaminées à ce jour (nombre relativement très bas par rapport à la situation d’autres pays dont la Suisse) appellent cependant à une certaine méfiance sachant que la liberté d’expression et d’information au Vietnam est pratiquement inexistante depuis des années.

Le ministère de la santé a massivement intensifié les tests et des quartiers ou districts entiers du pays sont soumis à une sévère quarantaine. Toutes les grandes manifestations festives ont du être annulées. La télévision d’État a cité le chef du groupe de travail sur le coronavirus déclarant qu’il fallait se préparer à un scénario pouvant aller jusqu’à 30’000 contaminations. Les efforts de confinement pourraient être compliqués par la période des vacances du Nouvel An lunaire, où les grands rassemblements et déplacements à l’intérieur du pays sont typiques.

Nos pensées particulières vont vers les prisonniers de conscience dont les conditions de détention ne peuvent que s’aggraver dramatiquement.


COSUNAM EXPRESS Janvier 2021

Le Vietnam à l’aube de 2021

Comment le Coronavirus a-t-il affecté le pays ?

A la fin de l’année 2020, le Vietnam se targue d’avoir eu l’un des taux de mortalité du virus les plus bas au monde avec des chiffres officiels d’un peu moins de 1’600 contaminations et d’une quarantaine de décès. On pourrait douter de la véracité de ces chiffres dans ce pays qui reste un “copier-coller” de la Chine en matière de transparence et de liberté d’expression.
La croissance économique de ce pays aux 98 millions d’habitants a ralenti pour atteindre 2,91 % à la fin de 2020, car le ralentissement mondial provoqué par la pandémie a fait chuter la demande de produits fabriqués au Vietnam. Le gouvernement prévoit une expansion d’environ 6 % en 2021, contre 7% en 2019. Néanmoins, l’exode et le redéploiement en Asie des multinationales hors de Chine a principalement favorisé le Vietnam.

Quels sont les défis qui attendent le Vietnam?

D’une part, stimuler la croissance de la nation dépendante des exportations suite à une forte récession mondiale. D’autre part, le faire sans provoquer davantage les États-Unis qui reste son plus grand marché d’exportation. Les États-Unis ont mis le Vietnam en garde en octobre 2020 en ouvrant une enquête commerciale sur sa politique monétaire et ont ensuite imposé des sanctions sur de nombreux articles et marchandises en invoquant une “monnaie sous-évaluée”. Le Vietnam a été désigné comme un pays d’Asie du Sud-Est manipulateur de devises.

Quid des relations entre le Vietnam et la Chine ?

Soufflant le chaud et le froid entre ” frères communistes”, le Vietnam ne peut s’affranchir de sa dépendance idéologique et de sa forte dépendance de la Chine pour les matériaux et les équipements essentiels à l’approvisionnement de ses usines. Les relations avec son puissant voisin restent tendues en raison de l’attitude agressive chinoise et de ses revendications territoriales maritimes (le littoral du Vietnam, d’environ 3 400 kilomètres suit l’une des voies de frêt maritime les plus fréquentées du monde et les îles Spratly et Paracels ont été occupées manu militari par la Chine).
Comme d’autres pays de l’Asie du Sud-Est, le Vietnam semble de plus en plus favorable à une présence économique et militaire américaine dans la région pour contrer la puissance croissante de la Chine.

Manifestations anti-chinoise de la population

Comment le parti “néo-communiste” va essayer de façonner l’avenir du pays ?

Ce lundi 25 janvier, le 13ème congrès du parti communiste vietnamien s’ouvrira à Hanoï. Il sera déterminant pour le pays dans les années à venir avec une nouvelle direction pour l’un des derniers États communistes du monde après la Chine, la Corée du Nord et Cuba. Les tractations entre clans rivaux ont commencé depuis bien longtemps comme l’ont démontré purges, exclusions et même disparitions successives de nombreux caciques depuis l’année passée. La corruption généralisée au sein de ce parti unique sape cependant sa crédibilité au sein de la population.

Comment le système politique fonctionne ?

Il s’agit d’un processus opaque. Le Vietnam a une structure de direction collective à “quatre piliers” composée du secrétaire général, du premier ministre, du Chef de l’État et du président de l’Assemblée nationale. Ce quatuor gouverne en consultation avec un bureau politique du PC de 17 à 19 membres. Le 13e Congrès du Parti national doit se tenir du 25 janvier au 2 février. Environ 1’600 délégués dûment triés voteront pour choisir environ 200 membres du Comité central, qui à son tour choisira le Politburo dont le secrétaire général du parti. Le politburo désignera ensuite les candidats au poste de premier ministre, puis la composition du gouvernement. Ceux-ci seront soumis à un vote de principe à l’Assemblée nationale.



La répression s’accentue contre la liberté d’expression

Alors que le Parti communiste au pouvoir au Vietnam se prépare à sa plus importante réunion depuis des années, ses dirigeants ont procédé à une intensification sans précédente de la répression de la dissidence avec un nombre record de prisonniers politiques, des peines de prison plus longues et un harcèlement accru des militants ces dernières années.

Les experts des droits de l’homme de l’ONU à Genève ont déclaré que les lourdes peines prononcées contre trois journalistes et défenseurs des droits de l’homme vietnamiens, à la veille de l’importante réunion du Parti communiste au pouvoir, envoient un message effrayant aux défenseurs des droits de l’homme et aux personnes travaillant dans les médias.

 “Les peines infligées à Pham Chi Dung, Nguyen Tuong Thuy et Le Huu Minh Tuan s’inscrivent dans une tendance à la hausse des poursuites, des détentions arbitraires, des représailles, des mauvais traitements et des procès inéquitables visant les journalistes indépendants, les blogueurs, les militants pro-démocratie et les défenseurs des droits de l’homme au Vietnam”, ont déclaré les rapporteurs spéciaux des Nations unies.

