Pour les hommes et femmes injustement emprisonnés

Il n'y a pas que des touristes et des businessmen  au Vietnam 

Le Comité Suisse -Vietnam COSUNAM organise son repas de soutien annuel

Le mardi 12 décembre 2017, le Cosunam, Comité Suisse-Vietnam pour la liberté et la démocratie, organisait, au Grand-Saconnex, son désormais repas annuel de soutien aux victimes du régime vietnamien et, plus particulièrement cette année, aux prisonniers de conscience. 

Le bénéfice de la soirée d'hier est destiné à les soutenir ainsi que leurs familles. Depuis le début de l'année ils ne sont en effet pas moins de vingt à avoir été arrêtés ou exilés par le régime qui, sans vergogne, bafoue les droits de l'homme.

L'un des temps forts aura été la diffusion de la vidéo "Des Hommes et des Femmes du Vietnam", spécialement réalisée pour la soirée. Cliquez ici ---> https://youtu.be/Y74v-cNruh4

Un autre temps fort aura été celui des interventions officielles et amicales de:

Pierre Maudet, Conseiller d'État du canton de Genève - Bertrand Favre, Maire du Grand-Saconnex-  Serge Dal Busco, Conseiller d'État du canton de Genève - Rolin Wavre, Président du Cosunam

Le prisonnier de conscience catholique Dang Xuân Diêu ( sur la photo avec le Conseiller d'Etat Serge Dal Busco) était présent et son témoignage en vietnamien, traduit en français par Nguyen Luy Tang, le secrétaire général du Cosunam, a suscité beaucoup d'émotion dans l'assistance.

Dang Xuân Diêu a été arrêté le 30 juillet 2011, au retour d'une formation organisée par le Viet Tan, et n'a été libéré que le 12 janvier 2017, après donc cinq ans et demi de détention arbitraire. Il avait été condamné à 13 ans de prison le 9 janvier 2013.

Il a assisté aussi à des passages à tabac d'autres détenus, transportés in extremis à l'hôpital, quand ils avaient été battus à mort, pour pouvoir dire qu'ils y étaient décédés de maladie... L'hypocrisie jointe à l'ignominie.

Une fois conduit à l'aéroport le 12 janvier 2017, il n'y a été informé de son expulsion du pays, que deux heures avant de partir, et n'a donc pu revoir aucun membre de sa famille, laquelle habite à 1500 km de là.

Comme l'a rappelé Rolin Wavre, la moindre contestation est considérée là-bas comme un crime par le régime, qui est un des derniers modèles du genre totalitaire.

En prison Diêu a subi des sévices corporels et psychologiques, n'a pu recevoir, pendant toute la durée de sa détention, qu'une seule visite, celle de son frère, et encore, brièvement. Il a aussi souffert du froid, n'étant vêtu que d'un pyjama.

La chanteuse Anh Chi est venue spécialement de Paris pour apporter une note musicale à la soirée. Elle n'a pas voulu monter sur scène: elle n'était pas là en représentation, mais en simple amie, convive parmi les convives.

Anh Chi a d'abord chanté une chanson dédiée aux prisonniers de conscience, puis deux chansons françaises, La vie en rose et Sous le ciel de Paris (pour partie en vietnamien), où elle devait retourner aussitôt après.

Enfin elle a chanté la célèbre chanson "Vietnam, Vietnam", où le nom de son pays est répété indéfiniment, comme une antienne, entonnée par l'assistance qui s'est mise en rythme à battre des mains.

Pendant ce temps-là, le repas se déroulait. Avec au menu six plats, aux saveurs délicates pour les papilles et pour les yeux.

Soupe de tamarin aux dés de tofu, crevettes grillées sur brochette de canne à sucre, boeuf à la pulpe de coco et salade de fruits exotiques.

Bref, tout était réuni pour que cette soirée soit mémorable, qui plus est pour une bonne et noble cause.

Francis Richard

Pour visionner le reportage et les interviews de la soirée par la TV SBTN de la communauté vietnamienne internationale, cliquez ici https://www.youtube.com/watch?v=dTaHa6J1ehE

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Ne pas se savoir seuls et oubliés, quel puissant encouragement à ne rien céder

Michel Rossetti, ancien maire de la Ville de Genève,

Ami du Cosunam depuis sa fondation en 1990

Bien qu’ayant signé en 1982 le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) puis signé et ratifié le 28 février 1990 la Déclaration universelle des droits de l’homme,  le Vietnam, hélas, se comporte aujourd’hui encore comme un Etat totalitaire, ne respectant pas les principes auxquels pourtant il devrait se soumettre, que ce soit seulement en  vertu de sa propre Constitution accordant  le droit de libre expression à tous ses citoyens.  La raison en est simple : le code pénal vietnamien  érige en infraction toute opposition au régime, ce qui revient à dire que la Constitution de fait n’est pas la loi suprême puisque dominée par une loi parallèle. Les arrestations arbitraires, la torture, les procès truqués, etcetera sont donc monnaie courante et toute manifestation ou déclaration s’opposant au régime sont impitoyablement réprimées. La liberté est surveillée,  la presse muselée, les blogueurs arrêtés  et donc la démocratie tant souhaitée n’est apparemment pas pour demain. Mais sait-on jamais !