 “A la veille du Congrès national du Parti communiste, les condamnations et les longues peines ne constituent pas seulement une suppression flagrante du journalisme indépendant, mais aussi une tentative évidente de créer un effet paralysant chez ceux qui veulent critiquer le gouvernement”.

 Pham Chi Dung, le fondateur de l’Association des journalistes indépendants du Vietnam (IAJVN), a été arrêté le 21 novembre 2019, 11 jours après avoir signé une lettre exhortant l’Union européenne à retarder l’approbation de l’accord de libre-échange UE-Vietnam jusqu’à ce que le Vietnam améliore son bilan en matière de droits de l’homme.

Nguyen Tuong Thuy et Le Huu Minh Tuan, vice-président et membre de l’IAJVN, ont été arrêtés respectivement le 23 mai 2020 et le 12 juin 2020, après avoir publié des commentaires sur la démocratie et défendu la liberté d’expression. Le 5 janvier 2021, M. Dung a été condamné à 15 ans de prison, et les deux autres à 11 ans. Les rapporteurs spéciaux ont exprimé une inquiétude particulière quant au fait que les journalistes avaient été accusés en vertu de l’article 117 du code pénal pour des délits liés à la “propagande contre l’État”.
“Bien que le gouvernement du Vietnam ait déclaré qu’il ne poursuivait et ne jugeait que ceux qui enfreignaient la loi, il est clair que l’article 117 n’est pas conforme aux obligations internationales du Vietnam en matière de droits de l’homme et devrait être révisé”, ont-ils ajouté.



Dans une résolution commune, 592 députés de l’Union Européenne dénoncent la grave violation des droits de l’homme

Breaking New

Deux ans après l’Universal Periodic Review de l’ONU sur les droits de l’homme au Vietnam à Genève , le 21 janvier 2021 sera une date historique dans les efforts de la communauté vietnamienne exilée. Dans une séance plénière, le Parlement européen a condamné à une écrasante majorité l’escalade de la répression contre la dissidence et la multiplication des violations des droits de l’homme au Vietnam. Dans la résolution commune des groupes Verts/ALE, CRE, S&D, Renew Europe et PPE qu’ils ont adoptée par 592 voix pour, 32 contre et 58 abstentions, les députés européens dénoncent la violente répression actuelle et demandent aux autorités vietnamiennes de libérer immédiatement et sans condition les 3 journalistes Pham Chi Dung, Nguyen Tuong Thuy et Le Huu Minh.

Cliquez pour le texte de la résolution



Symbole de la liberté  pour ses partisans ou objet du passé pour ses détracteurs, le drapeau jaune aux trois bandes rouges continue à flotter au sein des communautés vietnamiennes exilées.

Le soleil de la liberté ou le sang de l’indépendance

A la commémoration des quarante ans de la communauté vietnamienne exilée

Jean-Marc Comte, vice-président du Cosunam

Aussi loin que remontent mes souvenirs d’actions et de présence auprès du Cosunam, le drapeau jaune aux trois bandes rouges a toujours été bien présent aux cérémonies et manifestations de la communauté vietnamienne de Suisse et d’Europe.

Qu’il soit brandi fièrement par les Vietnamiens jeunes ou moins jeunes lors des manifestations pacifiques devant le palais des Nations-Unies, ou flottant bien en vue à côté du drapeau helvétique dans les salles de fête lors des soirées artistiques au milieu des centaines d’invités et de participants, cet emblème m’a paru indissociable des activités de la communauté vietnamienne.

Bien sûr, en tant que personnalité officielle et ancien maire de la commune du Grand-Saconnex pendant des longues années, je ne pouvais pas ignorer qu’il y avait aussi l’autre drapeau, celui de l’étoile jaune sur fonds rouge, qui flotte sur le bâtiment officiel du Consulat vietnamien (situé aussi, ironie du sort, à moins de 3 kms de la stèle en mémoire des boat-people).

Sur ce drapeau, l’étoile à cinq branches symbolise l’union des ouvriers, des paysans, des soldats, des intellectuels et de la jeunesse qui travaillent ensemble dans la construction du socialisme tandis que le fond rouge symbolise le sang versé pour l’indépendance. C’est seulement depuis 1975 qu’il représente l’ensemble du Vietnam, ayant supplanté par la force et par les armes le drapeau du Sud.

Sous des formes similaires depuis 1890, sur fond d’or représentant le soleil, barré de trois bandes rouges illustrant les trois régions du Vietnam, le drapeau traditionnel aura vécu plus longtemps que le drapeau officiel, en tous cas au sud.

Vietnamiens devant le palais de Justice de Lausanne en 2018

La question de savoir si il est politiquement correct ou rétrograde voire extrémiste de s’afficher avec cet emblème n’a pas été un problème pour les amis et autres personnalités politiques importantes que j’ai côtoyé pendant ces années en ma qualité de membre du Cosunam.

A ce jour, en Suisse, la communauté vietnamienne a su utiliser avec fierté et détermination ce symbole de leur appartenance et de leurs convictions.

Et finalement, ne serait-ce pas une bonne nouvelle que les Vietnamiennes et les Vietnamiens puissent bientôt choisir eux-mêmes, démocratiquement, le drapeau avec lequel ils se reconnaitront le mieux ? Gageons que ce jour, le soleil de la liberté l’emporte sur le sang versé d’une drôle d’indépendance

Jean-Marc Comte, vice-président du Cosunam

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Communauté catholique lors de l’accueil au pape Jean-Paul II  à Genève en 2018