Néanmoins, le Vietnam dans sa quête de respectabilité au  plan international a horreur d’être montré du doigt, critiqué pour sa politique intérieure et les excès de son régime et c’est à ce propos  que les actions et initiatives du COSUNAM prennent tout leur sens.

En effet, si les opposants sont réprimés et condamnés à des peines de prison, ils sont de cas en cas libérés par anticipation en raison des interventions régulières et bruyantes du COSUNAM  et d’autres organisations.  Ainsi, depuis sa création, le COSUNAM s’est battu « tous azimuts » pour une vingtaine de dissidents et, grâce à son engagement, a permis de faire libérer par anticipation certains condamnés parmi lesquels  le cas emblématique de notre Ami Dang Xuân Diêu, arrêté en juillet 2011 et condamné à 13 ans d’emprisonnement mais libéré et expulsé le 13 janvier 2017 ou celui encore du Cyberdissident  Lê Chi Quang, condamné en 2002 à 4 ans de prison mais libéré deux ans après  grâce à une intervention auprès du Président de la République Tran Duc Luong. 

J’observe aussi que toutes les actions du COSUNAM  ou  d’autres organismes en faveur des personnes injustement poursuivies et condamnées (pétitions, manifestations, émissions radio ou télévision, courriers, blogs etc) sont scrutées attentivement non seulement par le pouvoir en place mais aussi par les opposants, dissidents et condamnés eux-mêmes, source de réconfort et d’espérance. Ne pas se savoir seuls, oubliés, quel puissant encouragement à ne rien céder, à persister. 

Hommage donc à ces valeureux dissidents, défenseurs de la liberté en dehors de tout recours à la violence. Félicitations au COSUNAM pour son engagement, sa détermination et son juste combat.

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Je partage votre juste combat

pour la liberté 

Pierre Maudet, Conseiller d'Etat genevois

C'est depuis 2005, et notamment à l'inauguration de la stèle des boat people au Grand-Saconnex, que j'accompagne les actions du COSUNAM. Cela reste chaque fois pour moi un plaisir que de m'adresser à vous comme j'ai eu l'occasion de le faire lors de votre soirée du 12 décembre. Je souhaite ainsi encore une fois vous dire à quel point je partage votre combat pour la liberté et, surtout, combien la communauté vietnamienne est un modèle d'intégration pour Genève. Alors que la Suisse est devenue, pour la plupart d'entre-vous, une seconde patrie, vous ne devez cependant pas oublier d’où vous venez. Je souhaite que cette stèle du souvenir sur la commune du Grand-Saconnex devienne un jour le symbole de l'attachement entre notre pays et un Vietnam devenu, enfin, démocratique et libre.

Le combat du COSUNAM doit ainsi être soutenu car il est juste et nécessaire. Juste car il vise à promouvoir la liberté, nécessaire car un peuple ne peut s'épanouir sans liberté. Nous pouvons ainsi être fiers d'accueillir celles et ceux qui sont, de par leur histoire et leurs valeurs, si proches de nous. 

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Le Cosunam vous présente

Un excellent ouvrage historique et une prise de conscience authentique pour les futures générations et les amoureux du Vietnam.

Les événements ont structuré, à travers les siècles, les contours du Viet Nam et façonné l'identité d'un peuple dont les racines plongent, depuis des millénaires, dans un terreau riche et spécifique.

La prise de de conscience de l'identité nationale, géographique et sociale de ses habitants s'est forgée à travers les siècles au prix des conflits, des guerres et des conquêtes. Ces luttes ont façonné et nourri le nationalisme du peuple Viet.

Pour un Vietnamien, la patrie n'est pas seulement l'espace natal de son village mais tout un ensemble du territoire transmis par les ancêtres qu'il appelle "Dât Nuoc, Non Sông", Terre et Eau, Monts et Fleuves. Cet espace géographique dont  les ancêtres ont mémorisé les contours et qu'ils ont confié en héritage leurs descendants doit être gardé et défendu, sans concession , par chacun des héritiers, même au prix " de son sang et de ses os" (...)

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Nguyen Nhu Kim est un membre de la communauté vietnamienne réfugiée en Suisse. Son témoignage et sa perception sur un épisode de l'histoire contemporaine du Vietnam , à travers les péripéties de sa saga familiale, sont dignes d'intérêt.

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Soirée de la nouvelle année lunaire du Chien 

SAMEDI 24 FEVRIER 2018